Métier de relieur : Des professionnels s’organisent

Les acteurs impliqués dans le métier de reliure entendent s’engager à la formalisation de la filière.

L’Association des relieurs du Burkina Faso a organisé, sous le parrainage des Editions Sidwaya, une rencontre, le samedi 3 octobre 2020 à Ouagadougou, pour une promotion du métier de relieurs et la structuration des acteurs de la reliure.

La promotion du métier de relieurs par la structuration des acteurs du domaine est favorable à une industrie du livre dans tout pays. Pour ce faire, des agent- relieurs de l’imprimerie des Editions Sidwaya, Boureima Sawadogo, Daniel Nankouli, tous admis à la retraite, ont décidé de mettre en place un organe dirigeant en vue de se formaliser. La cérémonie d’ouverture a eu lieu, le samedi 3 octobre 2020 à Ouagadougou, sous le parrainage du directeur général des Editions Sidwaya, Mahamadi Tiégna.

Le chef de service du dépôt légal de la Bibliothèque nationale qui a représenté le ministre en charge de la culture et le directeur général du livre et de la lecture publique, Moussa Traoré a apprécié cette volonté de combler ce vide. A l’entendre, dans le domaine du livre, son département reçoit de façon quotidienne des livres de qualité qui laissent à désirer. Et d’ajouter que cela va permettre d’améliorer l’industrie du livre. « Le livre au Burkina Faso rencontre des difficultés. Maintenant, s’il y existe une association pour sa valorisation, nous ne pouvons que l’accompagner », a confié Moussa Traoré.

Le président du GRAL, Désiré Laurent Yanogo, a invité les relieurs et les imprimeurs à travailler en synergie.

Le président du comité d’organisation, Boureima Sawadogo, a indiqué que l’idée de structurer le domaine est partie du constat que des Burkinabè disposent de livres abîmés dont ils ne savent comment faire pour les restaurer. Tout cela, a-t-il poursuivi, justifie la création d’une telle association afin de pallier ce déficit dans la restauration. « Prendre un vieux livre pour en faire du neuf, c’est cela notre travail », fait savoir M. Sawadogo. Le président du Groupe de réseaux pour les acteurs du livre (GRAL), Désiré Laurent Yanogo, s’est réjoui de cette rencontre qui présage une ère de développement d’un maillon important de la chaîne du livre qu’est la reliure.

L’activité de reliure, a-t-il dit, est perçue dans nos pays en voie de développement, comme l’acte de finition de la production du livre. Il a souhaité une symbiose de complémentarité qui pourrait s’installer entre imprimeurs et relieurs par le biais de la sous-traitance. Au nom du GRAL, M. Yanogo a invité tout un chacun à ne pas perdre de vue cette fonction de la reliure qui donne une seconde vie au livre. Le parrain de la cérémonie, Mahamadi Tiégna, a dit que la reliure est comparable à la finition d’une maison. Pour lui, la reliure du livre constitue le dernier maillon qui entre dans la fabrication d’un livre. « Lorsque c’est mal relié, vous vous retrouvez avec un livre qui se détache de jour en jour. La reliure, c’est aussi la restauration qui est une étape essentielle pour donner une seconde vie au livre », a-t-il laissé entendre.

Le DG des Editions Sidwaya, Mahamadi Tiégna, a réitéré sa disponibilité à soutenir les acteurs dans leur détermination à restaurer les livres.

La raison de l’adhésion à cette initiative, a-t-il précisé, consiste à structurer cette partie de la chaîne du livre. Le premier responsable de la
« maison commune » a déclaré que l’institution d’une telle association vient à point nommé pour renforcer le partenariat. Car, ce travail de reliure et de restauration des livres permet de les garder et les exploiter assez longtemps. Pour Mahamadi Tiégna, cela permettra d’avoir des mécanismes de prise en charge du travail à tout autre organisme qui produit de la documentation en vue de leur conservation.

« L’administration publique en général ne dispose pas d’archives numérisées, mais les Editions Sidwaya a eu la chance avec l’appui des Chinois, de numériser les leurs. C’est aujourd’hui, une structure publique qui a un fonds documentaire », a-t-il évoqué. Le travail de structuration du domaine de la reliure a reçu le soutien des Editions Sidwaya, de l’université de Ouagadougou et de la direction du livre du ministère de la Culture.

Achille ZIGANI
(Collaborateur)

 

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