COVID-19: Les projections du PNDES en baisse en 2020

Le PCA du CEDAM, Stanislas Ouaro, a indiqué que l’objectif de cette table ronde est de dégager des pistes d’orientation pour les décideurs.

Le Centre d’études Afrique-Monde (CEDAM) a organisé une table ronde sur les impacts de la COVID-19 sur le Plan national de développement économique et social (PNDES), le mardi 2 juin 2020, à Ouagadougou.

La crise sanitaire liée à la COVID-19 aura un impact négatif sur les projections du Plan national de développement économique et social (PNDES) en 2020. Cela ressort de la table ronde sur les impacts de la COVID-19 sur le Plan national de développement économique et social (PNDES), organisé par le Centre d’études Afrique-Monde (CEDAM), le mardi 2 juin 2020, à Ouagadougou. Cet impact va se ressentir à travers les réductions des budgets des ministères dans le cadre de la régulation budgétaire en cours.

Les départements en charge de l’industrie, des infrastructures et de l’agriculture pourraient perdre respectivement 2,4 milliards FCFA, 11,9 milliards FCFA, 18,1 milliards FCFA, sur des budgets initiaux respectifs de 8,9 milliards, 74 milliards et 61,7 milliards, a fait savoir le secrétaire permanent du PNDES, Alain Siri. Il s’agit des aménagements budgétaires qui visent à se concentrer sur l’essentiel, la vie et la santé, a-t-il souligné.

Quant au taux de croissance de 2020, il pourrait passer de 6% à 2,7% ; l’inflation pourrait passer de-2% à plus de 4 %, et le déficit budgétaire de 3% à 5,4%, a indiqué M. Siri. Le CEDAM a pour sa part réalisé une étude sur les impacts socioéconomiques potentiels de la COVID-19 au Burkina Faso suivant trois scénarii : le scénario optimiste où la crise de la maladie à coronavirus durerait trois mois, le scénario modéré pour une crise de 6 mois et 9 mois pour le scénario pessimiste.

Possibles pertes de revenus

Selon cette étude, l’indice des prix à la consommation connaîtrait respectivement une hausse moyenne de 0,24%, 2,16% et 3,29%, a indiqué le directeur exécutif du Centre, Dr Daniel Kéré. Le PIB baisserait de 2,5%, 5,1% et 8,9% selon les trois scénarii. La demande et la production nationales connaîtront une baisse, avec pour conséquence une diminution du chiffre d’affaires des entreprises, et partant, des recettes fiscales occasionnant un manque à gagner de 2,07%, 2,61% et 5,23%, en fonction des simulations, a-t-il ajouté.

La valeur ajoutée de l’industrie formelle diminuerait, suivant les trois scénarii, de 3,02%, 5,34% et 9,4%, contre 1,99%, 4,03% et 7,13% pour l’industrie informelle et 4,35%, 8,27% et 14,63% pour le secteur agro-sylvo-pastoral, a précisé Dr. Kéré. Les salariés du secteur privé informel, du privé formel et les agriculteurs/éleveurs pourraient perdre respectivement jusqu’à 8,79%, 8,95% et 9,94%de leurs revenus, contre 9,14% pour les indépendants.

Pour le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, le secteur secondaire est le plus éprouvé par la crise de la COVID-19. Tous les investissements privés prévus en 2020 sont au ralenti ou à l’arrêt, a-t-il précisé. Le ministre Kaboré appelle à sortir des sentiers battus, à un changement de paradigme en matière de développement national. Faut-il continuer à s’agripper au modèle libéral pendant que des pays occidentaux sont en train d’injecter d’énormes fonds publics dans leurs secteurs privés, s’interroge-t-il ?

Retour à l’endogène

Pour lui, il faut revenir aux fondamentaux du développement endogène tel que prônés par Thomas Sankara et Pr. Joseph Ki-Zerbo. Le ministre en charge de l’éducation nationale, Stanilas Ouaro, par ailleurs président du Conseil d’Administration du CEDAM, a fait savoir que la fermeture des classes due à la COVID-19 et à la crise sécuritaire ont eu pour conséquence le décrochage scolaire chez bon nombre d’enfants. La maladie à coronavirus a également un impact sur la réalisation et la livraison des infrastructures éducatives dont certaines prévues pour la rentrée 2020-2021 ne seraient pas au rendez-vous, a-t-il poursuivi. La fronde sociale, particulièrement au niveau de l’éducation, constitue également un autre défi pour son département, a reconnu le Ministre Ouaro. Pour faire face à la COVID-19, le CEDAM dans son étude, a recommandé, entre autres, une gestion stratégique des effets de la crise, la mise en place d’un fonds spécial pour la relance économique, des programmes de soutien aux ménages ruraux et du secteur informel. Il préconise également   l’accompagnement des agriculteurs de contre-saison et des maraîchers, ainsi que la capitalisation des innovations technologiques déployées dans le cadre de la riposte contre la COVID-19.

Mahamadi SEBOGO
Windmad76@gmail.com

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