Obsèques du général Ali Traoré : hommage à un aviateur hors pair

Un hommage militaire a été rendu au général de division aérienne, Ali Traoré, le mardi 6 octobre 2020 à la place de la Nation à Ouagadougou. Le cérémonial s’est déroulé en présence du Président du Faso, chef suprême des armées, Roch Marc Christian Kaboré.

Au lieu de le pleurer, les Forces armées nationales (FAN), convaincues que « les morts ne sont pas morts », ont préféré rendre hommage et se souvenir de la grandeur du général de division aérienne, Ali Traoré, décédé dans la nuit du 27 au 28 septembre 2020. Avant le début du cérémonial militaire empreint d’émotions, hier mardi 6 octobre, à la place de la Nation de Ouagadougou, la dépouille du général a été transmis à ses promotionnaires par ses filleuls de l’Académie militaire Georges-Namoano de Pô. Il a ensuite, été élevé au rang de Dignité de Grand officier de l’Ordre de l’Etalon, à titre posthume par le ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Moumina Chériff Sy. Quant aux hommages proprement dits, le représentant de ses promotionnaires, l’adjudant-chef major, Sibiri Sébastien Compaoré, a dit retenir du « Matricule 164, Cogito », un homme de parole, honnête et fidèle, avec un sens élevé du devoir.

Représentant les aviateurs, le Gal de brigade aérienne de 2e section, Brice Bayala, a fait savoir que la nouvelle du décès de celui qui aura été le premier aviateur élevé au grade de général l’a traversée comme une décharge électrique. « Je vous savais affaibli par la maladie. Mais j’avais aussi espoir de votre retour parmi nous, guéri pour que nous puissions bénéficier, de longues années encore, de votre expérience de la vie et du commandement militaire », a-t-il lancé au défunt. Ayant évolué aux côtés du Gal Traoré durant 40 ans, M. Bayala se rappelle un meneur d’hommes, dont le commandement était caractérisé par la sérénité, le sens de l’écoute et du devoir, l’humanisme, le pragmatisme et la loyauté. « Dans la période de la Révolution démocratique et populaire en 1983 et 1984, vous avez fait preuve de leadership exceptionnel pour conduire le personnel de la Base aérienne révolutionnaire et faire taire les sentiments et les velléités des camarades révolutionnaires, face à d’autres qui étaient vus comme des réactionnaires », a-t-il soutenu.

Un officier de grande valeur

Toutes responsabilités confondues, le Gal Traoré est resté à la tête de l’armée de l’air, 16 ans durant (1983-1999). Pour le Gal Bayala, il a fait de cette armée, un instrument fiable de la politique de défense du Burkina Faso. Avec la plus grande longévité (neuf ans) au poste de Chef d’état-major général des armées (CEMGA), il aura mérité la confiance des plus hautes autorités du pays, avec une « satisfaction totale » du travail accompli, foi de son cadet, Gal Bayala. Dans leur adresse d’« au revoir », les trois enfants du défunt disent retenir de lui une belle personne, un père, un professeur, un guide, un ami et un modèle, toujours positif et débordant d’optimisme. Le représentant de la famille a exprimé sa gratitude à toutes les bonnes volontés, qui ont soutenu la famille le long de sa maladie et depuis son décès. Après un défilé militaire qui a mis fin à l’hommage, le corps du Gal Traoré a été conduit à la Grande mosquée de Ouagadougou, pour une prière avant d’être inhumé au cimetière militaire de Gounghin.

A la veille de la cérémonie d’hommage auquel il a assisté, le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, chef suprême des armées, s’est incliné sur la dépouille du Gal Ali Traoré. « Nous avons perdu un officier de grande valeur, qui a fait preuve dans son activité militaire, de rigueur, d’intégrité et qui a apporté également une pierre à la construction de l’armée nationale. La nation lui est reconnaissante de cette contribution », a indiqué le chef de l’Etat.

Jean-Marie TOE

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