Roch Marc Christian Kaboré aux forces vives du Soum : « La province et Djibo font partie du Burkina Faso »

Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a invité les forces vives du Soum à éviter la stigmatisation et le repli identitaire.

Présent à Djibo, le jeudi 18 juin 2020, pour remonter le moral des troupes, le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a échangé avec les forces vives de la province du Soum. Malgré les difficultés qui les assaillent, le chef de l’Etat leur a promis que tout sera mis en œuvre pour « sauver » la province.

Du camp militaire au centre-ville de Djibo, on constate que la ville a perdu de sa superbe. Arrêtées seule ou en petits groupes devant les concessions ou lieux de commerce, les populations observent le cortège du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, venu en cet après-midi du jeudi 18 juin 2020, pour échanger avec les forces vives de la province.

Une présence, symbole de l’attachement du chef de l’Etat et du gouvernement à la province et à sa population, selon le maire de la commune de Djibo, Issa Idrissa Dicko. « La population se réjouit énormément de votre visite incontestablement historique et inédite, parce que ce n’est un secret pour personne que partout là où vous allez, vous véhiculez des messages de paix, de réconfort, de vivre-ensemble, de cohésion sociale, fondements indispensables pour tout développement », a-t-il dit.

Outre les nombreuses pertes en vies humaines, a-t-il poursuivi, les conséquences de la crise sécuritaire sont « désastreuses », notamment avec les déplacements massifs de populations pour préserver ce qu’elles ont de plus précieux, leur vie. Le problème d’eau, le manque de carburant (2000 à 3000 F CFA/litre) et la fermeture de nombreux services, institutions financières et du marché à bétail sont entre autres problèmes des Soumois,
a-t-il confié.

Djibo a toujours été résiliente, a toutefois précisé le maire Dicko, qui a fait savoir que cette résilience est à mettre à l’actif des Forces de défense et de sécurité (FDS) qui, au péril de leur vie, œuvrent pour la protection des personnes et de leurs biens. « Même s’il est vrai que l’on ne voit toujours pas le bout du tunnel, j’ai la ferme conviction que la victoire sera de leur côté au regard de l’évolution de la situation parce que malgré le nombre de personnes déplacées internes toujours élevé, il est heureux de constater que certaines d’entre elles ont déjà rejoint leur localité d’origine », a-t-il noté.

C’est aussi la conviction du gouverneur de la région du Sahel, le colonel-major Salfo Kaboré, pour qui, un lendemain meilleur est possible pour Djibo, «  ville martyrisée, violentée, dont les vaillantes populations se voient déniées jusqu’au droit de vie par de sinistres individus ». C’est au regard de ces difficultés, a signifié le président du Faso aux forces vives de la province, qu’il s’est rendu à Djibo.

« Il apparaît clairement que l’ensemble de ces difficultés ne posent que la question de la sécurité de Djibo, du Soum et du Sahel. Tant que nous n’allons pas travailler ensemble à les résoudre ensemble, il est vain de penser au développement », a-t-il noté. Roch Marc Christian Kaboré a donc salué la résilience des populations qui sont restées débout. « Je suis venu pour que les populations sachent que le Soum et Djibo font partie du Burkina Faso. Ce n’est pas un pays à part. Nous sommes tous ici des frères et des sœurs de la Haute Volta, aujourd’hui Burkina Faso », a-t-il lancé sous l’ovation de l’assistance.

Bitumer l’axe-Kongoussi-Djibo

Ce vivre-ensemble, a précisé le président Kaboré, impose non seulement de faire la différence entre le bon grain et l’ivraie, mais aussi d’éviter que des personnes innocentes soient des victimes dans la lutte contre le terrorisme et les terroristes. Le président du Faso a donc exprimé la nécessité d’extirper les brebis galeuses, au risque qu’elles empoisonnent l’atmosphère. « Autant, nous devons éviter la stigmatisation, autant nous devons éviter le repli identitaire pour justifier les actes des mauvaises personnes au sein des communautés », a-t-il laissé entendre.

Après ce message, les forces vives ont soumis au président du Faso, des doléances de plusieurs ordres. Il s’agit de la sécurisation et du bitumage de l’axe Kongoussi-Djibo, seule voie de désenclavement de la province, de l’ouverture de boutiques-témoins, de l’accès des familles à des informations sur leurs proches arrêtés, de la facilitation du retour des populations déplacées, du maintien des enseignants des écoles de la ville de Djibo, de la construction d’un centre de formation pour jeunes, de l’approvisionnement de la ville en carburant et en gaz butane …

Sur le principal problème, le bitumage de l’axe Kongoussi-Djibo, le président du Faso a promis des concertations entre le gouvernement, l’entreprise en charge des travaux et les FDS pour finaliser « au plus vite » la route. Quant au retour des fils de la province qui ont réjoint les rangs des terroristes, il a précisé qu’il appartient à tous, de voir le processus dans lequel cela pourra se faire. Les questions d’eau, de carburant et de vivres, seront réglées dans de brefs délais, a laissé entendre le président du Faso. Au terme des échanges, l’émir de Djibo, Boubacari Dicko, a salué le symbole de la présence du chef de l’Etat. C’est un « message fort aux yeux des populations », a-t-il dit.

Jean-Marie TOE

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