COVID-19 : la vigilance s’impose

La situation de la maladie à coronavirus au Burkina Faso n’est pas reluisante, si l’on se réfère au dernier bilan dressé par les autorités sanitaires en charge de la gestion de la pandémie, le mardi 15 septembre 2020. Le coordonnateur national de la riposte à la COVID-19, Dr Brice Bicaba, a relevé que sur les 467 échantillons analysés à la date du 15 septembre, 16 nouveaux cas de contamination ont été enregistrés dans les villes de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Houndé. Ce qui porte désormais à 536 cas actifs répartis dans 9 régions du pays. Le hic dans ces nouvelles statistiques est que la région des Hauts-Bassins a ravi la vedette à la région du Centre avec 315 cas actifs contre 200. Les autres cas restants sont repartis dans les régions de la Boucle du Mouhoun, du Sahel, des Cascades, du Centre-Sud, du Sud-Ouest, de l’Est et du Centre-Est. De l’avis des responsables en charge de la gestion de cette crise, le pic dans la cité de Sya serait parti des élèves de l’Ecole nationale d’administration et de la magistrature en formation militaire à Bobo-Dioulasso. Les chiffres indiquent 254 cas testés positifs sur un échantillon de 3513 élèves contrôlés soit un taux de positivité de 7,2%. Un taux qui dépasse largement celui annoncé le mois passé au niveau national, 6,1%. Pourtant, les autorités sanitaires soutiennent que ces énarques ont été dépistés un mois et deux jours avant leur départ sur la capitale économique. Que s’est-il alors passé pour qu’on en arrive à un pic aussi surprenant à Bobo ? Mystère et boule de gomme. Une chose est sûre est qu’il y a nécessairement faille quelque part. Le coordonnateur national de la riposte à la COVID-19 a indiqué que 189 élèves ont été testés positifs au même moment. Il fallait donc les confiner immédiatement. Cela a-t-il été fait à temps ? Telle est l’autre interrogation qui mérite une réponse adéquate. Certains énarques ne cachent pas leur mécontentement après qu’ils ont été déclarés positifs. Las d’attendre l’équipe de prise en charge, bon nombre d’entre eux ont dû regagner Ouagadougou à leurs propres frais. Constatant que ces élèves sont sortis sans un avis médical, les autorités vont tenter de rectifier le tir en les ordonnant d’appeler le 3535 pour leur localisation en vue d’une prise en charge. C’est ainsi qu’une liste de ces personnes sera publiée dans les réseaux sociaux. Au-delà de la psychose que cela peut causer au sein de la population, il n’est pas exclu que le taux de contamination au niveau communautaire ne prenne une tournure inquiétante avec cette bourde. Dans ce contexte actuel marqué par la rentrée scolaire et la réouverture des frontières aériennes, des dispositions strictes doivent être prises pour étouffer rapidement ces foyers de contamination en gestation. Une vigilance accrue doit être observée dans le strict respect des mesures-barrières pour éviter un rebond de la maladie. Cela y va de l’intérêt de tous.

Abdoulaye BALBONE

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.