Résilience des populations de Djibo

Les responsables de l’Association SOS santé et développement (ASD) Paalga ont lancé, le samedi 17 octobre 2020 à Djibo, région du Sahel, un projet dénommé : « Autonomisation socio-économique des jeunes et des femmes par la création d’emplois productifs à travers les plateaux techniques de formation dans les métiers de la charcuterie, de la production d’aliments à bétail et du lait dans un contexte d’insécurité transfrontalière et de Personnes déplacées internes (PDI) au Sahel ».

L’insécurité qui règne dans la province du Soum expose les populations à la précarité. Fort heureusement, les initiatives visant à renforcer leurs capacités de résilience ne manquent pas. C’est dans ce sens que les responsables de l’Association SOS santé et développement Paalga (ASD Paalga), ont lancé, le samedi 17 octobre 2020 à Djibo, chef-lieu de la province du Soum, un projet d’autonomisation des jeunes, des femmes et des Personnes déplacées internes(PDI), par la création d’emplois. Pour le président du conseil d’administration de l’ASD Paalga, Emmanuel Rouamba, le choix de Djibo est parti du constat que la région du Sahel, notamment la province du Soum, regorge d’énormes potentialités insuffisamment exploitées et offre des opportunités en matière de création d’emplois dans le domaine de l’élevage. De ce point de vue, l’ASD Paalga, selon ses dires, ne pouvait pas rester insensible face aux souffrances des populations. Raison pour laquelle elle s’est engagée à apporter des réponses appropriées à cette situation, naturellement après avoir identifié, au préalable, les besoins des populations. A en croire Emmanuel Rouamba, cet ambitieux projet a pour objectif global de contribuer à renforcer les capacités de résilience des PDI, des jeunes et des femmes de la province du Soum. Il vise également à renforcer l’employabilité de 170 personnes déplacées internes dont 100 femmes, de 130 jeunes à travers la formation aux métiers de transformation de lait, de charcuterie et de la production d’aliments pour bétail dans la commune de Djibo. A cela, s’ajoute l’appui à ces différents bénéficiaires, à la promotion d’emplois productifs. Le projet ambitionne enfin renforcer les capacités opérationnelles des PDI, des jeunes et des femmes à la création et à la gestion d’au moins 100 microentreprises. Pour atteindre les résultats escomptés, 12 activités portant sur des thématiques diverses, ont été organisées autour de la stratégie : «  Plateaux techniques de formation ». Le challenge est de taille, a reconnu M. Rouamba, mais la détermination reste aussi totale. A son avis, avec l’appui de la commune de Djibo, des leaders coutumiers et religieux, des services techniques et des partenaires, il ne doute pas que les résultats seront au-delà des attentes à l’heure de l’évaluation finale malgré le contexte d’insécurité qui met à rude épreuve le vivre-ensemble. M. Rouamba estime, en outre, qu’il est temps d’apprendre aux personnes déplacées internes à se départir des aides. « Nous n’avons pas de poisson à donner, mais nous voulons apprendre à pêcher pour que les PDI sortent totalement de la dépendance de l’aide et puissent réellement s’autonomiser », a-t-il soutenu. Dans la même dynamique, l’Emir de Djibo a exhorté les bénéficiaires des différentes offres de formation à se mettre au sérieux. Le maire de Djibo, Dicko Issa Idrissa, représenté par le préfet de Djibo, s’est félicité du choix de sa commune en vue de mener ces activités de développement. « Je suis heureux d’être témoin d’une manifestation ciblant le bien-être des jeunes, des femmes et des Personnes déplacées internes face aux problèmes qui les accablent, notamment le chômage, le manque de qualification, la pauvreté, les grossesses précoces et les différents types de drogues », s’est-il réjoui. Selon lui, l’exécution de ce projet contribuera, sans conteste, à résorber les maux qui minent l’épanouissement de la population de Djibo. D’après lui, la menace terroriste est préoccupante dans la province et s’exprime sous plusieurs formes à travers le repli des jeunes sur eux-mêmes, la perte de confiance, l’anxiété, la radicalisation, les violences et les comportements à risques qui les exposent aux dérives de toutes sortes. Il a apprécié la démarche salutaire des responsables de cette association et les a encouragés à aller de l’avant. Le représentant du maire a toutefois invité les uns et les autres à se mobiliser pour assurer un franc succès au projet. En fait, l’ASD Paalga a été retenu par les partenaires à la suite d’un appel à projet couvrant les régions de la « Boucle du Mouhoun, du Nord et du Sahel, territoires créateurs d’emplois ». L’action est soutenue par plusieurs partenaires dont l’Union européenne (UE) pour un montant total de 130 762 502 FCFA avec la contribution financière d’ASD Paalga et Afrique Positive d’un montant de 6 903 908 FCFA. L’Association SOS santé et développement Paalga a été créée en 1991. Sa mission principale est « d’œuvrer à la construction d’une société où femmes et hommes disposent d’un minimum de bien-être et partagent le peu qu’ils ont ».

Synthèse de Ouamtinga Michel ILBOUDO
Omichel20@gmail.com

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