A quoi sert d’être un fan ?

Il y a des gens qui sont nés pour être des spectateurs dans la vie. Leur place est dans les tribunes des « applaudisseurs », loin de l’arène des acteurs. Ils font partie de la chorale des vivats et des vuvuzelas. Ils ne prennent jamais part à la course mais franchissent toujours la ligne d’arrivée sans fouler le pavé. Ce sont des tonneaux tapageurs qui roulent à moitié vides mais plus gonflés que les silencieuses citernes remplies. Ce sont des fans inconditionnels de telle discipline ou de telle autre, de telle équipe ou de telle star. Ils ne jurent que sur la tête de leur idole. Dans leur cagibi, trônent des posters géants de leur folie préférée. Ils s’habillent aux couleurs de leur passion ; ils peuvent tout dépenser et tout perdre pour leur icône. Ils peuvent perdre l’appétit pour un match nul et piquer leur crise préférée en cas de défaite. Il y en a même qui passent de vie à trépas face aux tirs au but qui butent le cœur. Et il y a ceux-là qui défendront le nom de leur idole, bec et ongles au point d’en venir aux mains. Les plus accrocs préfèrent se suicider plutôt que d’accepter le revers de trop. Selon le penseur, rien de grand ne se fait sans passion ; mais la passion qui manque de hauteur est un leurre qui rampe. A quoi cela sert-il vraiment d’être fan sans savoir jouer la plus petite portion de sa propre partition ? A quoi cela sert-il d’admirer Messi ou Ronaldo sans être soi-même capable de faire comme eux dans son service, dans la société ? Comment peut-on élever les autres au rang de demi-dieu sans être soi-même capable d’imiter leur prouesse ? Il y en a qui ont honte de se mirer avec fierté dans leur propre glace ! Oui, beaucoup de fans sont de piètres âmes en panne, conditionnées pour supporter sans rien apporter. Ils sont incapables de suer à la moindre tâche ou de s’égratigner pour atteindre le moindre but personnel. Mais ce sont les premiers à vociférer sur la mauvaise passe, sans être le bon mot de passe pour les autres. Dans leur propre vie, ils n’ont jamais su faire face à un défi, de surcroît remporter la moindre victoire. Ils ne peuvent pas exceller dans un domaine, parce qu’eux-mêmes peinent à se faire un nom dans le leur. Leur rendement au travail a la taille d’une souris. Mais ils ont la prétention de démolir la montagne de ceux qui gagnent. Comment peut-on avoir un idéal et passer son temps à aduler ou à convoiter les autres ? Pourtant, chacun de nous a de la ressource, mieux, du talent caché, mais ignoré. Tant pis pour celui qui se contente d‘admirer les exploits des autres en se complaisant dans l’inaction et la procrastination. Malheur à celui qui ne fait pas comme ou mieux que son idole ! Chacun de nous est né pour apporter de la valeur à ce monde et non pour valoriser ceux qui ont de la valeur à nos yeux. Il y a des gens qui pensent que le destin est un gâteau partagé d’avance. Pour ces ignares de l’existence, rien ne dépend d’eux ; c’est le ciel qui fait le partage et décide de qui gagne ou perd. C’est Dieu dans son infinie bonté qui fait tout pour chacun de nous. C’est ainsi qu’avec une grosse tête et des bras valides, ils se plaindront en se lamentant, pendant qu’en eux, gît de l’or. C’est ainsi que les bras croisés et dressé sur ses deux pieds, le lâche colosse désabusé regardera le quadruple amputé faire des merveilles avec ses « morceaux » de membres utiles. Bref, parfois à regarder certains, on a bien envie de leur dire de laisser leur place à la foudre de guerre qui gronde au loin. Parfois, on a envie d’éconduire certains loubards tocards jusqu’au banc de touche des couards afin qu’ils regardent comment on joue. C’est trop facile de penser que les autres sont faits pour jouer et gagner. C’est niais de croire plus aux autres qu’en soi-même et de voir aux autres la perfection qui brille déjà en nous. Eveille en toi l’insoupçonnable Ronaldo ou Messi qui sommeille et remplis ta part de merveilles autour de toi ! La vie est un combat qui se mène à un contre un. Il suffit de se mettre face au miroir pour réaliser qu’il n’y a qu’un seul adversaire à battre. Finalement, à quoi sert d’être un fan ?

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr

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