Actu vert : Reboisement au Burkina Faso

Le reboisement ou plantation d’arbres sur un terrain nu ou un sol anciennement boisé mobilise les populations au Burkina Faso, généralement pendant les mois de juillet et d’août de chaque année. Ainsi, ce sont des milliers de plants qui sont mis en terre par des acteurs des secteurs public et privé, parfois, à coût de millions francs CFA. Mais, il faut que le gouvernement participe activement à la sauvegarde de ces plants en encourageant une veille citoyenne efficace et efficiente.

Depuis 2018, le gouvernement burkinabè a institué une Journée nationale de l’arbre (JNA) dont la deuxième édition est prévue pour se tenir, officiellement, à Banfora (Cascades), le 8 août prochain et dans les 13 régions du Burkina Faso avec pour thème : « Arbre, santé et résilience climatique ». Elle vise, selon le gouvernement, une mobilisation générale de toutes les couches socio-professionnelles pour restaurer les écosystèmes dégradés. Ainsi, c’est un secret de polichinelle de savoir que chaque année, au Burkina Faso, les Burkinabè répondent à l’appel officiel du Chef de l’Etat de planter des arbres. Le dernier en date est la campagne de reboisement 2019 avec pour objectif la mise en terre de dix millions de plants. En effet, des communautés, des institutions et des Organisations non gouvernementales (ONG) se mobilisent, chaque année, comme un seul homme pour mettre en terre des milliers de plants, parfois, à coût de millions francs CFA. Force est de reconnaître que cette activité est très encourageante dans la société burkinabè, car elle lutte contre la désertification, améliore la vie des citoyens, des écosystèmes et protège durablement l’environnement. A titre d’exemple, en 2012, l’on a enregistré sept millions d’arbres plantés sur une superficie estimée à 9 325 ha à la faveur de la campagne de reforestation. Mais, la suite de cette démarche est vouée à l’oubli ou à l’abandon total des arbres déjà plantés.

105 000 ha de forêts perdus par an

Si tel n’était pas le cas, le Burkina Faso depuis le premier reboisement jusqu’à nos jours se réjouirait plus des résultats présentés en matière de reforestation. Et c’est bien compréhensible que les bilans des campagnes de reforestation, comme l’avait déclaré en 2019, le ministre de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique, Nestor Batio Bassière, font état « seulement » de 10 428 ha de terres, annuellement, reboisés. Ce qui représente, selon lui 10% des superficies détruites, chaque année. En d’autres termes, par an, plus de 105 000 ha de forêts sont perdus du fait de la dégradation accélérée des ressources forestières. La situation est d’autant plus préoccupante qu’il est nécessaire, voire indispensable que le gouvernement s’investisse davantage de commun accord avec tous les acteurs pour sécuriser les sites reboisés et leur garantir un entretien et un suivi réguliers. Il ne faut donc pas se leurrer sur le fait qu’en amont, le reboisement impliquant l’ensemble des acteurs est en déphasage avec le manque de volonté, en aval, de ceux-ci pour lui assurer une réussite parfaite en terme de survivance des plants mis en terre. Ce sont, ainsi, autant d’insuffisances auxquelles le ministère en charge de l’environnement, appuyé par l’Etat, doit remédier pour améliorer les résultats en- deçà, aujourd’hui, des attentes et des investissements consentis. Il faut, également, insister sur le fait que la politique nationale de l’environnement s’améliore d’année en année, mais d’énormes défis, en matière de reboisement, doivent être relevés. Dans l’ordre de résoudre, dans l’immédiat toutes ces contraintes, il faut, vaille que vaille, un dispositif de veille citoyenne et promouvoir l’écocitoyenneté. Celle-ci étant un comportement quotidien amènerait, indubitablement, tous les acteurs à développer la croissance des plantes pour protéger l’environnement. Il s’avère aussi important, dans cette logique, de conscientiser continuellement les acteurs tout en leur expliquant la plus-value du reboisement.

Bâtir une coopération solide

A moyen terme, l’exécutif burkinabè pourrait introduire cette attitude dans le système éducatif et la formation des citoyens. Par ailleurs, le pays des Hommes intègres disposant d’un vaste potentiel pour le développement de l’environnement, il serait, aussi, avantageux, de construire une coopération solide, sur la base d’instruments efficaces, entre le secteur privé, les ONG et les organismes internationaux, dans cette dynamique. C’est dans ce sens que l’Etat doit chercher à renouer avec des expériences comme le reboisement par contrat développé, en 2012, par SOS Sahel International Burkina Faso, membre de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Ce, dans le but de reboiser de façon participative, responsable, utile et durable. En effet, présentée, le 7 septembre 2012 lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN sous le thème : «Stratégie du reboisement par contrat pour la séquestration du carbone et la sécurité alimentaire durable», cette expérience a produit, par la suite, des résultats escomptés. Selon une source de l’UICN/Programme Afrique centrale et occidentale (UICN/PACO), elle a permis d’obtenir des taux de survie moyens de 80% avec la participation de 1 280 producteurs ayant planté et entretenu plus de 166 000 plants d’espèces différentes en moins de dix ans. Au regard des fruits de cette stratégie de reboisement, mettre en place une véritable veille citoyenne efficace et efficiente, parmi tant d’autres méthodes, ne serait pas de trop pour planter utile et durable au Burkina Faso.

Boukary BONKOUNGOU
bbonkoungou@gmail.com

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