Filière tomate : un statut pour plus de compétitivité du secteur

Les acteurs de la filière tomate se sont retrouvés, le mardi 10 novembre 2020 à Koudougou, pour l’adoption d’un nouveau statut à travers une assemblée générale constitutive. Pour l’occasion, un conseil d’administration et un comité de contrôle ont été mis en place.

Les acteurs de tous les maillons de la tomate ont mis en place, le mardi 10 novembre 2020 à Koudougou, deux organes chargés de la destinée de la filière qui, jusque-là, peine à se faire une place parmi tant d’autres. Il s’est agi du conseil d’administration composé de 12 membres et du comité de contrôle fort de trois membres, avec à leur tête, Samuel Bouda. Pour le principe de la parité, il est recommandé à chaque profession, d’avoir quatre représentants au sein du conseil d’administration et un représentant par maillon au niveau du comité de contrôle. Avant la mise en place du bureau, les acteurs ont eu droit à une formation au contenu de la loi 050-2012, relative aux organisations interprofessionnelles, pour qu’elle soit bien connue et maîtrisée. Cette formation leur a permis, selon le directeur de l’organisation des producteurs et de l’appui aux institutions rurales, Christophe Kiemtoré, de comprendre les missions, le mode de fonctionnement et les règlements intérieurs de l’interprofession.

« Il y a toujours un travail de fond à faire, afin que les organisations membres de l’interprofession soient les plus représentatives », a-t-il dit. Les deux organes de l’interprofession de la filière tomate prennent désormais le nom de ‘’Inter-tomate’’. Son nouveau président, élu pour cinq ans, Samuel Bouda, a noté que du maillon production, il est né ceux de la transformation et de la commercialisation. « Ce qui nous a permis de mettre en place, l’interprofession, car depuis près de 30 ans, notre structure est désorganisée et nous rencontrons de sérieuses difficultés dans ce secteur, à savoir l’acquisition des semences de qualité et l’absence de cartographie qui ne nous permet pas d’identifier nos zones de production », a-t-il confié. A cela, s’ajoutent les difficultés d’échelonnage dans les différentes retenues d’eau, qui sont souvent légion dans la mévente du produit, sans oublier les tracasseries routières.

Un secteur délaissé

Le secrétaire général de l’Inter-tomate, Harouna Ilboudo, a révélé qu’un camion qui vient de l’extérieur pour le transport de la tomate peut payer en moyenne 300 à 400 mille F CFA. « Nous avons été obligés de recruter l’année dernière un cabinet. Le problème du prêt se pose également et il faut que nous arrivions à trouver un mécanisme», a-t-il déploré.
Le secrétaire général a signifié que la transformation de la tomate reste pour le moment embryonnaire. L’usine de Loumbila, censée enlever l’épine du pied des transformateurs, à l’entendre, est toujours à la traîne. Pour lui, la filière engrange des revenus importants pour le monde paysan, mais elle est malheureusement délaissée par l’Etat. Il a souhaité qu’avec la nouvelle structuration, que leur ministère de tutelle leur vienne en aide, avec des mini-industries, en vue d’encourager les acteurs.

« Nous avons un mandat de début et nous devons aller d’abord dans la structuration. Toute chose qui pourra nous aider à relever les défis », a-t-il soutenu. Le directeur de l’organisation des producteurs et de l’appui aux institutions rurales, Christophe Kiemtoré a souligné que le ministère en charge de l’agriculture s’attache à promouvoir une interprofession dans chaque filière prometteuse. Il a dit donc attendre du nouveau bureau élu, un élargissement à la base des maillons par les acteurs, car pour lui, une interprofession est une organisation nationale. « Chaque maillon doit représenter au moins 50% des acteurs. Nous sommes et demeurons un appui-conseil pour eux et nous allons les accompagner pour qu’au bout des cinq ans, nous puissions avoir une organisation exemplaire », a-t-il conclu.

Afsétou SAWADOGO

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