Du respect, s’il vous plaît !

Ils sont vingt-trois à faire acte de candidature à la présidentielle du 22 novembre 2020. Parmi eux, le président sortant, Roch Marc Christian Kaboré, candidat à sa propre succession, le chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré, Tahirou Barry, Ablassé Ouédraogo et Boukari Kaboré dit le Lion. Face à ces habitués de la compétition, se dressent 18 autres prétendants, investis par des partis ou des indépendants qui ont en commun de se jeter pour la première fois à la conquête du fauteuil présidentiel. Il s’agit, entre autres, de Eddie Komboïgo, Kadré Désiré Ouédraogo, de l’ancien président de la Transition, Yacouba Isaac Zida et de trois candidates (Yéli Monique Kam, Justine Coulidiati, Korotimi Rachya J. M Goretti). Si le scrutin présidentiel de novembre 2015 a connu la participation de 13 candidats, celui de 2020 promet des empoignades de haut vol. En attendant que la commission de validation des dossiers de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et le Conseil constitutionnel tamisent la liste de candidatures, pour en tirer ceux qui remplissent les conditions pour prétendre à la magistrature suprême, les états-majors des partis ont déjà investi le terrain. La liste définitive sera connue avant l’ouverture de la campagne électorale, le 31 octobre 2020. Avant de revenir sur les forces en présence, il y a lieu de reconnaître que, jusque-là, le processus électoral est bien tenu et se déroule comme prévu par la CENI.
A part le spectacle auquel se sont livrés certains candidats, qui remettent en cause la caution de 25 millions F CFA et les parrainages jugés discriminatoires, tout semble sur les rails.
Cette attitude peut s’apparenter à une injure aux institutions républicaines, quand on sait que les conditions à remplir sont fixées par la loi.
Que veulent-ils, tous ceux qui, au nom d’une prétendue égalité prônée par la Constitution, rabaissent une fonction très noble par des arguments volant au ras des pâquerettes?
Si la démocratie donne la liberté d’aller et de venir, elle ne doit pas pour autant offrir l’occasion de prendre ses aises avec des questions importantes et les traiter avec légèreté. Il faut le dire, l’élection présidentielle n’est pas un vaudeville ouvert au tout venant. Au-delà des pédigrées ou des qualités intrinsèques, l’on ne saurait confier les clés d’une nation à un individu qui n’a pas l’étoffe pour gérer le pouvoir d’État.
Il faut que les Burkinabè fassent preuve de civisme même dans les débats si on veut donner une chance à la démocratie de s’enraciner. Les élections se profilant à grands pas, le temps n’est plus aux débats d’arrière-garde. Concentrons-nous sur les projets de société des candidats pour les juger et « verrouillons » mieux le système pour éviter les plaisantins. Le jeu démocratique est trop sérieux pour que des « flibustiers » se permettent de le prendre en otage. Le plus important, c’est qu’au soir du 22 novembre, le Faso ait des dirigeants à même d’approfondir nos acquis démocratiques et économiques.

Par Mahamadi TIEGNA
mahamaditiegna@yahoo.fr

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