Promotion de la finance inclusive : un fonds de plus de 44 milliards F CFA opérationnel

Le Fonds national de la finance inclusive doté de plus de 44 milliards F CFA a été officiellement lancé, le jeudi 10 septembre 2020 à Ouagadougou, en présence du chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré.

Le Fonds national de la finance inclusive (FONAFI), né de la volonté du gouvernement burkinabè d’accompagner l’économie informelle en général et les groupes vulnérables en particulier, rentre dans sa phase opérationnelle. Lancé le jeudi 10 septembre 2020 à Ouagadougou, en présence du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, le fonds favorisera l’opérationnalisation du Projet de promotion de la finance inclusive pour l’accès des populations à faibles revenus aux services financiers au Burkina Faso (PPFIB). Le Directeur général (DG) du FONAFI, Wango Fidèle Yaméogo, a laissé entendre que le projet a un coût total de 44 372 000 000 francs CFA.

« En vue d’apporter des solutions à la problématique de l’exclusion financière et sociale, le gouvernement a adopté en 2019, une Stratégie nationale de la finance inclusive (SNFI) sur la période 2019-2023 pour servir de référentiel fédérateur des interventions de l’ensemble des acteurs du système financier. L’objectif du PPFIB qui s’inscrit en droite ligne avec la SNFI est de contribuer à l’amélioration des conditions socioéconomiques des populations à la base dans les différentes régions du Burkina », a fait savoir le DG du FONAFI. Pour lui, le fonds devra permettre de faire un bond qualitatif et quantitatif dans le processus d’accélération d’un développement plus inclusif et durable. Ainsi, a-t-il ajouté, il aura pour rôle de développer des mécanismes de financement favorables à l’inclusion financière en collaboration avec les prestataires des services financiers que sont les banques, les institutions de microfinance, les fonds nationaux de financement. Le DG du FONAFI a expliqué que son établissement interviendra à travers les lignes de crédit aux prestataires de services financiers, les fonds de facilitation pour l’accès des systèmes financiers décentralisés au refinancement bancaire et les fonds de garantie pour la sécurisation des opérations de crédits.

Un catalyseur de croissance

Pour ce qui est des groupes-cibles, il a mentionné les femmes en milieu rural et semi-urbain, les groupements d’agriculteurs, des éleveurs en embouche, des petits commerçants et micros et très petites entreprises ainsi que des fabricants et transformateurs des produits locaux.

Sur les critères de sélection de bénéficiaires, il a relevé la couverture géographique et des besoins de la population-cible, la qualité du système financier décentralisé postulant et sa viabilité ainsi que l’expérience dans le domaine du financement des activités génératrices de revenus. Le président de l’Association des professionnels des banques et établissements financiers du Burkina Faso, Martial Goeh-Akue, a fait remarquer que la plupart des populations n’ont pas accès aux services financiers de base, or l’inclusion financière est un catalyseur de croissance économique. C’est pourquoi, il a salué le lancement du FONAFI qui va toucher plus d’un million de bénéficiaires. « Notre mission étant de favoriser la croissance économique, nous sommes prêts à accompagner le fonds pour l’atteinte de ses objectifs », a rassuré M. Goeh-Akue. Pour le ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Lassané Kaboré, le faible taux d’accès des services financiers par les populations ne facilite pas la réalisation de la vision du gouvernement.

« Il est inconcevable qu’à ce jour, 39% de nos populations n’utilisent aucun des services financiers de base (un compte courant ou d’épargne, l’accès à un crédit productif et l’assurance). Cette situation est encore plus remarquée en milieu rural chez les femmes et les jeunes. Pourtant, leur accès est une condition pour stimuler notre croissance économique à travers la mobilisation de l’épargne pour l’investissement, le financement des secteurs productifs, la création d’emplois, … », a soutenu le ministre Kaboré. C’est pourquoi, a-t-il renchéri, le PPFIB vise à intégrer les populations à faibles revenus dans le circuit économique à travers la mise en place d’un mécanisme spécifique de financement.

Joseph HARO

 


« Il ne faut pas laisser des Burkinabè en dehors des services financiers », le Président du Faso, Roch Kaboré

« La bancarisation du Burkina Faso est encore faible, car nombre de nos concitoyens n’ont pas accès aux services bancaires. Il était important de réfléchir à une nouvelle structure, le FONAFI, qui va permettre d’apporter un appui aux jeunes, aux femmes, aux micro et petites entreprises qui n’ont pas la perspective d’aller à une banque pour demander des financements et développer leurs activités. Aussi, nous mettons un accent sur la transformation de nos produits locaux et dans ce domaine, les femmes sont actives mais n’ont pas les moyens de renforcer leurs capacités. Il ne faut pas laisser une partie des Burkinabè en dehors des services financiers. C’est pourquoi, le FONAFI doit mutualiser l’ensemble des moyens qui sont mis en œuvre pour aider les petites entreprises pour leur permettre de grandir, se consolider et renforcer le développement du Burkina. Nous remercions l’ensemble des partenaires qui ont contribué à la mise en œuvre de ce fonds, notamment la Banque ouest- africaine de développement (BOAD). Le FONAFI va concerner les 13 régions et permettre un accès plus facile aux services financiers. Il est aussi important que nous apprenions à chaque Burkinabè, l’intérêt d’aller vers un système adapté, sachant que les prêts seront remboursés pour permettre à d’autres de pouvoir en bénéficier ».

Propos recueillis par J.H

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