Contrôle routier : L’expérience rwandaise inspire le Burkina

Des contrôleurs ont pris part à la session de formation.

La Coordination nationale de contrôle des forces de polices (CONACFP) a formé du 29 au 30 juin 2020 à Koudougou, ses contrôleurs sur l’éthique et la déontologie et sur les techniques d’investigations applicables aux infractions de corruption.

Le Burkina veut s’inspirer de l’expérience rwandaise en matière de contrôle routier. Au cours d’un voyage d’études en mars 2018 à Kigali, conduit par la Coordination nationale de contrôle des forces de police (CONACFP), il est ressorti que les policiers rwandais sont réfractaires à toute forme de corruption sur les routes.

« Au Rwanda, quand vous sortez un billet de banque pour le tendre à un policier, il va fuir et demander à ce qu’on vienne à son secours, parce que vous êtes en train de vouloir lui créer des problèmes, pour peu qu’on se trompe en pensant que c’est lui qui a demandé ou qu’il ait reçu et accepté », a relaté le coordonnateur de la CONACFP, Bienvenu Claude Bado, lundi 29 juin 2020, à l’ouverture d’une session de formation adressée aux contrôleurs de forces de police. « Mais cela n’est pas vrai dans la plupart de nos pays. Ce que vous donnez à certains, ils (les agents de contrôle, ndlr) le prennent sans détour », a regretté M. Bado.

La « police » des polices burkinabè entend tirer leçons de l’expérience rwandaise pour mettre fin à la corruption sur les axes routiers. Pour ce faire, elle s’est dotée de nouvelles techniques d’investigations pour traquer des rackets sur les axes routiers. Réunis à Koudougou, du 29 au 30 juin 2020, les contrôleurs des forces de police ont fait une mise à jour sur l’éthique et la déontologie de leur profession et ont acquis des techniques d’investigations applicables aux infractions de corruption. Sur les différents axes routiers, aux dires du Coordonnateur national de contrôle des forces de police (CONACFP), Bienvenu Claude Bado, nombre de subtilités ont été développées aux fins de rackets par les agents de contrôle. « Pour les agents de sécurité, on constate qu’il y a des abus.

On envoie des agents pour une mission donnée, mais arrivés, ils font autre chose. On les envoie pour faire du contrôle sécuritaire, mais ils font du contrôle documentaire, une fois sur place. Ce sont des dérives », a déploré Bienvenu Claude Bado. Les usagers en commettent aussi. Des véhicules en circulation sans documents en règle, des cas de surcharges, d’excès de vitesse …autant de faits qui constituent des infractions. « Il y a des sanctions, mais ce que nous devons déplorer, c’est qu’elles ne sont pas appliquées, infligées aux fautifs.

Ce qui fait que la situation persiste », s’est désolé le coordonnateur. Pour M. Bado, les contrôleurs censés inspecter le travail de terrain doivent être préparés à identifier les subtilités et autres artifices de rackets et de tracasseries routières. « Ce sont essentiellement des policiers et des gendarmes qui sont appelés à contrôler leurs collègues chargés du contrôle routier.

Nous voulons les former pour les rendre compétents », a-t-il dit. Au sortir de la session de Koudougou, les contrôleurs seront capables d’investiguer sur ces pratiques anormales sur les axes routiers, passibles de peines pénales. Ils vont également s’approprier les bonnes pratiques de services de contrôle, afin de garantir la sécurité des biens et des personnes.
La CONACFP se veut une structure de lutte contre les rackets et les entraves à la libre circulation des personnes et des biens sur tout le territoire national. Créée par décret en décembre 2016, la CONACFP dans ses attributions, entend assainir le milieu du contrôle routier et subséquemment, renforcer les mesures sécuritaires dans un environnement sous menace terroriste.

Djakaridia SIRIBIE
Carine MILLOGO
(Stagiaire)

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