Interruption sécurisée de grossesse au Burkina : 120 avortements thérapeutiques enregistrés en 2017

Le ministère de la Santé en collaboration, avec la Communauté d’action pour la promotion de la santé sexuelle et reproductive au Burkina Faso (CAPSSR), a commémoré, le lundi 28 septembre 2020 à Ouagadougou, la journée internationale de l’Interruption sécurisée de grossesse (ISG) sous le thème : « Interruption sécurisée de grossesse au Burkina Faso : Etat des lieux, défis et perspectives ».

Le Burkina Faso, à l’instar d’autres pays du monde, a commémoré, le lundi 28 septembre 2020 à Ouagadougou, la journée internationale de l’Interruption sécurisée de grossesse (ISG). Selon l’annuaire statistique 2017, 40 988 avortements ont été enregistrés, dont 38 925 spontanés, 1943 clandestins et 120 thérapeutiques. « Le nombre des avortements n’est pas exhaustif, en raison de la difficulté à dénombrer ceux qui n’ont pas été signalés, du fait de leur caractère clandestin », a signifié la directrice de la santé de la famille, Valérie Zombré. Elle a fait savoir que la rigidité des textes juridiques qui limite l’accès à l’ISG, en est la cause.

Ces chiffres, de l’avis de la directrice, sont interpellateurs, quant à la nécessité de redoubler d’efforts et de renforcer les acquis, pour un accès des populations à leurs droits sexuels. Mme Zombré a dit être consciente que la question des droits sexuels et reproductifs au Burkina Faso demeure un défi majeur, car elle a noté que face aux us et coutumes et au poids des religions sur l’interruption des grossesses, les actions restent vaines. Elle a rappelé que l’ISG au Burkina Faso est accessible sous certaines conditions légales tels le viol, l’inceste, une grave malformation fœtale ou encore, lorsqu’il y a un danger pour la santé de la femme enceinte. Malheureusement, ces dispositions ne sont pas maîtrisées par beaucoup d’acteurs et encore moins par les populations. « En plus, la lourdeur des procédures judiciaires et médicales associée aux valeurs de certains prestataires, constituent des barrières pour que les femmes et les filles bénéficient de ces dispositions juridiques, d’où le recours de bon nombre d’entre elles, à l’avortement clandestin », a-t-elle déploré. Au cours de cette journée, les acteurs vont faire l’état des lieux et dégager des perspectives de l’ISG au pays des Hommes intègres.

Ils vont également envisager une campagne digitale pour la domestication du protocole de Maputo. Le représentant de la Présidente du conseil d’administration (PCA) de la CAPSSR, Joseph Ido, a, pour sa part, souligné que les complications liées à l’interruption non sécurisée de grossesse, constituent la 4e cause de la mortalité maternelle au Burkina Faso. Et le but de leur structure, est de faire connaître les conditions d’accès à l’avortement aux populations, pour que celles qui ont droit, puissent en bénéficier. « La CAPSSR vise la construction d’une société dans laquelle les femmes et les hommes jouissent véritablement de leurs droits en matière de Santé sexuelle et reproductive (SSR) », a-t-il expliqué.

Afsétou SAWADOGO

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