Insécurité au Sahel: l’Assemblée nationale ouvre le débat

Après Fada N’Gourma et Ouahigouya, le président de l’Assemblée nationale et sa délégation ont échangé, le mercredi 17 juin 2020 à Dori, avec les élus et les autorités administratives de la région du Sahel. La situation sécuritaire, les déplacés internes et les élections du 22 novembre ont été les principaux sujets.

L’Assemblée nationale poursuit ses rencontres de concertation avec les populations des régions touchées par les attaques terroristes au Burkina Faso. Après l’Est et le Nord, la délégation du Parlement était face aux élus, aux Forces de défense et de sécurité (FDS) et aux autorités administratives du Sahel. Les échanges entre l’Assemblée nationale et les participants venus des provinces de l’Oudalan, du Seno, du Soum et du Yagha tourneront essentiellement autour de l’insécurité au Sahel, la contribution du Parlement à la lutte contre le terrorisme, la prise en charge des Personnes déplacées internes (PDI) et la préparation des élections du 22 novembre 2020. Le 3e vice-président de l’Assemblée nationale, Issaka Congo, qui a représenté le président Bala Sakandé à l’ouverture des travaux, a rappelé le contexte des tournées dans les régions en proie au terrorisme. « En tant que représentant légitime du peuple burkinabè, le Parlement se sent doublement interpellé par la douleur des populations et par devoir de jouer sa partition dans le combat contre les forces du mal. L’Assemblée nationale sera toujours avec le peuple dans ses moments difficiles», a-t-il soutenu. Pour sa part, le gouverneur du Sahel, le colonel-major, Salfo Kaboré, a salué la démarche de l’Assemblée nationale qui, selon lui, va permettre de proposer des stratégies afin de rendre efficace la lutte contre l’insécurité dans les zones sous menace. Dans une brève présentation, il a indiqué que le Sahel qui couvre une superficie de 36 166 km2 est la deuxième plus grande région du pays après celle de l’Est et a une population estimée à 1 481 543 habitants répartis dans 26 communes. «Le Sahel est aujourd’hui éprouvé par les attaques terroristes à répétition qui touchent l’ensemble de la région, mettant ainsi un frein à la dynamique du développement économique et social », a déclaré le colonel-major. Elle compte 310 066 PDI. Selon le député-maire de Dori, Aziz Diallo, la situation sécuritaire dans sa commune est aujourd’hui stable. «Réunir les maires des communes, les leaders coutumiers, religieux, les FDS et les autorités régionales pour discuter des préoccupations d’ordre national est un grand pas dans la recherche de solutions aux problèmes que connaît le pays », a-t-il dit. Ces rencontres qui réunissent députés, populations et FDS autour de la même table permettront à chaque partie d’apporter sa contribution. «Qui mieux que les maires pour parler de la situation réelle qui prévaut dans leurs communes ? », s’est interrogé le maire de Dori. Son collègue d’Arbinda, Boureima Werem qui vit dans la clandestinité entre Dori, Kaya et Ouagadougou, attend avec beaucoup d’espoir les conclusions de ce dialogue. « C’est l’occasion de se parler franchement, de rappeler aux uns et autres leurs responsabilités. Face au danger des attaques terroristes qui menacent l’intégrité de notre territoire, il faut que nous nous assumions», a-t-il dit. La commune de Tongomaël aussi est l’une des plus touchées par les attaques. Présent à Dori pour la rencontre de concertation, son maire, Sadou Issa Tamboura, a indiqué que sur les 45 villages que compte sa commune, 36 ont été vidés de leurs habitants qui ont fui les horreurs. « A Tongomaël, la situation est très préoccupante avec des PDI concentrées dans les chefs-lieux de provinces vivant dans la misère », a fait savoir M. Tamboura, qui a appelé à des efforts concertés pour le retour des PDI dans leurs localités respectives.

Beyon Romain NEBIE

beynebie@gmail.com

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