Dossiers de crimes terroristes: des acteurs des juridictions pénales spécialisées outillés

Le ministère de la Justice, en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement, organise du 27 au 29 juillet 2020 à Manga, un atelier de formation sur les techniques d’enquête, d’instruction et de jugement au profit de magistrats, greffiers et officiers de police judiciaire des juridictions spécialisées chargées des dossiers de crimes terroristes.

Le département de la Justice veut que les acteurs des juridictions pénales spécialisées soient suffisamment « armés » pour traiter les dossiers de crimes terroristes. Pour ce faire, il organise, du 27 au 29 juillet 2020, à Manga, avec l’appui financier du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), un atelier de formation sur les techniques d’enquête, d’instruction et de jugement y relatives. La séance regroupe spécifiquement des magistrats, des greffiers et des officiers de police judiciaire (OPJ). L’objectif à terme de la rencontre, a confié le ministre de la Justice, Réné Bagoro, est « d’améliorer significativement le rendement des acteurs judiciaires et les OPJ, chargés de la gestion des dossiers liés aux crimes terroristes ». Le ministre a soutenu, en effet, qu’en matière de lutte contre le terrorisme et les crimes connexes, une réponse efficace et durable implique l’existence et le fonctionnement d’un appareil judiciaire solide, fiable et apte à jouer sa partition. C’est pourquoi il s’est réjoui de la tenue de l’atelier de Manga, estimant que le renforcement des capacités des acteurs va permettre d’engranger des résultats significatifs et relever les défis qui s’annoncent dans la répression des actes terroristes. « Je reste convaincu que nos efforts seront vains si les acteurs que vous êtes ne sont pas suffisamment outillés pour jouer votre partition surtout que les prochains mois, je l’espère vivement, verront s’ouvrir les tout-premiers procès au Burkina Faso pour fait de terrorisme », a-t-il fait comprendre.
La rencontre, a noté, du reste, le ministre, est une opportunité pour les participants « de s’interroger sur l’efficacité de la réponse judiciaire face au phénomène du terrorisme et envisager ensemble les voies et moyens de fédérer les initiatives et mutualiser les moyens de riposte ».
Le représentant du Représentant-résident de l’institution onusienne, Mahamane Ousmane, a rappelé que le présent atelier entre dans le cadre de l’appui du PNUD au Burkina Faso, à travers le programme ‘’Cohésion sociale, Sécurité et Etat de droit’’ (COSED). Un programme, a-t-il dit, qui adresse les questions de justice, de droits humains, de sécurité et de cohésion sociale de façon holistique et qui met en synergie ces thématiques et les acteurs pour des résultats plus consistants et plus durables sur le terrain.
Au premier jour de l’atelier de Manga, les participants se sont réjouis d’y prendre part et de pouvoir bénéficier du savoir et du savoir-faire des experts pour gérer au mieux les dossiers de crimes terroristes. « C’est une aubaine pour nous, en tant que greffier, de savoir comment se tenir et pouvoir épauler les magistrats dans la phase d’instruction et de jugement des dossiers en lien avec le terrorisme », a fait savoir le greffier en chef du Tribunal de grande instance de Ouagadougou, Jonathan Bonkoungou.
Sollicité en tant que personne-ressource dans le cadre du partage d’expériences, le juge d’instruction spécialisé, Idrissa Bado, a, lui, témoigné sa reconnaissance au ministère et au PNUD pour l’initiative, tout en saluant l’option prise de mettre particulièrement l’accent sur l’expertise locale pour la formation des participants durant les trois jours de travaux.

Mamady ZANGO

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