Académie militaire Georges-Namoano 57 « résilients » au profit de dix armées africaines

L’Académie militaire Georges-Namoano a organisé à Pô, le samedi 22 août 2020, la sortie officielle de sa 19e promotion des élèves officiers d’active. Bâptisée « Résilience » par le président du Faso, chef suprême des armées, Roch Marc Christian Kaboré, la promotion est forte de 57 stagiaires dont 44 Burkinabè et 13 de 9 autres pays africains.

Comme à l’accoutumée, l’Académie militaire Georges-Namoano a respecté la tradition de sortie de promotion, symbole fort des communautés militaires et particulièrement des académies de formation, dans le pur respect du cérémonial militaire. En effet, en six tableaux, elle a organisé, le samedi 22 août 2020 à Pô, la sortie de la 19e promotion des élèves officiers d’active. Devant parents, amis, haute hiérarchie militaire et le chef de l’Etat, chef suprême des armées, la sortie de ces 57 stagiaires, dont un seul personnel féminin, major de sa promotion, s’est effectuée avec un symbolisme dans toute sa plénitude. Discours, baptême de la promotion, remise d’épaulettes, exécution du Grand salut (honneurs pour la première fois au chef de l’Etat), chant de la promotion, exécution de l’hymne national, transmission du flambeau à la 20e promotion, prestation de serment, défilé des troupes, feux d’artifice, rien n’a été fait au hasard. La promotion, baptisée « Résilience » par le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, en rapport avec la résilience du peuple burkinabè face au terrorisme qui l’assaille depuis cinq ans. Les stagiaires de la 19e promotion (100% d’admis avec une moyenne de 13/20) se sont dit aptes à être des officiers dignes défenseurs de la patrie. Pour le délégué de la promotion, Jean-De-Dieu Kafando, en deux ans de formation (débutée le 24 novembre 2018), les stagiaires ont acquis le savoir, le savoir-faire et le savoir-être, après avoir suivi avec succès, plusieurs enseignements sanctionnés par des contrôles, des rallyes et des stages de saut parachutiste, de secourisme et sécurité incendie, de directeur de mise en œuvre des engins explosifs improvisés, d’orienteur marqueur et baliseur, de commando, de natation, sauvetage au combat et de permis de conduire militaire notamment. « Nous avons appris le dépassement de soi, l’esprit de solidarité, de courage et de persévérance qui ont modulés les civils que nous étions, en des officiers dignes défenseurs de la patrie », a-t-il soutenu.

S’adapter aux défis du moment

Cette formation, a renchéri le commandant de l’Académie, le lieutenant-colonel Yves Didier Bamouni, s’est inscrite dans la vision de produire des officiers ayant des connaissances en phase avec les défis actuels. Cela s’est traduit, entre autres, par la relecture des curricula pour les rapprocher des réalités opérationnelles. « Une opération de sécurisation dans laquelle les stagiaires étaient les acteurs-clés a été organisée en juillet dernier dans la garnison de Pô. Au cours de cette opération, ils ont eu l’opportunité de constater la difficulté de commander sur un terrain difficile, dans un contexte de modicité de moyens et d’ubiquité de la menace », a-t-il témoigné.
Par ailleurs, le lieutenant-colonel Bamouni a aussi exprimé à sa hiérarchie, des besoins dont les plus pressants sont l’opérationnalisation de la digitalisation de la formation, la création d’un réseau des anciens de l’académie à travers l’Afrique et la réalisation d’infrastructures en vue du continuum des cycles du Prytanée militaire du Kadiogo (PMK) et l’AMGN. Quant aux impétrants, il les a exhortés à emboîter le pas de leurs devanciers qui continuent d’apporter leur contribution à la lutte contre le terrorisme « dans le respect des droits humains en combattant l’obscurantisme, l’intolérance, la stigmatisation et l’extrémisme violent, dans l’honneur, la dignité, l’amour de la patrie, le courage, le goût de l’effort et le sacrifice ».

Les projets du général Miningou

En vue de faire face à ce péril terroriste, a poursuivi le Chef d’état-major général des armées (CEMGA), le général de brigade, Moïse Miningou, que le commandement, la formation et les plans de carrière ont été adaptés à cette contrainte.
C’est ainsi qu’à la sortie de la 18e promotion, a-t-il dit, des jeunes sous-lieutenants ont été « immédiatement » déployés sur le champ de combat. « Je voudrais ici, vous dire qu’ils ont été largement à la hauteur de ce qui était attendu d’eux. … Ils s’y sont investis pleinement. Certains sont allés jusqu’au sacrifice suprême. En effet, deux d’entre eux ont payé le prix du sang », a-t-il rappelé. Dans ce contexte de menace terroriste, le CEMGA a dit savoir compter sur le sens de l’engagement des impétrants, leur rappelant que « c’est une erreur fatale d’entrée en guerre sans la volonté de gagner », en citant le général Douglas Macarthur.
Pour faire face au terrorisme qui tenaille le Burkina Faso depuis 2015, a expliqué le général Miningou, l’état-major général des armées a mis en place deux états-majors tactiques, l’un au Nord et l’autre à Est ; ce qui a permis un maillage plus adapté des unités déployés et un rehaussement du niveau de commandement.
La prise en charge des blessés et malades, a-t-il relevé, est de plus en plus adéquate et devrait encore s’améliorer avec la mise en place de la Caisse d’assurance maladie des armées (CAMA). Sur le plan de l’équipement, a-t-il noté, les dernières acquisitions ont permis d’améliorer la protection des hommes, et surtout d’accroître la mobilité des unités sur le terrain.
Au niveau de l’armée de l’air, le soutien aérien et l’appui aux unités engagées se perfectionne de jour en jour, a-t-il ajouté. En termes de perspectives et dans le cadre du concept Opération pour la sécurisation du territoire, Moïse Miningou a confié avoir instruit ses échelons inférieurs, d’œuvrer à autonomiser les groupements de forces, avec le déploiement d’unités organiques et aguerries. « C’est dans ce sens que ces jeunes sous-lieutenants, constitueront avec leurs petits frères de l’Ecole nationale des sous-officiers d’active (ENSOA) et du Groupement d’instruction des Forces armées (GIFA), les nouvelles compagnies d’infanterie commando qui viendront renforcer le dispositif actuel par la réoccupation des sites notamment abandonnés, ceci, avec l’ultime objectif de créer un environnement propice au retour de l’administration et des populations déplacées », a-t-il fait savoir.
Au terme de la cérémonie de sortie, le chef de l’Etat a offert un dîner aux invités, au cours duquel des prix spéciaux et les diplômes de jeunes officiers leur ont été remis. La promotion a pris comme parrain, l’ancien commandant en chef du haut commandement des Forces armées et ancien secrétaire général à la défense nationale, le colonel à la retraite Louis Joanny Yaméogo.

Jean-Marie TOE
Hamidou Koudougou OUENA
(AIB-Nahouri)

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Le chef de l’Etat félicite le major de la promotion, Mariam Koné

« Je voudrais féliciter le commandant de l’Académie militaire Georges-Namoano et l’ensemble de ses collaborateurs pour le travail de formation des cadres officiers fait dans cette école, d’envergure internationale. En attestent les participants d’autres pays qui viennent se former chez nous.
Je voudrais également féliciter le sous-lieutenant Mariam Koné qui est sortie major de cette promotion. Ce qui va permettre de convaincre les plus sceptiques, que les femmes peuvent être des officiers de bonne facture. Cet exemple est encourageant. C’est pourquoi, je souhaite que de plus en plus, des femmes puissent être recrutées dans notre armée pour occuper ces positions d’officier.
Je voudrais saluer en outre la réforme du continuum entre le PMK et l’Académie militaire Georges-Namoano qui nous impose la nécessité de construire les infrastructures de l’Académie, si nous voulons faire de ce continuum, une réalité.
En ce qui concerne le nom de la promotion, nous sommes dans une lutte contre le terrorisme. Dans ce combat, le peuple burkinabè fait preuve de résilience. Les objectifs de cette promotion et ceux de l’armée de façon générale, c’est d’abord reprendre les positions que nous avons libérées, de manière à permettre à l’administration et aux populations de regagner leur place. Deuxièmement, c’est travailler pour qu’il y ait une unité entre l’armée et le peuple burkinabè dans ce combat contre le terrorisme. C’est donc au regard de l’ensemble de ces préoccupations, que cette promotion a été baptisée « Résilience ».
Je profite de cette occasion pour saluer tous nos militaires qui sont au front et qui, quotidiennement, mènent la lutte contre le terrorisme. J’ai une pensée pour tous ceux qui sont tombés pour ce combat.
Longue vie à l’école et bon vent à ceux qui sont sortis afin qu’ils apportent leurs contributions, aussi bien dans les pays menacés par le terrorisme que dans leurs pays respectifs, au renforcement de leurs armées ».

Propos recueillis par JMT

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