Voter utile !

La campagne électorale en vue du scrutin couplé présidentielle/ législatives du 22 novembre 2020 bat son plein au Burkina Faso. Les hommes politiques ont investi les villes et campagnes du pays, usant de tous de subterfuges pour s’attirer la sympathie des électeurs. Affiches, meetings, assemblées générales, campagne de proximité, tous les moyens sont bons pour vendre son programme. Si le président-candidat et les candidats de son parti à la députation ont un bilan à défendre, en plus d’un programme quinquennal à vendre, les autres candidats à la présidentielle et aux législatives se contentent de leur projet de société pour convaincre.
Dans le principe, le choix d’un président ou d’un conseiller municipal devait se faire sur la base de son projet de société. Sauf que sous nos cieux, une donne et pas des moindres, occupe une place importante dans les stratégies électorales, pesant lourdement dans la balance du choix des candidats. Il s’agit de la corruption électorale. En effet, le programme d’un candidat a beau être cohérent, réaliste et réalisable, les Burkinabè attendent de lui, qu’il leur distribue des T-Shirts, des gadgets, des pagnes et surtout de l’argent. Si fait qu’un candidat part généralement battu d’avance s’il n’a pas les moyens financiers pour battre sa campagne, se contentant du « gros français ». Dans les faits, les hommes politiques de ces dernières décennies ont pris la mauvaise habitude de soudoyer les électeurs pour se donner les chances d’être élus. Pouvait-il en être autrement ? A l’évidence, non ! Parce que sous nos cieux, le terme politicien est synonyme de démagogue, de beau flatteur. Habituées à des promesses électorales, les populations sont aussitôt oubliées, une fois la ferveur des élections tombées. C’est cinq ans plus tard que les hommes politiques reviennent sur leurs pas pour les courtiser avec encore et toujours les mêmes promesses. Le Burkinabè a donc vite compris qu’il vaut mieux se remplir la panse tout de suite, que de devoir vainement attendre les promesses d’amélioration de ses conditions de vie. Les politiciens sont donc pris à leur propre piège, parce que les citoyens
les connaissent suffisamment désormais.
Qu’à cela ne tienne, l’électeur peut se permettre de prendre la liquidité du candidat, mais le choix dans les urnes se faisant en toute âme et conscience, il importe qu’il lise entre les lignes de chaque projet de société avant de voter. D’où la nécessité pour les candidats et les médias, de traduire dans toutes les langues, les offres politiques afin que les populations puissent comprendre les tenants et aboutissants. Au lieu de se décourager et de bouder les urnes, les citoyens doivent plutôt considérer l’élection comme l’un des principaux moyens de décider de leur avenir et par conséquent, de celui de leur pays. Voter un candidat, c’est lui confier son destin et s’abstenir de le faire, c’est donner l’opportunité aux autres de décider à sa place.
Il vaut donc mieux voter, mais surtout voter utile pour soi et pour sa nation. Le vote est une sanction des tenants du pouvoir (leur bilan) et aussi de l’offre politique de chaque candidat. On n’a pas besoin de se faire corrompre pour voter un candidat. Il suffit de voter le bon candidat qui travaillera au cours de son mandat à faire des réalisations concrètes dans tous les secteurs de la vie socioéconomique et par conséquent, le développement du pays.

Jean-Marie TOE

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