Coopération agricole Chine-Burkina Faso

Le projet Mil au Burkina Faso, financé par la République populaire de Chine, est une initiative de coopération agricole de trois ans, lancé le 15 avril 2019. Ledit projet, qui s’achève le 14 avril 2022, a pour objectif d’aider le Burkina Faso à mettre en place un système d’approvisionnement durable des semences de mil, afin de garantir de façon soutenable la préparation et la production des semences de haute qualité répondant aux besoins de production à l’avenir. En une année de mise en œuvre, les perspectives sont intéressantes.

La République populaire de Chine est soucieuse de partager son expérience dans le domaine agricole avec le Burkina Faso afin de l’aider à mieux développer le secteur et à garantir la sécurité alimentaire. C’est dans cette dynamique que le projet Mil a été mis en place et financé par l’Empire du milieu. Une mission d’experts chinois évoluant dans la sélection de semence, la culture et la protection des plantes, l’hydraulique, les relations publiques et l’équipement agricole séjourne depuis plus d’une année au pays des Hommes intègres. Les objectifs majeurs du projet consistent, entre autres, en la mise en place d’une base de sélection de semences et de culture de démonstration de mil et l’introduction de bonnes variétés de semences de mil. De commun accord entre les deux parties, des sites de démonstration vont être désignés pour expérimenter la culture de mil de haut rendement. A terme, le projet vise la formation des acteurs burkinabè.

Des rendements records

Depuis une année de mise en œuvre, le projet Mil a déjà enregistré des succès intéressants. Sur le plan pratique, deux campagnes ont été réalisées en hivernage et en saison sèche. Pendant la saison hivernale, l’expérimentation des variétés de mil à Bama dans la région des Hauts-Bassins a donné des résultats satisfaisants. « Le site de démonstration de Bama avait un rendement de 3 tonnes/ha et le rendement moyen des 3 sites de démonstration a atteint plus de 2 tonnes/ha, ce qui est bien plus élevé que le rendement moyen historique de 0,65 tonne/ha dans la région et le meilleur record de rendement de 0,85 tonne/ha l’an dernier », indique le rapport d’activités du projet de l’année écoulée. Au cours de la saison sèche, le SUPERSOSAT, principal candidat à la vulgarisation et le SOSAT, variété la plus répandue au pays, ont été purifiés et rajeunis, et six variétés chinoises importées ont été testées sur de petites parcelles. Selon le rapport, les variétés ont achevé leur cycle biologique et la campagne
de la saison sèche a été couronnée
de succès.
« Parmi les six variétés chinoises testées en station, le HK-950 nouvellement testé présente la meilleure performance globale, avec un rendement allant jusqu’à 3,64 tonnes/ha, ce qui est le plus élevé parmi les variétés testées; en saison sèche, le cycle de croissance est généralement de 20 à 40 jours plus long que l’hivernage, et le cycle de croissance de la saison sèche de Zhangzagu3, quant à lui, n’est que de 83 jours, avec une forte résistance à l’averse, un bon potentiel de promotion dans les zones à courte saison des pluies, à faible pluviométrie et à fort vent dans le nord du Burkina Faso ; les performances de Zhangzagu16 planté en hivernage sont stables, avec un rendement moyen de 2,2 tonnes/ha, ce qui n’est inférieur qu’à HK-950. », détaille le rapport. Pour ce qui est du SUPERSOSAT, le rendement moyen planté en expérimentation est de 1,83 tonne/ha et celui de SOSAT est de 1,75 tonne/ha. A l’issue de ces expériences, l’équipe d’experts du projet Mil a rédigé des rapports d’études spéciales, et des rapports techniques connexes.
A ces expériences de terrain, se sont ajoutées des formations techniques en 2019. Une formation de 21 jours a été organisée respectivement à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso et un manuel de plus de 240 page a été rédigé, traduit et imprimé en français. « Cette formation a porté sur divers domaines tels que la sélection, la culture, la protection des plantes, les machines agricoles, l’hydraulique et la transformation agroalimentaire etc… Les experts ont prodigué des explications systématiques et enseigné la technologie des opérations sur place dans lesdits domaines », stipule le rapport. Ce sont 110 personnes comprenant les agents locaux de gestion agricole, ceux de la recherche scientifique et les producteurs pilote qui ont été formés à l’occasion.

Des producteurs formés

L’équipe de projet Mil a également formé 270 producteurs aux techniques pratiques de culture de mil dans la base semencière et les sites de démonstration pendant une courte période. En janvier 2020, un séminaire sino-burkinabè sur la technique de culture de mil s’est tenu au profit des cadres techniques et gestionnaires. « Les deux parties en ont grandement profité et ont renforcé la compréhension mutuelle entre les deux parties, jetant une base solide pour les prochains travaux de démonstration et de mise à échelle », mentionne le rapport. Durant la campagne de la saison sèche en 2020, l’équipe de projet Mil a organisé deux formations de trois jours à la ferme de Loumbila à l’endroit de 60 producteurs pilote. Elle a eu pour objectif de présenter respectivement les explications et démonstrations systématiques sur le semis de mil, la gestion de l’eau et des engrais au stade des semis, au stade de l’élongation de la tige et au stade de maturation, la lutte antiparasitaire, la purification et le rajeunissement. Sur la même lancée, le projet Mil a entrepris des activités connexes comme la rénovation de bureaux et magasins, la réfection des routes, la construction de la salle de classe, du laboratoire de semences, de la salle de stockage des semences et des annexes. En termes de collaboration, les experts chinois et burkinabè travaillent dans un esprit d’équipe et partagent leurs expériences respectives pour réussir le projet.

Karim BADOLO

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