Mise en œuvre du PUS: les bénéficiaires plaident pour plus de sécurité

Le rapport de collecte des préoccupations bénéficiaires du programme d’urgence pour le Sahel a été remis au ministère de l’Economie des Finances et du Développement en charge de la tutelle technique, le mardi 28 juillet 2020. La collecte a été faite par l’ONG Equal Access International dans le cadre de son projet Voix de paix.

Les préoccupations et les doléances des populations bénéficiaires depuis 3 ans du Programme d’urgence pour le sahel (PUS) dans les régions du nord et du Sahel ont été consignés dans un rapport par l’ONG Equal Access International. Intitulé rapport global de collecte des préoccupations des communautés à la base par rapport au programme d’urgence pour le Sahel, le document a été remis au secrétaire général du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement, le mardi 28 juillet 2020. Présent à la cérémonie, l’Emir du Yagha, Boureima Ly, a d’abord remercié le gouvernement pour la mise en œuvre du PUS. « Nous, populations, avions besoin d’une action de cette envergure pour nous permettre de mieux sentir la présence de l’Etat et d’être plus résiliente face à la pauvreté et à l’extrémisme violent », a-t-il dit. Toutefois, estime-t-il, malgré les nombreux succès du PUS sur le terrain, il reste encore beaucoup de défis à relever. «La plus importante et la plus urgente est la prise de mesures très fortes pour résoudre le problème d’insécurité qui vide les villages et communes de leurs bras valides. La résolution de cette situation créerait toutes les conditions de vie paisible et de cohésion sociale que nous revendiquons tous », a-t-il relevé. Pour lui, l’eau est de plus en plus inaccessible en quantité et en qualité, transformant les corvées d’eau en parcours du combattant pour les femmes et les enfants. L’Emir a également souligné le manque d’emplois des jeunes de ces régions comme une « véritable bombe à retardement ». Il en est de même pour la question des infrastructures routières.

Pour une réorientation des actions

Selon l’Emir du Yagha, le chapelet de doléances égrenées par les populations ne vise pas à charger le gouvernement. « Il s’agit pour nous de faire un plaidoyer dynamique afin que les autorités dans toutes leurs composantes puissent s’investir pour redonner à nos enfants l’envie de retourner à l’école, de trouver une occupation saine, à nos femmes la joie de prendre soin de leurs familles dans leurs propres villages et aux hommes, la passion de retrouver les champs et de cultiver pour s’occuper de leurs familles. Notre espoir aujourd’hui repose sur la suite que vous donnerez à ce rapport.», a-t-il affirmé. Le Secrétaire général (SG) du ministère en charge de l’économie, Seglaro Abel Somé, a assuré les populations de la zone d’intervention du programme que les préoccupations feront l’objet d’une attention particulière de la part du gouvernement pour une meilleure mise en œuvre au bénéfice de tous. Il a remercié l’ONG pour son accompagnement dans la mise en œuvre du PUS. Il a rappelé, qu’en prélude au lancement du programme en 2017, une tournée interministérielle avait été organisée en vue de collecter les besoins des populations. « Après ces 3 ans de mise en œuvre du programme, il faut reconnaître que les besoins peuvent avoir changé pour faire place à de nouvelles préoccupations. Certaines populations estiment même n’avoir pas été consultées ou associées dans le choix des réalisations. En cela, nous reconnaissons que Voix de paix a véritablement fait œuvre utile en procédant à la collecte des nouvelles préoccupations des populations », a-t-il reconnu.
Le directeur-pays de l’ONG Equal Access International, Lamoussa Robgo, a expliqué que la collecte des préoccupations s’est faite à travers un processus dynamique combinant les assemblées générales des populations, des centaines d’émissions, des rencontres « BtoB » et des sessions de renforcement des capacités pour assurer le suivi du PUS. Au-delà de la population, l’administration chargée de la mise en œuvre du PUS au quotidien a formulé un certain nombre de recommandations.
La plus importante de la part des autorités locale est la mise en œuvre d’une unité autonome pour planifier et assurer le suivi du PUS. Une telle unité va permettre au programme de mieux s’implanter et répondre aux populations bénéficiaires. Il a précisé que l’ONG va assurer la mise en œuvre des recommandations.

Nadège YE

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