Concertations politiques : L’Opposition non-affiliée veut être prise en compte

Les membres de l’ONA ont exigé la prise en compte de leur structure dans les concertations politiques.

La coordination de l’Opposition non-affiliée (ONA) était face à la presse, le mardi 2 juin 2020 à Ouagadougou, pour donner son avis sur des questions structurelles et conjoncturelles de la société.

Dans la sphère politique burkinabè, il faut désormais compter avec l’Opposition non-affiliée (ONA). Face à la presse, le mardi 2 juin 2020 à Ouagadougou, les partis membres de cette organisation politique ont exigé la prise en compte de leur structure dans les dialogues et autres formes de concertations politiques au même titre que l’Alliance politique pour la majorité présidentielle (APMP) et le Chef de file de l’opposition politique (CFOP).

Pour le coordonnateur de l’organisation, Pr Abdoulaye Soma, président du Soleil d’avenir, l’ONA, regroupant les partis politiques ayant régulièrement déclaré leur appartenance à l’opposition et qui ne sont pas affiliés au cadre de concertation du CFOP, constitue de ce fait un troisième bloc de partis politiques dont les droits et devoirs doivent « impérativement » être pris en compte dans l’organisation de la classe politique burkinabè.

Et ce, conformément à l’article 13 de la Constitution qui, non seulement, reconnaît la liberté de création et d’action des partis politiques mais rappelle également leur égalité en droits et en devoirs. Sur cette base, il a estimé que la composition actuelle de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui, au titre de la représentation de la classe politique, se limite à la simple prise en compte de l’APMP et du CFOP, est contraire à la Constitution. En vue de corriger cette « injustice », il a proposé deux options. « Soit la législation garde la structure bipartite de la classe politique.

Ainsi, il devra rediscuter les bases et les conditions de participation automatique et de prise en compte équitable de tous les partis dans chaque bloc, soit la loi reste en l’état et valide l’existence de droit et de fait une opposition non-affiliée au CFOP », a-t-il suggéré. En outre, se fondant sur l’article 2 du protocole de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur la démocratie et la bonne gouvernance qui impose de former un consensus dans la classe politique pour prendre certaines décisions concernant la vie de l’Etat, il a prévenu que toute décision résultant d’une convention bipolaire entre l’APMP et le CFOP sera considérée comme non consensuelle.

Pour le coordonnateur de l’ONA, Pr Abdoulaye Soma, la vraie solution à la crise sécuritaire au Burkina Faso est un renouveau politique.

Par conséquent, a-t-il poursuivi, l’ONA envisagera des actions à mener au cas par cas pour préserver les valeurs et intérêts du peuple burkinabè. Outre la prise en compte de leur structure dans la sphère politique burkinabè, les membres de l’ONA ont saisi l’opportunité de cette conférence de presse pour donner leur avis sur les élections couplées de novembre prochain. « Nous ne sommes pas contre la tenue des élections mais nous estimons que toutes les conditions ne sont pas réunies pour que l’ensemble des Burkinabè puissent voter.

Pourtant, le suffrage universel stipulé par notre Constitution implique que tous les citoyens qui ont le droit de vote aient la possibilité de le faire. Et vu le contexte sécuritaire actuel de notre pays, il est clair que tous les Burkinabè ne pourront pas voter le 22 novembre prochain. La preuve, nous n’avons à ce jour qu’un million d’inscrits sur la liste électorale », a déclaré, le président du Parti pour l’indépendance, le travail et la justice (PITJ), Soumane Touré. Pour lui, il est de la responsabilité du président du Faso de garantir l’intégrité du territoire et les autres conditions fondamentales de tenue des élections au suffrage universel.

Si toutefois à la date du 22 novembre, le président du Faso n’arrive pas à réunir les conditions, quel scénario prévoit l’ONA ? « Si à la date prévue, les circonstances ne sont pas favorables à la tenue d’élections à suffrage universel, nous préconisons que le 28 décembre prochain à minuit, le président actuel, qui aura terminé son mandat, cède sa place à une transition qui sera mise en place en vue de réaliser les conditions de tenue d’élections conformes à la Constitution », a soutenu le Pr Soma.

Nadège YAMEOGO

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