Politique de sécurité nationale : le référentiel dévoilé aux journalistes

Le Secrétariat général de la Défense nationale a organisé, le jeudi 6 août 2020, à Kaya, un atelier d’information des médias sur la politique de sécurité nationale.

L’une des recommandations du Forum national sur la sécurité (FNS), tenu du 24 au 26 octobre 2017, est de doter le Burkina Faso d’une Politique de sécurité nationale (PSN). Après deux semestres de travail en 2019, un comité scientifique, composé de 12 membres, a élaboré un référentiel. Ce document a été présenté au chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, en janvier 2020. Pour vulgariser le contenu de la PSN, le Secrétariat général de la Défense nationale a organisé un atelier d’information au profit des médias, le jeudi 6 août 2020, à Kaya. Deux communications ont marqué les travaux.

La première a porté sur « Les défis sécuritaires au Burkina Faso : état des lieux et perspectives ». Elle a été présentée par le spécialiste des questions de sécurité de développement, Laurent Kibora. Dans son exposé, il a souligné que le concept de sécurité renvoie à la sécurité humaine qui englobe les sécurités physique, alimentaire et nutritionnelle, éducative, sanitaire et étatique. Parlant de la sécurité physique, M. Kibora a noté que les attaques terroristes contre les Forces de défense et de sécurité (FDS) sont passées de 2 en 2015 à 77 en 2019. « Ces menaces et attaques terroristes ont occasionné un déplacement massif des populations avec pour corollaire l’abandon de leurs biens. Cela occasionne l’insécurité alimentaire d’où la malnutrition », a-t-il déploré.

Bonne gouvernance sécuritaire

A entendre Laurent Kibora, la cohésion sociale et le respect des droits humains au Burkina Faso s’effritent davantage entre les populations avec les affrontements intercommunautaires et les crises de chefferie traditionnelle. Sur les sécurités éducative et sanitaire, le communicateur a déclaré qu’au mois de juillet 2020, ce sont 2512 écoles qui ont été fermées, 921 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays et 289 centres de santé fermés ou qui fonctionnent à minima, privant ainsi plus de 1,5 million de personnes de soins adéquats. Pour relever ces défis, Laurent Kibora a suggéré, entre autres, le renforcement du renseignement, de la bonne gouvernance sécuritaire, alimentaire et politique, la surveillance des frontières, le développement d’une synergie d’actions avec les pays voisins, la bonne gestion des déplacés internes. Quant à la deuxième communication, consacrée à la PSN, elle a été exposée par le secrétaire général de la Défense nationale, le colonel-major Théodore Naba Palé.

Il a expliqué que l’élaboration dudit référentiel s’explique par la dégradation « inédite » de la situation sécuritaire, les aspirations des populations à la suite de l’insurrection populaire et la nouvelle orientation du terrorisme. Le colonel-major Palé a défini la PSN comme étant la formalisation de la conception qu’un Etat se fait sur les grandes orientations de sa sécurité nationale. « La PSN a pour vocation de servir de référentiel unique d’alignement stratégique et d’élaboration d’autres documents, tels que la Stratégie de sécurité nationale (SSN) et les Stratégies sectorielles et spécifiques (3S) », a-t-il poursuivi. La PSN comporte cinq grandes parties, a-t-il noté. Il s’agit des valeurs fondamentales et la vision du futur souhaité de la nation, des intérêts nationaux, de l’analyse du contexte stratégique international, régional et national, des menaces, risques et vulnérabilités de la sécurité nationale et, de la vision et des objectifs stratégiques de la sécurité nationale.

La vision de la PSN, a fait savoir l’officier supérieur, est de faire du Burkina Faso, à l’horizon 2050, une nation paisible, stable, unie et prospère, qui garantit une protection optimale de ses intérêts fondamentaux, assure la sécurité de ses institutions et promeut la sécurité humaine de ses citoyens. Aux dires de Théodore Naba Palé, l’élaboration de ce référentiel est structurée par un changement de paradigme stratégique décisif. Ce changement, a-t-il poursuivi, s’exerce sur l’adoption d’une approche holistique et sur la démarche métrologique participative et inclusive. A l’issue de la cérémonie d’ouverture des travaux, le gouverneur de la région du Centre-Nord, Casimir Séguéda, a félicité et encouragé le comité scientifique pour leurs efforts consentis.

Emil Abdoul Razak SEGDA
Segda9emil@gmail.com

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.