Face aux inondations

Au Burkina Faso, chaque saison des pluies suscite les mêmes angoisses et récriminations, renvoyant à un jeu de cache-cache entre les autorités et les populations. Cette année, le maire de Ouagadougou, Armand Pierre Béouindé, a pris les devants en donnant huit consignes pour éviter tout désagrément à la suite des pluies diluviennes qui s’abattent sur la capitale et ailleurs dans le pays. Avant lui, la ministre en charge de l’action sociale, Laurence Ilboudo/ Marshall, avait pris son bâton de pèlerin, pour sensibiliser les personnes installées dans les zones à risque.

« Le Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR) n’interviendra pas dans les zones inondables dûment identifiées pour la gestion des mêmes situations…je vous invite à faire une large diffusion de l’information afin que les populations de ces zones prennent toutes les dispositions pour protéger leurs vies et leurs biens », avait-elle averti dans un communiqué.

Malheureusement, on reste sceptique quant au respect de ces mesures et de l’efficacité de la « méthode Marshall », tant depuis des lustres, le phénomène des inondations est récurrent. Celles du 1er septembre 2009 devraient être le baromètre pour éviter au maximum les désastres. Aux conseils des spécialistes appelant à éviter les sites dangereux, s’oppose la résistance des populations de plus en plus inciviques. Le « nous pas bouger » suivi du refrain « on n’a pas où aller », qui fait écho dans certains milieux, ne facilite pas la tâche aux gouvernants.

Pourtant le 1er septembre 2009 nous enseigne que le déguerpissement des boutiques qui obstruaient le passage de l’eau, aux alentours de l’hôpital Yalgado- Ouédraogo, a été une mesure efficace. Combien de Burkinabè sont installés dans les bas-fonds avec tous les risques encourus? Et si au manque de caniveaux, meilleur des prétextes, les citoyens opposaient l’entretien de ceux qui existent en refusant d’y jeter des ordures. Des citoyens ont compris et se sont engagés à ouvrir les voies d’accès sur leurs lieux de résidence. Il y a lieu de saluer ce patriotisme, mais, il faut à un moment donné prendre ses responsabilités et trouver une solution.

A force de laisser faire, l’Etat fait preuve d’une indolence dont les conséquences sont doublement portées par le contribuable. Dans tous les cas, les responsabilités seront toujours partagées entre l’exécutif qui tarde à bander souvent les muscles et les populations qui perçoivent cela comme une faiblesse. Celles-ci refusent d’entendre raison, vivant chaque année dans les mêmes situations dramatiques. Comme le dit l’adage, on ne peut pas faire des omelettes sans casser des œufs.

Si des mesures fortes doivent être prises pour préserver des vies, ce ne sera pas de trop. L’Etat, vers qui tout le monde se tourne, doit assumer ses responsabilités en recentrant ses efforts, comme nous l’écrivions précédemment sur la prévention et la planification conformément aux recommandations des Nations unies, pour ne pas avoir à faire face à des plans de riposte coûteux.

Par Mahamadi TIEGNA
mahamaditiegna@yahoo.fr

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