Cash transfert « filets sociaux » : 43 000 femmes affectées par la COVID-19 visées

43 000 femmes victimes ou affectées par la maladie à coronavirus de la commune de Ouagadougou et sa périphérie recevront chacune 20 000 F CFA pendant trois mois comme soutient du gouvernement burkinabè. Le lancement de l’opération des premiers paiements de cash transfert a eu lieu, le mardi 26 mai 2020, avec des bénéficiaires de Ouagadougou.

A 65 ans, Lamoussa Ilboudo est commerçante au secteur n°10 de Ouagadougou. Son activité, vendre tout type de condiments qu’elle trouve sur le marché pour nourrir ses cinq
enfants et ses nombreux petits-enfants dont elle a la charge. Depuis la pandémie du coronavirus, son activité a pris un grand coup avec les mesures restrictives prises par le gouvernement pour contrer la propagation de la maladie. Même si le marché où elle opère a rouvert ses portes, elle peine avec son petit commerce. Une situation qui accentue sa vulnérabilité. Mais, mardi 26 mai 2020, dame, Lamoussa a retrouvé le sourire. La raison, elle a reçu un accompagnement de 20 000 F CFA du ministère en charge de l’action sociale à travers le projet filets sociaux.

« Aujourd’hui, je suis tellement contente. Car, mes petits-enfants vont bien manger », s’est-elle réjouie, tout en saluant le geste noble du gouvernement. Cette somme, elle la recevra pendant trois mois (mai, juin et juillet 2020). Tout comme Lamoussa, elles seront au total 43 000 femmes à bénéficier de 60 000 F CFA. Ce sont 3000 ménages pauvres directement touchés par la COVID-19, 20 000 ménages vulnérables et autres 20 000 vendeuses de fruits et légumes vulnérables des marchés et yaars. Ces bénéficiaires sont toutes des femmes des communes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso et leurs périphéries. Selon la ministre de l’Action sociale, de la famille et de l’Action humanitaire, Laurence Ilboudo, elles ont été choisies suivant les critères de vulnérabilité du projet filets sociaux que sont : le niveau de revenu, la taille du ménage, le nombre de repas pris par jour et l’existence éventuelle d’une situation de handicap. « Avec le démarrage des paiements des premiers cash transfert, ce sont environ 2 milliards 580 mille F CFA qui seront versés à 43 000 bénéficiaires directes à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, soit 301 000 bénéficiaires indirects », a-t-elle soutenu. La ministre a également confié qu’il est prévu une extension des transferts à 50 000 ménages vulnérables des zones rurales touchées, si le virus devrait se propager dans tout le Burkina Faso. Ce sont des montants cash que les femmes recevront directement par des transferts monétaires effectués par YUP Burkina, une filiale de la Société générale des banques du Burkina Faso (SGBF).

Des transferts sécurisés

Son directeur général, Rodrigue Zansonré, a relevé que le transfert s’effectue à travers une technologie avancée et très sécurisée qui permet ainsi aux bénéficiaires des aides sociales d’utiliser tout type de téléphones et toutes les cartes Sim de trois opérateurs de téléphonie mobile du Burkina. « Tenant compte du niveau d’instruction des populations cibles, aucune bénéficiaire n’aura à saisir une syntaxe pour effectuer l’opération de retrait de son cash. Elles sont préalablement abonnées à la plate-forme YUP avec leur carte nationale d’identité en cours de validité et leur numéro de téléphone », a-t-il expliqué. Une fois le transfert monétaire effectué, il a ajouté que chaque bénéficiaire reçoit son argent dans son téléphone et la bénéficiaire se déplace dans le point de vente YUP et indique juste le numéro de téléphone et le montant à retirer. Avec près de 4000 points de vente, M. Zabsonré a annoncé le déploiement des points de vente mobile dans les marchés et yaars pour faciliter les opérations de retrait. « Nous mettrons en outre à la disposition des filets sociaux une interface web, lui permettant de suivre en temps réel les opérations de paiements », a confié le directeur général de YUP Burkina. Laurence Ilboudo, a souligné qu’il s’agit d’une initiative du gouvernement burkinabè pour renforcer la résilience des populations face à l’insécurité sociale.

Une action qui, à entendre Mme la ministre, vise l’amélioration des conditions de vie des populations vulnérables, face à la pandémie de la COVID-19 qui a mis à mal les systèmes économiques et de protection sociale. C’est pourquoi, elle a invité les bénéficiaires à une utilisation rationnelle des fonds. A cet effet, elle a rappelé que le projet « filets sociaux » dont l’objectif est « d’accroître l’accès des ménages pauvres et vulnérables aux filets sociaux et d’établir les fondements d’un système adaptatif de filets sociaux au Burkina Faso » est en vigueur depuis 2014. Financé par la Banque mondiale, depuis son démarrage, le projet a transféré à plus de 101 600 bénéficiaires issues de 69 755 ménages pauvres et vulnérables, la somme de 20 milliards 669 millions 50 mille F CFA.

Mariam OUEDRAOGO

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