Mieux vivre ensemble

Le 16 mai 2020, le Burkina Faso, à l’instar des autres pays du monde, a célébré la Journée internationale du vivre-ensemble en paix. A cette occasion, le ministre en charge de la cohésion sociale, Siméon Sawadogo, dans un message, a rendu hommage « à tous les artisans de la paix dans notre pays pour leurs efforts inlassables déployés pour instaurer la paix ». Dans le même temps, il a appelé « tous les acteurs (politiques, religieux, coutumiers, OSC) de notre société à œuvrer pour la tolérance. » Paix et tolérance, deux concepts fondamentaux du vivre-ensemble, dont le ministre Sawadogo mesure toute la charge symbolique. Comme les autres pays du monde, le Burkina Faso est frappé de plein-fouet par la maladie à Coronavirus. Si le pessimisme qui encadre l’après COVID-19 sur le plan strictement économique devient une réalité, cela voudra dire que les Burkinabè devront se serrer les coudes et privilégier l’essentiel : le resserrement des liens dans une solidarité et une hospitalité légendaires qui n’ont jamais fait défaut au pays des Hommes intègres. Notre chère patrie est également confrontée à l’hydre terroriste qui, dans ses manifestations les plus redoutées (les conflits intercommunautaires), tente de saper la cohésion nationale. En témoignent des « actes de haine, de rejet des autres, de discrimination et de défiance de l’autorité de l’Etat qui menacent dangereusement notre vivre en paix ». A cela s’ajoutent les résurgences (le débat n’a jamais véritablement été porté sur la place publique) de problématiques liées à la laïcité au Burkina Faso. En tout état de cause, le contexte actuel avec ces faits majeurs (les crises sécuritaire et sanitaire) et les échéances électorales propices à toutes les excentricités, appellent les concitoyens à être de dignes promoteurs des valeurs ancestrales de paix et de tolérance, afin de gagner la bataille du vivre-ensemble. Cette année, la journée dédiée à la paix se singularise, parce que le contexte actuel de l’humanité commande que les Hommes se saisissent de tout acte qui peut promouvoir la paix, et redorer le vivre-ensemble dans la diversité. En interpellant la société, le gouvernement invite chacun à une introspection profonde dépourvue de tout égoïsme. Celui qui peut aider à asseoir le vivre-ensemble, dans une tolérance qui prend en compte toutes les diversités, est à encourager. Parfois, l’absence est le chemin d’or pour mesurer la présence. En d’autres termes, on ne mesure l’importance de cette Journée internationale du vivre-ensemble en paix et dans la tolérance qu’en transcendant nos divergences. Ce passage d’un poème de Sa Majesté le Moogho Naaba Baongo indiquant que « la paix sociale découle d’abord de la paix dans la cellule familiale » nous le rappelle. Il nous faut donc gagner le pari de faire en sorte que nos foyers ne soient pas des champs de combats, mais d’espoirs, de fraternité et de tolérance. Le monde de demain sera ce que chacun de nous voudra qu’il soit. Comment y parvenir ? La responsabilité de tous est vivement engagée.

Par Mahamadi TIEGNA
mahamaditiegna@yahoo.fr

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