COVID-19: la résilience du secteur minier africain

Le ministère des Mines et des Carrières du Burkina Faso a organisé une visioconférence sur l’impact de la COVID-19 sur le secteur minier africain, le jeudi 24 septembre 2020.

Une visioconférence sur l’impact du secteur minier africain. Telle est l’initiative du ministère des Mines et des Carrières du Burkina Faso pour pallier l’édition 2020 annulée de la Semaine des activités minières de l’Afrique de l’Ouest (SAMAO) du fait de la maladie à coronavirus. En lieu et place donc de l’ouverture de la SAMAO qui devrait avoir lieu, le jeudi 24 septembre 2020, le ministre Idani Oumarou a coanimé cette conférence internationale en ligne avec ses homologues du Sénégal, du Bénin, le Directeur général des mines du Tchad, le Directeur exécutif de la Chambre des mines du Burkina et la secrétaire générale adjointe de l’association des carriers du Burkina, sous la modération de la Directrice générale adjointe du Forum intergouvernemental sur les mines, Isabelle Ramdoo.
Selon le ministre Idani, le secteur des mines occupe une place non négligeable dans le développement socioéconomique du pays des Hommes intègres. Le secteur représente 71% des recettes d’exportation, contribue à 15% au budget de l’Etat et 11% au PIB, a-t-il souligné. A l’instar des autres pays africains, la pandémie de la COVID-19 a impacté de diverses manières l’activité minière au Burkina Faso, a-t-il fait savoir. Dans le sous-secteur de l’exploration, la crise sanitaire a entraîné un bouleversement, un ralentissement voire un arrêt des activités, a ajouté Oumarou Idani. Dans le domaine de l’exploitation, malgré les surcoûts de production liés à la pandémie, le secteur minier burkinabè est resté résilient, a-t-il soutenu. Mieux, la production nationale d’or a connu une légère hausse ; elle est passée de 25 tonnes au premier semestre de 2019 à 26,5 tonnes à la même période en 2020, a-t-il poursuivi. A en croire le ministre Idani, la production aurifère pourrait atteindre 53 à 55 tonnes en fin d’année si la dynamique se maintient.
Pour le Directeur exécutif de la CMB, Tousaint Bamouni, sur les 16 mines industrielles, six ont été des foyers de la COVID-19, avec au total 74 cas positifs, tous guéris aujourd’hui ! Les mesures prises par les compagnies minières et les autorisations de l’administration pendant la mise en quarantaine de certaines villes ont permis au secteur de parer aux effets néfastes de la crise sanitaire, a-t-il laisser entendre. Si le confinement du personnel a engendré un surcoût pour les mines, il a donné du souffle au secteur hôtelier qui était mis à mal avec la fermeture des frontières terrestres et aériennes, a précisé M. Bamouni.
Outre ses effets négatifs, la COVID-19 a également permis de mettre les travailleurs nationaux dans les mines à l’épreuve ; ils se sont organisés pour suppléer à l’absence des expatriés, s’est réjoui le Ministre en charge des mines. La crise a aussi permis d’augmenter la part de la consommation locale des compagnies minières, a-t-il poursuivi.
Au Sénégal, deux mines industrielles et le secteur artisanal et semi-mécanisé ont été particulièrement affectés par la maladie à coronavirus, qui a rendu difficile l’accès aux intrants, a laissé entendre la ministre sénégalaise des Mines et de la Géologie, Sophie Gladima. Sans être un pays minier, la COVID-19 a néanmoins ralenti les projets du Bénin et a entraîné la baisse de la production au niveau des carrières, a indiqué son ministre de l’Eau et des Mines, Seibou Adambi. Le Tchad a, quant à lui, subi une baisse drastique de ses recettes d’exportation liées à la production minière artisanale, a confié son Directeur général des mines, Emmanuel Djedouboum.
Pour les conférenciers, le combat contre la pandémie passe par le maintien des gestes-barrières.
A en croire les panélistes, la crise sanitaire a rappelé la nécessité de poursuivre l’encadrement du secteur artisanal et le développement du contenu local. Cela passe, selon le ministre Idani, par le renforcement des compétences locales, de la fourniture locale des services et biens miniers, l’implication du privé local dans l’exploitation minière et la transformation locale des produits miniers. En tout état de cause, les recettes minières doivent servir à financer des programmes de développement visant à améliorer les conditions de vie des populations, foi de Oumarou Idani.
Cette conférence, selon ses initiateurs, vise à permettre une mitigation des expériences africaines, à trouver des réponses aux enjeux liés au développement du secteur minier africain.

Mahamadi SEBOGO
Windmad76@gmail.com

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