Un exemple républicain

La semaine écoulée a été forte en symboles qui montrent que rien n’est au-dessus de la République. Comme lors du dialogue politique tenu, du 15 au 22 juillet 2019, l’opposition et la majorité ont donné une belle leçon de vivre-ensemble. Le Chef de file de l’opposition politique (CFOP), Zéphirin Diabré et le président du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), Simon Compaoré, ont pris place dans le même avion aux côtés du chef du gouvernement, Christophe Marie Joseph Dabiré, pour représenter le Burkina aux obsèques du Premier ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly, le 14 juillet 2020 à Abidjan.

Quelques jours plus tôt, les deux personnalités, en présence du ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion sociale, Siméon Sawadogo, avaient affiché leur convergence de vue sur la tenue à bonne date des élections présidentielle et législatives du 22 novembre prochain. Bien avant, M. Diabré avait assisté au congrès extraordinaire pour l’investiture du candidat du MPP à la présidentielle, le chef de l’Etat Roch Marc Christian Kaboré. C’est la preuve que l’opposition et la majorité poursuivent le même objectif, avec des moyens quelquefois différents : le développement du pays.

Les divergences d’approche ne sauraient en rien remettre en cause cette unité autour de l’essentiel: ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise. Au contraire, ces images traduisent une attitude républicaine. Tant qu’il s’agit de la patrie, nous devons pouvoir discuter des questions d’intérêt, même celles qui fâchent, dans la pure tradition africaine de l’arbre à palabres. Toutes ces scènes nous enseignent qu’en dehors des querelles politiques, le seul combat qui vaille, c’est la concorde nationale. Le « Faso d’abord », pour reprendre un slogan qui a marqué la période pré-insurrectionnelle d’octobre 2014.

Le Burkina Faso, cette terre au cœur du Sahel conquise de haute lutte par des générations d’hommes et de femmes vaillants, doit forger son avenir. Il n’y a pas meilleur combat que celui du développement. Cette complicité circonstancielle entre opposition et majorité doit inspirer tous les fils et filles du Burkina. Elle doit tenir et prévaloir en toutes circonstances, en particulier quand la nation est en danger.

Or, depuis 2016, le pays est plus ou moins divisé, les clivages politiques ayant pris le dessus. Mais aujourd’hui, on a envie de dire que les retrouvailles entre Burkinabè sont possibles, sans que cela ne s’apparente à une «démocratie consensuelle ». Dans celui perspective, le dialogue politique, celle qui a pour vocation de contribuer au renforcement de la paix, de la sécurité et de l’unité nationale, ne devrait pas seulement être une option, mais une tradition, consacrée d’ailleurs par la Constitution.

Par Mahamadi TIEGNA

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