Pandémie de la COVID-19 dans l’UEMOA Un coup dur pour les entreprises privées

La Chambre consulaire régionale de l’UEMOA (CCR-UEMOA) a rendu public un rapport sur l’impact de la pandémie de la COVID-19 sur le secteur privé dans la zone. Le document fait un état des lieux des conséquences économiques de la crise. Il présente également l’analyse des mesures d’accompagnement du secteur privé et les recommandations pour assurer la relance de l’activité économique.

Sur la base des informations fournies par les Chambres de commerce des pays membres de l’UEMOA et les associations professionnelles de différents secteurs d’activités, la Chambre consulaire régionale de l’UEMOA (CCR-UEMOA) a confirmé, dans un rapport, que tous les secteurs d’activités ont été impactés, d’une manière ou d’une autre dans des proportions différentes. Le secteur des services est ressorti comme celui qui subit le plus les effets de la crise. Cela est dû à l’arrêt quasi-total des activités de tourisme (100%), d’hôtellerie (95%), de restauration (95%), d’agence de voyage (95%).

Dans le commerce, les maillons les plus touchés par la pandémie de la COVID-19 concernent le secteur informel, notamment celui de la vente des produits frais, le commerce de détail, le commerce de demi-gros, les exportations et les importations dans les proportions respectives de 96%, 84%, 77%, 43% et 40%. Ces maillons subissent les effets d’une baisse de l’offre et de la demande du fait de l’arrêt ou du ralentissement des activités en raison de l’observation des mesures barrières et de distanciation sociale, des mesures de confinement, des restrictions de mouvements de personnes et de biens. Les mesures de couvre-feu ont mis à mal l’activité des débits de boisson, restaurants, boîtes de nuit, cinéma, théâtre.

Dans l’industrie, les secteurs d’activités les plus touchées par la crise de la COVID-19 sont respectivement l’agro-industrie (77%), le BTP et la construction immobilière (72%), les mines (62%), l’industrie manufacturière (61%), l’industrie du pétrole (60%). Ce secteur subit les effets de la rupture ou la perturbation des circuits d’approvisionnement en matières premières, de la diminution des volumes importés des matières premières, de la mise en hibernation de certains marchés publics, des mesures de restrictions sur les regroupements de personnels et des investissements dans les équipements de protection. L’industrie du pétrole et celle minière subissent les effets de la baisse des cours de ces matières premières sur le marché international.

Le secteur de l’artisanat a aussi été impacté, la fermeture des frontières et des villes ayant entraîné l’absence d’activités touristiques. Il faut toutefois noter que la crise de la COVID-19 a aussi été l’occasion pour certains maillons du secteur de l’artisanat d’apporter un appui essentiel à la lutte contre la pandémie dans les différents pays. En effet, la crise de la COVID-19 a permis de constater que certains produits importés tels que les masques, les gels hydroalcooliques pouvaient être fabriqués localement. Les entreprises artisanales de ce maillon bien qu’impactées dans leurs activités ordinaires, ont dû se reconvertir dans la production de ces articles.

Des difficultés de divers ordres

Les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche semblent dans un premier temps les moins impactés. Les segments les plus impactés dans ce secteur sont les maillons exportation de produits frais, de légumes et de bétail. Aussi, les entreprises du secteur de l’agriculture, s’attendent à des conséquences plus prononcées dans les mois à venir. En effet, les mesures de lutte contre la propagation de la COVID-19 pourraient être source d’une insécurité alimentaire à long terme par le fait de l’indisponibilité des intrants agricoles, l’indisponibilité de produits alimentaires de base et l’inflation des prix etc.
Le rapport COVID -9 de la CCR-UEMOA a recensé les complications rencontrées par les entreprises de la zone. Il s’agit des difficultés d’effectuer des voyages d’affaires internationaux, la baisse du chiffre d’affaires, les difficultés d’approvisionnements en matières premières et produits de commerce importés avec l’allongement des délais de livraison, l’arrêt des chantiers et des commandes publiques, la baisse de la trésorerie et les difficultés d’accès aux financements , entre autres. Le poids des charges d’exploitation arrivées à échéances, les difficultés d’accès à des financements malgré les mesures prises par la BCEAO sont aussi apparues comme des contraintes pour les entreprises dans ce contexte.

Des pistes pour relancer l’économie

Le nombre élevé des contraintes fait craindre des fermetures d’entreprises en masse avec à la clé, des pertes d’emplois. Aussi, pour éviter la réalisation d’un tel scénario, différentes mesures ont été adoptées à l’échelle de l’Union et des Etats membres. Des mesures saluées par le secteur privé communautaire. Toutefois, il relève que celles-ci n’ont pas permis de juguler la crise. Car un sondage révèle que 55% des entreprises estiment que les mesures sont à améliorer.

Dans cette optique, les chefs d’entreprises ont relevé la nécessité de renforcer le système sanitaire dans l’Union, de promouvoir la transformation industrielle dans les pays de la Zone UEMOA pour assurer la sécurité alimentaire et réduire le chômage et enfin promouvoir des investissements structurants capables de booster le commerce intra-communautaire qui tarde à être une réalité.

De manière spécifique, les patrons d’entreprises recommandent aux pays de l’Union, de reporter la date de dépôt des états financiers de l’exercice 2019 et du paiement de l’impôt sur les sociétés y afférant d’au moins trois (03) mois, de faciliter les procédures douanières et fiscales sur toutes les plateformes portuaires, douanières et frontalières par la délivrance de laisser-passer. A l’endroit de la commission de l’UEMOA, les chefs d’entreprises souhaitent la réouverture des frontières, la mise en place d’un comité adhoc pour proposer un plan de relance de l’économie communautaire post COVID-19 en parfaite articulation avec les plans nationaux. Une des recommandations fortes concerne la promotion de la transformation industrielle dans la zone. Par ailleurs, le secteur privé appelle la Chambre consulaire régionale à assurer le leadership du dialogue avec les autorités communautaires pour des propositions d’actions de sortie de crise, et de consacrer les thèmes de l’année 2020 des Commissions techniques à la réflexion sur les stratégies de relance des entreprises de l’UEMOA et les actions de plaidoyer à mener.

Synthèse réalisée par
Nadège YE

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