Libye : ibye des condamnations

La crise libyenne ne cesse de connaître des rebondissements.
Après l’offensive en avril 2019, pour l’occupation de Tripoli des hommes du maréchal Khalifa Haftar, c’est le temps de gloire du Premier ministre, Fayez al-Sarraj. En ce mois de juin, requinqué à bloc par le soutien de la Turquie, les « boys » du chef du Gouvernement d’union nationale (GNA) se préparent pour la reconquête des territoires abandonnés sous la puissance de feu du frère ennemi.

Cependant, cette ambition de reprendre du poil de la bête du gouvernement reconnu par la communauté internationale doit se faire en tenant compte de la stratégie de la partie adverse.

Le soutien de taille du Caire au maréchal Haftar sonne comme un rééquilibrage des forces ou même un probable retour en force. En effet, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a prévenu, samedi dernier, que toute avancée des pro-GNA vers Syrte pourrait entraîner une intervention de son armée.

Cette sortie inattendue du président égyptien, assimilable à une déclaration de guerre au GNA, a suscité la réaction des USA et de la France.
Le chef du commandement américain pour l’Afrique (Africom), le général Stephen Townsend, s’est rendu le lundi dernier en Libye pour rencontrer Al-Sarraj.

Les échanges ont porté sur un appel à un cessez-le-feu, selon un communiqué du GNA. De son côté, le président français, Emmanuel Macron, a dénoncé lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue tunisien Kaïs Saïed, le « jeu dangereux » de la Turquie en Libye. Convaincu que la crise libyenne a des conséquences néfastes sur ses voisins et l’Europe, Macron a appelé à la « cessation des ingérences étrangères ».
Et c’est là qu’il y a matière à débat.

Le pays de Mouammar Kadhafi, il faut le reconnaître, est victime d’une guerre de positionnement à laquelle se livrent certains pays. Il n’y a qu’à voir d’abord le jeu d’alliance. D’un côté, le maréchal Haftar, soutenu par la Russie, les Emirats arabes unis et l’Egypte et de l’autre côté le GNA qui a le renfort de la Turquie.

A cela s’ajoutent les soutiens de l’ombre, le sport favori de certaines puissances. Malgré l’embargo de l’ONU sur les armes, la Libye est devenue, aux yeux de tous, une plaque tournante pour les marchands d’armes et autres produits susceptibles de raviver les flammes d’un conflit. Une telle situation se présente comme du pain béni pour les groupes djihadistes, notamment l’organisation de l’Etat islamique (EI) et Al-Qaïda.

La situation est assez complexe si bien qu’il sera utopique de croire que réunir les deux parties suffisent à résoudre la crise. Des efforts doivent être consentis à plusieurs niveaux, à commencer par le plan géostratégique. Les grandes puissances doivent revoir leurs copies, si elles ne souhaitent pas que le bourbier libyen s’étende à l’Occident.
La communauté internationale, dans ce cas, doit aller au-delà des condamnations pour arriver à imposer un ordre propice au développement dans ce pays.

Abdoulaye BALBONE

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