Commercialisation des produits maraîchers dans le contexte du COVID-19

Les unions des groupements de producteurs maraîchers du Centre-Nord et du Plateau central étaient, vendredi 8 mai 2020 à Kaya, en concertation avec les autorités locales en vue de trouver des solutions pour l’écoulement de leurs produits dans le contexte du COVID-19.

La filière maraîchère contribue énormément à la lutte contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté, surtout pour les jeunes et les femmes en milieux périurbain et rural. Au Burkina Faso, les régions du Centre-Nord et du Plateau central font partie des grandes zones de production maraîchère. C’est pourquoi, l’ONG Action pour la promotion des initiatives locales (APIL), qui intervient dans ces régions, a fait de l’amélioration de la productivité agricole un de ses objectifs de développement en mettant l’accent sur le développement des cultures irriguées et de contre-saison. A cet effet, avec l’appui de son partenaire SOS Faim, elle met en œuvre, depuis une dizaine d’années, le programme de dynamisation des économies des ménages agricoles et maraîchers dans ces deux régions. En termes d’acquis, le coordonnateur général de l’ONG APIL, Abdoulaye Ouédraogo a indiqué : « Ce programme a permis ces cinq dernières années le renforcement de la gouvernance des unions de producteurs maraîchers, l’augmentation et la diversification des productions maraîchères grâce aux pratiques agroécologiques, l’amélioration de l’accès au marché des produits maraîchers grâce à un meilleur système de commercialisation et le renforcement des capacités des unions dans la transformation des produits maraîchers. Le programme touche 6800 maraîchers regroupés autour de 25 périmètres maraîchers de 75 hectares qui produisent 2 800 tonnes chaque année dont un chiffre d’affaires de près de 2 milliards FCFA ». « Malgré ces acquis et toutes les initiatives de commercialisation, les producteurs maraîchers sont confrontés, ces derniers temps, aux problèmes de l’insécurité et de la pandémie de la maladie à coronavirus. Dans ce contexte, les mesures adoptées au niveau national pour lutter contre la propagation de la maladie ont anéantis les efforts des producteurs et les acquis en matière de commercialisation des productions. Cette situation a fait perdre de nombreux débouchés et engendré des conséquences sur la vente des produits maraîchers qui sont des produits fortement périssables », a déploré M. Ouédraogo.

Des engagements pris et des recommandations formulées par les acteurs

Face à cette situation inquiétante, l’ONG APIL a jugé nécessaire de réunir les responsables des unions de producteurs, les autorités locales et les partenaires techniques et financiers afin d’analyser la situation et rechercher des pistes de solutions d’où le présent atelier de concertation. Les objectifs visés étaient de faire l’état des lieux de la production et de la commercialisation des produits maraîchers, trouver des pistes de solutions pour la commercialisation des produits maraîchers et explorer la plateforme e-agriculture pour une meilleure vente. Cette belle initiative a été jugée très pertinente par le maire de la commune de Kaya, Boukaré Ouédraogo qui a reconnu : « Avec l’arrivée de la pandémie du COVID-19, beaucoup d’activités ont été ralenties à cause des mesures restrictives. C’est pourquoi, je salue la tenue de cet atelier de concertation qui va vous permettre de trouver des solutions pour l’écoulement de vos produits au bénéfice de tous. Je vous exhorte donc à une participation active pour l’atteinte des résultats escomptés dans le respect des gestes barrières ». « La région du Centre-Nord produit chaque année une grande quantité de produits maraîchers qui constituent une véritable source de revenus pour les producteurs. Mais avec la pandémie du COVID-19, ils sont confrontés au problème de l’accès aux marchés devenu très difficile. Pour ce faire, cet atelier de concertation doit vous permettre de faire des propositions pertinentes afin de trouver des solutions pour faciliter la commercialisation des produits maraîchers dans ce contexte du COVID-19. Je vous exhorte alors à des échanges fructueux afin que les objectifs visés soient atteints », a souhaité le gouverneur de la région, Casimir B. Sèguéda. A l’issue des différentes communications suivies d’échanges, les acteurs ont pris des engagements pour le renforcement des capacités organisationnelles des acteurs, la promotion de la mobilisation des ressources propres, la prospection des marchés, la réduction du nombre d’intermédiaires dans le système de vente en procédant à la contractualisation des ventes ou à la vente électronique, la production des produits selon les besoins du marché. A l’endroit de l’Etat, des partenaires techniques et financiers, ils ont recommandé : l’opérationnalisation des comptoirs d’achats, la facilitation de l’exportation des produits maraîchers vers les pays voisins, l’accompagnement des producteurs dans la recherche de débouchés, la mise en place d’unités de transformation ou de chambres froides pour la conservation des produits. A la cérémonie d’ouverture, l’ONG APIL a apporté sa contribution financière dans le cadre de la lutte contre le COVID-19 dans la région du Centre-Nord. A cet effet, elle a remis un chèque de 1 500 000 FCFA au Comité régional de gestion des épidémies, un chèque de 800 000 FCFA à la commune de Kaya et des dispositifs de lave-mains aux unions des groupements de producteurs maraîchers.

Abdias Cyprien SAWADOGO

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