Dépôt de dossiers pour la présidentielle 23 prétendants pour un fauteuil

Au dernier jour du dépôt des candidatures à la présidentielle de novembre prochain, le vendredi 2 octobre 2020, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a reçu les dossiers de 13 candidats, portant à 23 le nombre de prétendants enregistrés.

Le dernier jour de réception des dossiers de candidatures à l’élection présidentielle du 22 novembre prochain a été très chargé pour la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Dans l’après-midi du vendredi 2 octobre 2020, à 14 heures, c’est le président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), Zéphirin Diabré, qui a ouvert le bal, avec un impressionnant nombre de militants et une dizaine de chefs coutumiers. Le candidat de l’UPC a été reçu par la commission de réception des candidatures, pilotée par le président de la CENI, Ahmed Newton Barry. Après une quarantaine de minutes, celui-ci a brandi fièrement son récépissé de dépôt de dossier. « Zeph » a annoncé qu’il est l’homme de la situation, promettant placé son quinquennat présidentiel sous le signe de la refondation, s’il est élu au soir du scrutin. « J’ai reçu 178 parrainages à travers le pays », a-t-il dit. Expliquant aux journalistes sa double candidature aux législatives et à la présidentielle, le candidat Diabré a affirmé n’avoir aucune crainte pour son élection et qu’il s’agit purement et simplement d’une stratégie électorale. « Des années durant, j’ai toujours été élu député mais à chaque fois c’est mon suppléant qui siège à l’hémicycle », a déclaré M. Diabré. A sa suite, c’est le candidat indépendant, Abdoulnassira Sanfo et ses proches qui sont arrivés à la CENI. Après vérification de son dossier, la CENI lui a fait savoir qu’il est incomplet, faute de reçu de versement de la caution des 25 millions F CFA. Néanmoins, le candidat s’est dit convaincu de pouvoir apporter le changement au Burkina Faso. « Je veux apporter ma contribution à l’édification d’un Burkina Faso de paix », a-t-il fait savoir. Ayant recueilli 52 parrainages, le candidat Sanfo a affirmé que participer à ces élections est un grand honneur pour lui.

Les partisans de Zida deposent son dossier

C’est aux environs de 18h30, que les militants du Mouvement patriotique pour le salut (MPS) avec à leur tête le président du parti, Pr Augustin Loada, sont arrivés à la CENI pour déposer le dossier de Yacouba Isaac Zida, en exil au Canada. Après une trentaine de minutes de vérification, il est ressorti satisfait. Pour lui, le dossier de son candidat est complet. Le nombre de parrainage demandé, a-t-il dit, a été respecté. « Toutes les pièces exigées ont été présentées », a lancé le président de la CENI. Me Ambroise Ségui Farama, candidat de l’Organisation des  peuples africains-Burkina Faso (OPA-BF) est venu, également, acompagné de ses militants. Avec plus de 53 parrainnages recuillis, il a affirmé avoir fait du « zéro faute » dans la composition de son dossier. Il a appelé les Burkinabè dans les urnes à voter, promettant une gouvernance vertueuse et un développement endogène. « Le choix de la date du 2 octobre pour le dépot de mon dossier n’est pas un effet du hasard. C’est une date historique, qui renvoie au Discours d’orientation politique (DOP) prononcé par le capitaine Thomas Sankara », a-t-il conclu. Candidat indépendant, Lucien Bognini s’est aussi présenté au comité de vérification des dossiers de candidature de la CENI. Après vérification, le président Barry lui a remis son récépissé de réception de dossier. A la sortie, le candidat Bognini a précisé que dans son dossier il manque la caution de 25 millions F CFA et les parrainages. Pour lui, la caution et les parrainages sont « simplement un système mis en place par des partis politiques pour éliminer les autres ». Le candidat du parti Le Faso autrement, Ablassé Ouédraogo, a également déposé sa candidature dans la nuit du vendredi 2 octobre. « Ce sont des élections par défaut, parce qu’il n’y a pas d’engouement au sein de la population, qui a d’autres préoccupations majeures, notamment comment survivre au quotidien face aux défis qui se présentent au pays », a-t-il dit. Il a toutefois reconnu que ces scrutins seront ouverts et que chaque candidat a sa chance. Sur la caution de 25 millions F CFA que certains candidats n’ont pas versé, M. Ouédraogo s’est voulu clair : « nous sommes dans un pays organisé. Si on a des ambitions, il faut avoir les moyens ».

Trois femmes en lice

Monique Yéli Kam a été la première femme à déposer sa candidature à la présidentielle. Candidate du Mouvement pour la renaissance du Burkina (MRB), elle a expliqué que ce dépôt de candidature est déjà un succès. « Chers fils et filles du Burkina Faso, ce dépôt de candidature marque une première victoire pour notre parti », a-t-elle déclaré. Le MRB, a-t-elle signifié, s’est donné pour mission, faire renaitre le Burkina Faso de ses cendres. Justine Coulidiati est la seconde femme à prétendre au fauteuil présidentiel. Après vérification de son dossier, le reçu de paiement de la caution est la pièce manquante. Mme Coulidiati a promis de l’apporter dès cette semaine. Elle a obtenu 55 parrainages d’élus locaux et de députés. Après Justine Coulidiati, c’est le candidat de l’Alternative patriotique panafricaine/ Burkindi (APP/Burkindi), Adama Coulibaly, qui a été enregistré par la CENI. Il s’est fait représenté par le premier vice-président du parti, Issoufou Tao. « Le président de la CENI nous a signifié qu’il y avait une pièce manquante, le reçu de versement de la caution. Nous avons été au niveau du Trésor avec notre chèque qui est disponible mais pour des raisons techniques, il nous a été demandé de revenir le lundi 5 octobre », a fait savoir M.Tao pour qui le parti a obtenu 57 parrainages. Le plus jeune (29 ans) des prétendants à Kosyam, Silvère Wendpingda Salga ; est un indépendant. A la vérification des pièces constitutives de son dossier, la CENI lui a notifié qu’il n’a pas l’âge requis pour postuler. Il lui fallait au moins 35 ans, comme l’exige la législation pour pouvoir prendre part à la conquête de la magistrature suprême. « 35 ans, c’est de la vieillesse. Il faut se passer de ces paradigmes qui bloquent le développement. Ce n’est pas l’âge qui fait les exploits, mais ce sont les exploits qui font l’âge », a lancé M. Salga. Boukari Kaboré dit Le lion, président du Parti pour l’unité nationale et le développement (PUND) s’est aussi porté candidat. Dans son dossier, manquent les photocopies de la carte d’électeur et de la CNIB, mais aussi « quelques » parrainages. « J’ai eu une panne et j’ai changé de véhicule. C’est là que j’ai laissé le sac qui contient ces pièces dans le premier véhicule. Des parrainages également ne sont pas bons. Des autorités habilitées à faire la légalisation sont allées légaliser la photocopie de certains de nos parrainages. A Pourra également, le commissaire a dit qu’ils n’ont jamais vu de fiches de parrainage. J’ai préféré venir donner ça, comme ça, à la CENI », a expliqué M. Kaboré. Candidat du Mouvement des intellectuels pour le développement (MIDE), Harouna Kindo, a été l’avant-dernier prétendant à déposer sa candidature. « Nous sommes satisfaits d’avoir déposé un dossier complet. Mon programme est très vaste. Il faut que le Faso change mais avant, il faut que les Burkinabè changent », a-t-il déclaré. La dernière personne à faire acte de candidature est une femme. Korotimi Goretti, enseignante et candidate indépendante, a fourni un dossier sans caution ni parrainage. « Je suis satisfaite. Pour moi, le dossier est complet. C’est un processus. Nous avons conclu le dossier, mon équipe en pensant que la clôture, c’était le 3 octobre à minuit et j’ai dû récupérer les documents qui étaient prêts pour les apporter. C’est pour cela que je suis également venue seule », a-t-elle noté. Au terme du dépôt des candidatures, le président de la CENI, a remercié l’ensemble des acteurs qui ont contribué à la réussite de l’opération. Il a précisé que 23 candidatures dont trois femmes ont été reçues(voir la liste complète en encadré). Pour la suite des activités, la CENI a mis en place une commission de validation des dossiers de candidatures, comprenant les candidats ou leurs représentants. Ladite commission siégera, les 6 et 7 octobre 2020. Après cette validation, la CENI rendra publique la liste provisoire des potentiels candidats, qui sera immédiatement transmise au Conseil constitutionnel.

La Rédaction

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