Bitumage de la route Tougan-Ouahigouya : les députés donnent leur quitus pour deux accords de prêt

L’Assemblée nationale a, au cours d’une plénière, ratifié à l’unanimité de ses membres, cinq projets de loi, le mardi 12 mai 2020 à Ouagadougou dont un accord de prêt pour le bitumage de la route Tougan-Ouahigouya.

Les conditions pour le bitumage de la Route nationale 10 (RN10) reliant la ville de Tougan à celle de Ouahigouya sont en passe d’être réunies. En effet, l’Assemblée nationale a donné, le mardi 12 mai 2020 à Ouagadougou, son quitus pour la ratification de deux accords de prêt pour la construction du tronçon. Il s’agit de l’accord de prêt conclu à Washington le 13 avril 2019 entre le gouvernement burkinabè et le Fonds de l’OPEP pour le développement international (OFID) et de l’accord de prêt entre l’exécutif et le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe (FKDEA). Avant le vote à l’unanimité des députés en faveur des deux textes de loi, la plénière du jour a permis aux représentants du peuple de connaître davantage le fond du dossier. Il ressort que les travaux prévoient la construction et le bitumage de la RN10 longue de 94 km. La chaussée, selon le ministre des Infrastructures, Eric Bougouma, aura une largeur de 7m et deux accotements de 1,5m de part et d’autre en rase-campagne et une chaussée de 8m de largeur et de 2m d’accotement dans les traversées d’agglomérations.

« Cette infrastructure va mobiliser 71 millions de dollars US, soit environ 42 milliards F CFA », a-t-il soutenu. Quatre partenaires techniques et financiers et l’Etat sont les principaux pourvoyeurs de ressources. Ce sont la BADEA (20 millions de dollars US), le Fonds saoudien pour le développement (15 millions de dollars US), l’OFID (19 millions de dollars US et la FKDEA (15 millions de dollars US) et l’Etat burkinabè (2 millions de dollars US). Concernant le type d’infrastructure à réaliser, le ministre Bougouma a soutenu que la route sera construite selon les normes internationales en béton bitumineux. « Elle sera de qualité plus élevée que la route Dédougou-Tougan réalisée en bicouche», a-t-il rassuré.

Améliorer la sécurité alimentaire

Cependant, le ministre a relevé un retard dans l’exécution du projet. De son avis, la préparation du projet a pris 20 mois et 30 mois sont prévus pour la phase d’exécution.
« Une mission du Fonds saoudien a été ajournée au mois de mars du fait de la fermeture des frontières due au COVID-19 », a-t-il indiqué. Malgré ce contretemps, Eric Bougouma a fait savoir que des discussions se mènent pour finaliser certains dossiers notamment le choix du consultant qui va réaliser la revue de l’étude et élaborer le dossier d’appel d’offres des entreprises à sélectionner pour la réalisation de l’infrastructure.
A sa suite, le ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydroagricoles, Salif Ouédraogo, a présenté trois projets de loi à l’Assemblée nationale qui ont aussi reçu une approbation à l’unanimité des parlementaires.

Le premier texte de loi porte sur le financement d’un Projet d’appui aux filières agricoles dans les régions du Sud-Ouest, des Hauts-Bassins, des Cascades et de la Boucle du Mouhoun (PAFA-4R). Financé sous forme de prêt par le Fonds international de développement agricole (FIDA) à hauteur de
52 milliards F CFA, le projet va, selon le ministre Ouédraogo, permettre l’aménagement de 2 000 ha de bas-fonds, la création de 1 600 microentreprises rurales et mettre l’accent sur l’appui aux femmes dans leur accès aux terres.

Les deux autres ratifications concernent des prêts pour le Projet d’aménagement et de valorisation de la plaine de la Léraba (PAVAL) portant sur deux accords de financement de la BAD et du FIDA. « Les deux financements ont un montant de 32 milliards F CFA qui vont permettre d’aménager 1 400 ha de terres par la maîtrise totale de l’eau au niveau de la Léraba, créer 1 500 microentreprises rurales, réaliser 38 magasins de stockage et un comptoir d’achat », a détaillé le ministre. Pour lui, ces trois projets vont mettre l’accent sur les chaînes de valeur. « Ils vont permettre aux exploitants de ces terres d’avoir des moyens de production suffisants et accentuer la transformation nationale des productions. Ces sont des projets structurants qui vont améliorer la sécurité alimentaire dans notre pays », a-t-il rassuré.

Abdoulaye BALBONE

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