Proposition de report des législatives: Le mémoire en défense de Bala Sakandé

Le président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé a remis au président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, le mercredi 8 juillet 2020 à Ouagadougou, un rapport du Parlement suggérant le report des élections législatives d’un an.

Une délégation de l’Assemblée nationale, conduite par son président, Alassane Bala Sakandé, était hier mercredi 8 juillet 2020, au palais présidentiel de Kosyam pour remettre au président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, le rapport des récentes tournées organisée dans les régions les plus impactées par l’insécurité. C’est du moins, ce que le chef du Parlement a confié à sa sortie d’audience avec le chef de l’Etat.   « Nous sommes venus cet après-midi pour transmettre au président du Faso, le rapport de nos tournées dans les cinq régions les plus touchées par les attaques terroristes. Ce document comporte 19 recommandations dont une demandant le découplage des élections législatives d’avec la présidentielle afin qu’elles se tiennent au même moment que les municipales », a confié Bala Sakandé.  Selon lui pendant les tournées, les députés ont touché du doigt la réalité de l’insécurité qui prévaut dans certaines localités du pays. Le maintien de la présidentielle permet, selon lui, d’éviter de tomber dans un vide institutionnelle juridique. A écouter M.Sakandé, le report des législatives est conforme à la Constitution qui prévoit qu’en cas de situation difficile, leur tenue peut être repoussée d’un an. La situation sécuritaire préoccupante du Burkina Faso a amené la Commission électorale nationale indépendante (CENI)  à se rendre dans certaines localités par hélicoptère pour lancer les opérations d’enrôlement. « Mais est-ce que les électeurs pourront se rendre aux urnes par voie aérienne le jour des votes ? », s’est interrogé le président de l’Assemblée nationale. « Cette recommandation a pour objectif de protéger la vie des électeurs, mais également celle des candidats aux postes de députés », a-t-il justifié. Et d’ajouter : « si l’Etat peut mettre une sécurité autour des candidats à la présidentielle, ce n’est pas le cas pour les législatives qui enregistrent des milliers de candidatures ». Selon le porte-parole de la délégation, le Parlement a également recommandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour aller à une véritable réconciliation avant d’organiser les législatives et les municipales qui pourraient avoir lieu avant fin 2021. « Le président qui sortira de la présidentielle aura obligation de faire d’engager avec la classe politique, ce processus de réconciliation afin que les fils et filles du Burkina Faso aujourd’hui exilés puissent revenir au pays pour participer à sa construction», a-t-il fait savoir. Ce pardon va favoriser le retour de la paix et la tenue d’élections dans un climat de sérénité au grand bonheur des populations, croit M. Sakandé. « Contrairement à certains qui parlent de « lenga, (bonus de mandat en langue nationale mooré)», le meilleur lenga, c’est le mandat de cinq ans », a-t-il déclaré. Il par ailleurs fait savoir que la décision a été prise par l’ensemble des députés après une plénière à huis clos. « Aujourd’hui je suis accompagné des présidents de tous les groupes parlementaires (majorité et opposition), preuve que ce n’est pas une démarche d’une seule tendance encore moins celle du président de l’Assemblée nationale Alassane Sakandé » a argumenté l’occupant du perchoir. Attendant la réaction du président du Faso, la délégation a tenu à préciser que rien n’a encore été adopté par la Représentation nationale.

Beyon Romain NEBIE

beynebie@gmail.com

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