Achille Tapsoba, vice-président du CDP : « Mahamadi Koanda a enfreint les conditions de sa réinsertion »

Le vice-président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) Achille Tapsoba, était face à la presse dans la matinée du lundi 20 juillet 2020 à Ouagadougou pour annoncer l’investiture de leur candidat à la présidentielle de novembre 2020.

C’est désormais officiel. Eddie Komboïgo est le candidat du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) à la présidentielle de novembre prochain. En effet, la validation tant « attendue » du président d’honneur du parti, Blaise Compaoré, a finalement été obtenue à travers une lettre adressée au collège de proposition du candidat le 9 juillet 2020. Dans cette même lettre, Blaise Compaoré a donné son aval pour la poursuite du processus par l’investiture du candidat. Pour ce faire, le Bureau politique national (BPN), réuni le samedi dernier, a décidé de la tenue d’un congrès extraordinaire, le 26 juillet prochain, afin d’investir le candidat du parti. Tous ces détails ont été donnés aux journalistes au cours d’un point de presse animé dans la matinée du lundi 20 juillet par le vice-président du parti, Achille Tapsoba.

Les hommes de médias, tout en suivant avec attention la déclaration du vice-président du CDP, se sont tout de même posé des questions sur l’auto-proclamation de Mahamadi Lamine Koanda comme candidat du CDP à la présidentielle. Est-ce à dire que votre parti aura deux candidats aux élections ? « Le CDP est un parti organisé. Il y a des règles qui sont contenues dans ses textes fondamentaux quant à la désignation du candidat du parti à l’élection présidentielle. Le camarade Mahamadi Koanda, au nom des textes du parti et particulièrement de la directive qui a présidé au choix du candidat du CDP à l’élection présidentielle, a eu l’occasion de présenter sa candidature au bureau de désignation. En effet, cette directive stipule en son article 1er que la compétition est ouverte à tout militant qui remplit les critères légaux et ceux spécifiques au parti en matière de désignation d’un candidat à la présidentielle », a-t-il déclaré. Et parlant de critères légaux, Achille Tapsoba a indiqué que chaque candidat doit déposer un dossier contenant un certain nombre de pièces dont un certificat de nationalité et un casier judiciaire. Critères qui, selon ses dires, n’ont pas été respectés par le camarade Koanda qui a déposé un dossier incomplet.

« Si en toute âme et conscience Mahamadi Koanda doit dire la vérité, il reconnaîtra lui-même que son dossier était incomplet », a-t-il soutenu. Pour lui, le collège de désignation était prêt à donner une seconde chance à M. Koanda en lui demandant de se présenter devant lui, tout d’abord, pour s’expliquer par rapport aux pièces manquantes et ensuite présenter son projet de programme. « Le camarade Koanda s’est effectivement présenté devant le collège mais en lieu et place d’explications, il s’est contenté de nous divertir avec un bavardage inutile. Il s’en est même pris au président du collège et à ses camarades. Le collège a donc décidé, à la suite d’un vote au bulletin secret, de rejeter son dossier », a-t-il fait savoir.

De la suspension de Lamine Koanda

Mais que répondez-vous quand il dit qu’il a été victime de fraude et de mauvais traitement ? « Mahamadi Koanda a été candidat aux législatives et il sait comment on compétit pour la candidature au CDP. C’est donc le candidat Koanda qui s’est exclu lui-même de la compétition », a-t-il estimé. Mais qu’est-ce qui a valu sa suspension du parti pour six mois le samedi dernier ? « La suspension de Lamine Koanda est liée à un certain nombre de faits et de comportements », a indiqué Achille Tapsoba. En poursuivant ses explications, il a rappelé que le camarade Koanda a esté le parti en justice une première fois pour réclamer le paiement d’une créance de 75 millions F CFA. Ce qui, a-t-il noté, avait valu son exclusion ainsi que celle des cosignataires de ses assignations. Exclusion qui, a-t-il ajouté, a été annulée à la suite de l’intervention du président d’honneur qui avait tout de même posé des conditions au retour des « bannis ». Il s’agissait notamment pour eux de renoncer à trainer à nouveau le parti en justice et à retirer les plaintes déjà déposées. Conditions que M. Koanda et ses « partisans » ont dit accepter.

Toute chose qui a permis leur retour au sein du parti. « Mais, à notre grande surprise, le camarade Koanda a saisi une deuxième fois la justice pour exiger l’annulation du procès-verbal de désignation du candidat à la présidentielle », a déploré le vice-président du CDP. Pour lui, le sieur Koanda par cette saisine a non seulement enfreint les conditions de sa réinsertion au CDP mais il a aussi et surtout bafoué les statuts du parti, notamment l’article 12 de la directive qui dit qu’au cas où un candidat aurait des observations ou une requête en contentieux par rapport à la procédure de désignation, il a la possibilité de saisir le président d’honneur qui donnera son avis au collège de désignation. Pour n’avoir pas respecté ces dispositions, le BPN a estimé qu’il était passible de suspension en attendant que son cas soit instruit jusqu’au bout.

 Nadège YAMEOGO

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