Libye : Une occasion à ne pas rater

Les libyens sont en conclave depuis le lundi dernier à Tunis pour tenter de sortir du bourbier dans lequel leur pays est plongé depuis 2011, après la chute de Muhammar Khadafi. Les 75 délégués désignés par les Nations unies ont donc la lourde tâche pour s’accorder sur une feuille de route qui va baliser le terrain d’un retour à la paix. Au regard de la complexité de la crise, compte tenu des intérêts divergents des parties belligérantes et ceux des puissances extérieures qui tirent par moment sur les ficelles, l’on se demande si ce dialogue politique de Tunis sera enfin la solution.

L’accord de Skhirat (une ville marocaine) signé en décembre 2015, pour mettre fin au conflit en Libye n’a pas produit les effets escomptés. Le gouvernement libyen d’entente, mis en place et reconnu par la communauté internationale en tant que seul représentant légitime, a été désavoué par le général à la retraite, Khalifa Haftar qui s’est autoproclamé unique chef en Libye. Depuis lors, les parties opposées se livrent des batailles sans merci pour la conquête du leadership. Les tentatives de médiation, comme celle du président tunisien, Kaïs Saïed, à travers la déclaration de Tunis en décembre 2019, est une opportunité. Les libyens n’ont donc pas droit à l’erreur.

Ils doivent saisir cette perche pour mettre sur pied un gouvernement unique, chargé de préparer les élections prévues d’ici à 18 mois. Les critères de choix des délégués, opérés sur des bases géographiques, ethniques et idéologiques semblent être acceptés par tous. Ces délégués ont la charge de vérifier le travail du conseil présidentiel qu’ils auront à mettre en place durant la semaine de concertation. En cas de non reconnaissance de ce futur exécutif par les différentes institutions en place actuellement, ce sont ces représentants qui auront la charge de trouver une solution avec l’aide de la mission de l’ONU en Libye. Ces « sages » devront aussi s’assurer que le nouveau pouvoir organise démocratiquement les élections présidentielle et législatives dans les 18 mois et qu’il lance un processus national de réconciliation.

Parviendront-ils à supporter ce lourd fardeau ? Ils n’ont pas droit à l’erreur au risque de voir leur pays s’enfoncer davantage dans le gouffre. La feuille de route qui sortira de cette rencontre devrait avoir l’adhésion des populations et surtout des belligérants. Les délégués au forum et encore moins les membres du futur gouvernement ne doivent pas être les seconds couteaux des forces opposées au risque d’hypothéquer les chances d’un retour à la paix. Tous les Libyens doivent regarder dans la même direction : taire les armes et procéder à la réunification du territoire. C’est à ce prix qu’ils pourront mettre leur pays sur les rails du développement.

Abdoulaye BALBONE

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