Barrage de Dawaka-Weotenga dans le Ganzourgou : Le chantier a repris

…le chantier avec des bulldozers en activité.

Le chantier de construction du barrage de Dawaka-Wéotenga dans la province du Ganzourgou, dont le démarrage a été retardé depuis plusieurs années à la suite des tractations, a démarré. Le médiateur de la crise, Pascal Ouédraogo, a fait le constat, le samedi 8 août 2020 sur le site.

Dans le cadre du Projet de mobilisation et de valorisation des eaux de surface dans le Plateau central (PMVEC), la construction de plusieurs barrages et de périmètres irrigués était prévue dans la région du Plateau central. Parmi les quatre barrages prévus dans le Ganzourgou, le plus important est celui de Dawaka-Weotenga avec une superficie du plan d’eau d’environ 200 hectares avec une capacité de stockage de 3 600 000 m3. Le conseil des ministres en sa séance du 10 octobre 2018 attribuait les marchés de construction de tous les barrages de la région à des entreprises.

C’est ainsi que ceux de Dawaka-Wéotenga et de Pougma ont été attribués au groupement d’entreprises ECR-BTP-Ingénierie/ TSR-GTI avec un délai d’exécution de 14 mois. Si les autres chantiers ont démarré à bonne date, celui de Dawaka-Wéotenga a accusé un grand retard du fait de l’opposition d’une partie de la population du village de Dawaka à la réalisation du barrage. Les autorités administratives (gouverneur, haut-commissaire, préfet), politiques (maire, députés, président du conseil régional…), coutumières se sont investies pour la résolution du problème, mais les difficultés persistaient.

Un fils de la province en la personne de Pascal Ouédraogo, consultant de son état et par ailleurs coordonnateur national de l’Association burkinabè pour la paix et le développement, s’est alors intéressé au dossier. Il est intervenu en tant que médiateur, car connaissant bien la localité pour y avoir séjourné de 1996 à 1999 et ayant des capacités dans la résolution des conflits communautaires.

« Quand j’ai vu qu’il y avait des difficultés pour la réalisation du barrage, je me suis lancé dans la médiation avec l’accord de la mairie, du ministère en charge de l’eau et de l’assainissement, de l’unité de coordination du projet, de la présidence du Faso et de l’Association pour le développement de la province du Ganzourgou (APDG) », a-t-il expliqué. A l’en croire, plusieurs raisons étaient avancées par les opposants à la réalisation du barrage. Il s’agit du nom du barrage, car au départ, le barrage s’appelait « Barrage de Wéotenga » alors qu’il est implanté à Dawaka.

Ils ont ensuite rejeté le choix du site arguant que le barrage, réalisé sur ce site engloutirait leur village. Ces opposants ont avancé que la digue naturelle qui a été retenue abritait un lieu sacré et que si elle était maintenue, ils auraient du mal à faire leurs rites. Toujours selon le médiateur, ils ont aussi posé un problème d’accès au village et des tombes qui se retrouveraient dans le lit d’implantation du barrage dont la destruction risquerait d’effacer une partie de leur histoire.

Le nom du barrage modifié

L’envoyé du Baloum Naaba (milieu) s’adressant à la population sur la crise.

L’intervention du médiateur auprès de toutes les parties prenantes a permis de modifier le nom du barrage en conseil des ministres, il s’appellera désormais, « barrage de Dawaka-Wéotenga ». Selon M. Ouédraogo, les discussions ont permis de comprendre à un certain moment que l’opposition à la réalisation du barrage était beaucoup plus liée à un problème de terre et de coutumes. C’est alors qu’en tant que médiateur, il s’est tourné vers le Baloum Naaba de Ouagadougou qui, selon lui, est le chef de la province du Ganzourgou désigné par le Moogho Naaba.

Une délégation comportant des représentants de la communauté de Dawaka s’est alors rendue chez le Baloum Naaba et celui-ci, au regard de l’importance de l’ouvrage pour la population a donné son accord pour sa réalisation. Pour le médiateur, la communauté de Dawaka a envoyé une seconde délégation chez le Baloum Naaba pour lui présenter ses excuses pour certains propos tenus lors des tractations et donner son quitus pour le démarrage des travaux. Elle a entrepris cette même démarche chez le président du Faso et chez le président de l’Association pour le développement du Ganzourgou.

C’est alors que l’entreprise chargée de la construction de l’ouvrage a pu démarrer les travaux en juin dernier. Le Baloum Naaba a, à son tour, envoyé une forte délégation, le dimanche 2 août 2020, à Dawaka pour sensibiliser la population au bien-fondé de cet ouvrage. Le jour de la visite du site, soit le 8 août, la partie inférieure de la digue longue de près de 900 m était presque terminée. Selon le chef de chantier, Brahima Traoré, une bonne partie de la tranchée de la digue a été réalisée sur une profondeur de 5 m et refermée conformément au cahier des charges.

Le contrôleur géotechnique du chantier, Jules Pakaye, a rassuré que la qualité des matériaux utilisés pour cet ouvrage répond aux normes. Selon le chef de chantier, il reste la partie supérieure de la digue et l’aménagement du lit du barrage. Mais compte tenu de la saison des pluies, le chantier va observer une pause et pour reprendre vers fin septembre pour la finalisation. Le médiateur a salué le Baloum Naaba et sa délégation pour le rôle qu’ils ont joué dans la résolution de cette crise. Il a aussi salué toutes les autorités régionales, provinciales et communales pour leur investissement, sans oublier le président de l’APDG Joseph Martin Kaboré, dont le soutien a permis l’avancée du dossier.

Moïse SAMANDOULGOU

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