Vaincre son signe indien

L’Afrique était à l’honneur le lundi 25 mai 2020. La philosophie de cette journée est de faire un plaidoyer afin que le berceau de l’humanité qui peine à retrouver ses marques, puisse combler son retard de développement. Il est connu de tous que cette partie du monde regorge de beaucoup de potentialités, notamment de ressources minières et naturelles. En effet, le sous-sol africain dispose d’importantes réserves dont 97% du cuivre mondial, 80% du coltan, 60% du diamant ou encore 57% de l’or.

Pendant ce temps, le continent est confronté à de nombreux défis en termes d’éducation, de santé, de gouvernance et de gestion de l’environnement. L’Afrique est aussi le continent où les questions alimentaires, d’eau potable, d’énergie électrique se posent avec acuité. Elle est minée de l’intérieur par des conflits armés, des guerres civiles et ethniques savamment ourdis de l’extérieur. L’on pourrait continuer à égrener le chapelet de maux qui plombent les efforts du continent noir. Mais ce qui importe, c’est de se sortir de ce labyrinthe. Pour résoudre cette équation à plusieurs inconnues, des intellectuels et autres penseurs africains et d’ailleurs ont proposé des ébauches de solutions qui tardent à produire les effets escomptés. Dans le domaine médical, il est connu qu’une maladie ne peut être convenablement traitée que lorsqu’elle a été bien diagnostiquée. Cela est valable dans tous les domaines. Pour bâtir un empire économique, il faut d’abord maitriser l’environnement dans lequel on évolue. De même, pour sortir l’Afrique de l’ornière, il ne faut donc pas se tromper sur le diagnostic et surtout faire le bon choix du remède à administrer.

Depuis les années des indépendances formelles à nos jours, les dirigeants africains semblent s’attaquer plus au thermomètre qu’à la fièvre elle-même pour baisser la température. L’Afrique s’est pendant longtemps tournée vers l’extérieur ou a adopté une posture d’assistanat minimisant le système dans lequel le monde est embarqué. Dans ce contexte capitaliste où les nations n’ont pas d’amis, mais des intérêts, l’on n’a pas besoin de passer par une faculté d’économie pour comprendre qu’on ne développe pas mais on se développe. Les « dragons asiatiques » ont bien assimilé la leçon. Ces pays ont commencé à briser les barrières néocoloniales à travers des luttes âpres, pour remettre en cause leur situation de nations assistées en envoyant leurs enfants acquérir des compétences dont ils ont besoin pour se développer.

Ils n’ont pas attendu l’aide de l’extérieur ou l’apport des multinationales, préoccupées par le pillage des ressources des faibles nations. Ils ont, comme les pays occidentaux à l’origine, pratiqué le protectionniste pour permettre à leurs entreprises de s’imposer sur l’échiquier international. L’Asie a osé bousculer et non admirer l’Europe pour être aujourd’hui son concurrent redoutable. L’on a vu dans la lutte contre la COVID-19, la Chine venir en aide à certains pays de l’Occident. C’est un exploit que l’Afrique peut aussi opérer pour peu qu’elle ait le courage de vaincre son signe indien, à savoir attendre tout de l’extérieur.

Abdoulaye BALBONE

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