Gestion de l’information en période de COVID-19 : des journalistes renforcent leurs capacités

Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a organisé, le jeudi 21 mai 2020 à Ouagadougou, une formation à la gestion de l’information en pleine pandémie de COVID-19 au profit d’une vingtaine de journalistes.

Le Programme des Nations pour le développement (PNUD) pense que l’accès à l’information joue un rôle essentiel dans la lutte contre la pandémie de la COVID-19. Cependant, a-t-il déploré, la surabondance des informations peu fiables et trompeuses sur internet rend confuse la population. C’est pourquoi, en collaboration avec ses partenaires, il a organisé une formation à la gestion de l’information en période de COVID-19 au profit d’une vingtaine de journalistes. Des thèmes abordés, on note, entre autres, la déontologie journalistique appliquée à la gestion de l’information lors des crises et catastrophes sanitaires, et la gestion des informations face à la disruption des « fake news ».
La formation a été assurée par le Pr Serges Théophile Balima et M. Rodrigue Barry, cadre à l’Organisation mondiale de santé (OMS). Dans ses communications, le Pr Serges Théophile Balima a insisté sur la nécessité d’une rigueur et plus d’aptitude dans le travail du journaliste. Pour ce faire, il a invité les Hommes de médias à se cultiver en permanence et à se méfier des sources d’informations, car les témoignages en période de crise ne sont pas parfois neutres.

Ainsi, il a conseillé les journalistes de toujours cultiver en eux le doute méthodique, c’est-à-dire de ne rien prendre pour argent comptant, d’avoir à l’esprit la confrontation des opinions, des faits et des sources et enfin de ne pas hésiter à demander la charge de la preuve à celui qui fait une déclaration. Même sur les réseaux sociaux, un professionnel doit publier l’information avec professionnalisme. Pour relayer une information publiée, il doit se poser des questions sur l’authenticité de l’auteur, la nature et l’identité du site. En somme, le Pr Balima a appelé les Hommes de médias à éviter de pratiquer le journalisme de moindre effort et de se méfier des sources qui peuvent être nocives. Quant à Rodrigue Barry, il a, dans sa communication, émis la nécessité pour les journalistes de se spécialiser. Un partenariat entre autorités sanitaires et journalistes permettra aux derniers de jouer un rôle constructif dans la protection de la santé publique. Pour M. Barry, il est plus important à l’heure actuelle de la COVID-19 de mettre l’accent sur des sujets de reportages qui permettront à la population d’éviter la maladie. Pour le représentant-résident du PNUD au Burkina Faso, Mathieu Ciowela, à côté du personnel de santé, les journalistes jouent un rôle important qui est celui d’apporter l’information vraie et à temps réel.

Les mesures-barrières

Ils doivent s’assurer, a-t-il ajouté, que tout le monde s’approprie les mesures-barrières édictées par les autorités sanitaires. En renforçant les capacités des journalistes, a-t-il indiqué, ceux-ci pourront faciliter l’adhésion des populations à un changement de comportement.

Le ministre en charge de la communication, Rémis Fulgance Dandjinou, a salué l’initiative du PNUD en ce sens qu’elle va permettre aux acteurs de se remettre en cause et de voir comment, ils produiront des informations qui pourront intéresser la population, notamment dans le respect des mesures-barrières. Et de reconnaître que la gestion de la communication sur la COVID-19 est entachée d’imperfections. D’où son appel aux journalistes comme aux gouvernants de contribuer à corriger ces imperfections. « Nous allons vivre avec cette maladie pendant un bout de temps. Il appartient à chacun d’entre nous d’être un acteur qui puisse contribuer à éviter la propagation de la COVID-19 », a-t-il lancé.

Adama SEDGO

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