Sur la ligne de front

C’est en toute discrétion que le président du Faso, chef suprême des armées, Roch Marc Christian Kaboré, s’est rendu, le jeudi 18 juin 2020, à Djibo, épicentre des exactions terroristes. Tout un symbole ! A l’image de l’appel radiodiffusé du général Charles de Gaulle, appelant les Français à ne pas cesser le combat contre l’occupant Nazi, un certain 18 juin 1944, le chef de l’Etat a, momentanément, « fui » la capitale et ses « affaires » pour rencontrer et galvaniser les valeureux « éléments » des Forces de défense et de sécurité (FDS) dans le combat de longue haleine contre les terroristes. Et comme pour montrer sa détermination à vaincre l’ennemi, il s’est rendu dans un des bastions sahéliens, Djibo, ville que certains disent, à tort, « perdue », oubliant ce cri de guerre présidentiel lancé en 2016 : « Le Burkina Faso pliera, mais jamais ne va rompre ». Cette phrase est aussi mémorable que sa portée trouve grandement écho dans les visites du chef de l’Etat à l’intérieur du pays. C’est donc quasiment sur la ligne de front, là où on aurait pu penser que le président Kaboré désignerait un « envoyé » spécial, qu’il est allé lui-même pour constater, discuter et arrêter le schéma qu’il faut pour un développement endogène. Cette sortie, signe de résilience, ne marque ni l’alpha, ni l’oméga des visites-terrain du chef de l’Etat, dans le Sahel burkinabè où un sentiment d’abandon a, en partie, nourri des velléités irrédentistes que le terrorisme n’hésite pas à exploiter à fond.

Pour ceux qui pourraient avoir des trous de mémoire, il faut retenir que c’est la quatrième visite présidentielle dans cette région de notre pays. En effet, déjà, au début de son mandat, le président Kaboré avait lancé, le 18 novembre 2016 à Dori, les activités du Programme d’appui au développement des économies locales (PADEL). Quelques semaines plus tard, notamment le 16 décembre, il s’était rendu dans le village de Nassoumbou dans la commune de Djibo, pour booster le moral des troupes, à la suite de l’attaque contre le détachement du Groupement des Forces anti-terroristes (GFAT), qui avait coûté la vie à 12 soldats. Puis, en février 2020, il est retourné sur ses pas à Dori pour inaugurer les infrastructures réalisées dans le cadre du PADEL.

C’est dire donc que ce 18 juin 2020 est la suite logique de l’engagement d’un homme de conviction, qui joue à la fois sur le terrain de la sécurité que sur celui du développement. Si pendant longtemps, des analystes ont prétendu que la pauvreté reste le terreau des barbares, le président Kaboré œuvre à leur arracher ce prétexte. C’est pourquoi, figure en bonne place dans son agenda, un contact direct avec les fils et filles des localités visitées, qu’il sait conforter avec les mots justes, dans la solidarité et la compassion. En attestent les images des soldats du détachement de Djibo, ville « hautement stratégique », pour l’armée burkinabè. Des hommes, des femmes, dont le regard en dit long sur la rage de vaincre l’hydre terroriste, au péril de leur vie, y ont été déployés. Les images du chef de l’Etat, attentif aux préoccupations des populations locales, traduisent également un acte au symbolisme incontestable. Il tient là, la promesse qu’il avait faite d’aller partout sur l’ensemble du territoire pour rencontrer les Burkinabè. Aussi réaffirme-t-il que le Burkina est unique et indivisible, conformément à l’engagement de ne jamais « céder un pouce de son territoire, dussions-nous tous mourir ». Certes, on serait tenté de croire que ce sont de petites phrases, mais elles appellent chacun de nous à se tenir prêt pour défendre la nation. On peut épiloguer sur les moments des sorties présidentielles à l’intérieur du pays, mais là n’est pas l’essentiel. Ce qu’on doit retenir, c’est l’engagement du président Kaboré à rendre demain meilleur à aujourd’hui. Djibo, Dori, Fada, peu importe la localité, c’est la détermination et le courage du chef de l’Etat qui doivent rester dans nos esprits.

Par Mahamadi TIEGNA

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