Gestion des déplacés internes : Le CES plaide pour une réponse urgente

Le président du CES, Dr Moïse Napon (milieu), a invité les Burkinabè à une mobilisation nationale pour soutenir les PDI.

Le Conseil économique et social a clos (CES) sa première session 2020, lundi 22 juin 2020, à Ouagadougou. Elle a été consacrée à la problématique de la prise en charge des personnes déplacées internes.

Le 22 avril 2020, le Burkina Faso a enregistré 848 329 Personnes déplacées internes (PDI) dues aux attaques des groupes armés que le pays subit depuis avril 2015. Cette situation qui préoccupe le Conseil économique et social (CES), qui la qualifie de drame silencieux hypothéquant la vie des Burkinabè. C’est pourquoi, les conseillers se sont penchés sur la problématique au cours de sa première session de l’année en cours.

C’était du 26 mai au 22 juin 2020 sur « la gestion de la crise humanitaire dans le contexte d’insécurité au Burkina Faso : Quelles stratégies pour une meilleure résilience des personnes déplacées internes ? ». Ainsi, pendant 28 jours, les membres du CES se sont interrogés sur les questions suivantes : «La gestion actuelle de la crise humanitaire permet-elle aux PDI d’être résilientes et de s’insérer dans leur milieu d’accueil ? » ; «

Existe-t-il une adéquation entre les besoins exprimés et les actions apportées ? » ; « Quels sont les effets des déplacements internes sur les zones de départ, les zones d’accueil et les familles elles-mêmes ? » et « Quelles sont les nouvelles actions à mener pour aider les PDI à mieux s’adapter et à s’intégrer socialement et économiquement ? ». « Nous avons pu apprécier parfois avec des sueurs froides, l’ampleur et la profondeur de la crise humanitaire liée à l’insécurité entraînant des déplacements massifs de populations dans notre pays », a déploré le président du CES, Dr Moïse Napon.

Au terme de leur session, les conseillers ont relevé que les besoins d’assistance humanitaire se font pressants et que les actions entreprises dans ce sens par l’Etat, ses partenaires et les acteurs humanitaires sont appréciables. Toutefois, ils ont relevé une faiblesse dans la prise en charge des PDI due notamment à une mauvaise coordination des interventions. Ils ont relevé que les déplacements massifs des populations affectent les stratégies de développement du pays et contraint l’Etat à redéfinir ses priorités en matière de programmation des dépenses publiques.

C’est pourquoi, ils ont proposé des stratégies pour une meilleure résilience des PDI. Il s’agit du renforcement du dispositif sécuritaire, de l’identification et de la protection des PDI, de la réinsertion socio-économique des PDI et de la fourniture d’une assistance coordonnée et intégrée aux personnes en situation d’urgence. « Au regard des résultats des travaux, je puis dire sans risque de me tromper que les préoccupations soulevées ont été adéquatement répondues », a dit Moïse Napon aux conseillers.

Pour une meilleure prise en charge

Il a précisé que de 848 329 PDI, le 22 avril 2020, le nombre est passé à 921 471 à la date du 7 juin 2020, selon le CONASUR, soit une augmentation de 8, 62 %. « Ce nombre est sans doute dépassé à cause des récentes attaques enregistrées au Centre-Nord et à l’Est au cours de la session, ce qui traduit l’acuité du problème », a relevé, le président du CES.

Et pour une meilleure prise en charge de la question, les conseillers ont recommandé une mobilisation nationale autour des PDI et la relecture de la loi n°012 -2014/AN du 22 avril 2014 portant loi d’orientation relative à la protection et à la gestion des risques, des crises humanitaires et des catastrophes.

A cela s’ajoutent la pérennisation de la sécurité des zones reconquises pour inciter et encourager les PDI à retourner dans les zones de départ, la sensibilisation des populations afin de développer en leur sein une culture de vigilance et de reflexe sécuritaire pour dénoncer les comportements suspects. La lutte contre toutes les formes de stigmatisation et de repli identitaire, l’implication des acteurs locaux et les PDI dans la gestion de crise sont, entre autres, actions proposées par le CES.

Mariam OUEDRAGO

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