Tabaski: des moutons sans clients

Comme à l’accoutumée, à l’approche de la fête de l’Aïd el Kébir, les fidèles musulmans se ruent dans les marchés de bétail pour se procurer un mouton. Une équipe de Sidwaya s’est rendue au marché de bétail de Tanghin à Ouagadougou, le mercredi 29 juillet 2020, pour faire le constat.

Mercredi 29 juillet 2020, il est 9h 40 mn au marché de bétail de Tanghin à Ouagadougou. A notre arrivée, pendant que certains commerçants lavent leurs moutons, d’autres s’attellent à les attacher. Cest un marché grouillant de monde, que nous avons trouvé. Il y avait des moutons de toutes les tailles. Avec les vendeurs, c’est celui qui a l’art de la parole qui arrive à avoir les clients à sa guise. Pour Moussa Tiemtoré, vendeur de béliers, il n’y a pas de « marché » cette année, contrairement à celles antérieures. Cette situation, selon lui, est due à la crise sanitaire de la COVID-19. « A cause de la COVID-19, les affaires ne marchent pas bien, parce que pour rentrer à Abidjan, c’est très compliqué. Même en brousse, c’est très difficile. Il y a beaucoup de clients qu’on a perdus. Les Ivoiriens et les Ghanéens venaient payer chez nous», explique M. Tiemtoré.
Concernant la vente, il fait comprendre que le prix du mouton varie entre 40 000 et 300 000 F CFA. Malgré tout, il ne se décourage pas. Il dit avoir vendu deux moutons pour l’instant. Pour son voisin, Abdoul Rahim Bouda, le visage couvert de sueur et préoccupé à donner à manger à ses animaux, le prix de ses ruminants va de 100 000 à 175 000 F CFA. Il souligne qu’il n’a pas encore vendu, mais dit garder espoir. « Je ne crains pas trop. J’ai l’espoir que les clients viendront », ajoute-t-il. A l’orée de la Tabaski, beaucoup de fidèles préfèrent se sacrifier pour se procurer leur mouton pour la fête. C’est le cas de Aboubacar Kindo. Chaque année, dit-il, il vient acheter des moutons pour la Tabaski. Il dit acheter son bélier au prix de 74 000 F CFA et trouve le prix exorbitant. Ainsi, il lance un appel au gouvernement afin qu’il encadre la vente pour le bonheur de tous.
« Je lance aussi un appel à tous les commerçants afin qu’ils revoient les prix pour permettre à tous de se procurer un mouton », plaide M. Kindo. Concernant la règlementation des prix, les avis diffèrent d’un acheteur à un autre. L’un des clients, le directeur commercial de l’entreprise Hartsmat, Isaac Kitson Tenon, émet des réserves sur le sujet. De son point de vue, la sensibilisation des vendeurs semble la bonne option. Ce, pour qu’ils comprennent que la fête est pour tout le monde. « Ils doivent vendre de manière religieuse vu que c’est une nécessité afin de favoriser plus d’un, mais pas contrôler le prix », soutient-il. Quant au prix de son mouton, il dit l’avoir acheté à 80 000 F CFA, prix qu’il trouve un “peu cher” et qui n’est pas à la portée de certains fidèles.

Jean-Christophe OUEDRAOGO
(Stagiaire)

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