Consolider les acquis démocratiques

Hier dimanche 22 novembre 2020, 6,5 millions d’électeurs étaient aux urnes pour élire le futur président du Faso et les députés à l’Assemblée nationale.
Les Burkinabè, selon les premières tendances de la participation, sont sortis nombreux, pour accomplir leur devoir civique et donner quitus à de nouveaux mandataires pour conduire la destinée du pays pendant cinq ans avec, dans leur for intérieur, le désir de voir celui-ci émerger enfin au rang des Etats qui comptent sur l’échiquier politique régional et mondial.

Malgré les difficultés organisationnelles induites par le contexte sécuritaire (acheminement par voie aérienne du matériel électoral dans certaines localités, suppression annoncée de 1300 bureaux de vote), celles du jour du scrutin (acheminement tardif du matériel électoral parfois incomplet dans certaines localités…) et en attendant les résultats provisoires, le peuple résilient remporte deux victoires. Il évite, à notre processus démocratique, les incertitudes constitutionnelles et institutionnelles d’un report des échéances.

Il marque également un pas historique en consacrant le vote de la diaspora, une autre obligation constitutionnelle que les Burkinabè de l’étranger ont toujours perçue comme un certain parachèvement de leur appartenance à la mère patrie et qui s’apparentait à un horizon inatteignable. Il reste encore une question subsidiaire à nos futurs mandataires.

Quelles offres politiques pour la diaspora avec des partis politiques dont certains sont encore muets sur le sujet dans leurs projets politiques ? Au moment où nous tracions ces lignes, lesdits mandataires n’étaient pas encore connus, mais ce désir enfoui du peuple souverain ne peut se réaliser que si ceux-ci prenaient à cœur les chantiers qui nous paraissent les plus prégnants, au regard du contexte sociopolitique et économique actuel.

La crise sécuritaire est prioritaire, la réconciliation nationale et la relance de l’économie apparaissant au second rang des préoccupations fondamentales du peuple souverain. Ces préoccupations sont revenues, presque dans le même ordre dans les projets de société de l’ensemble des prétendants à la magistrature suprême ainsi que des candidats à la députation.

A l’image du président- candidat, Roch Marc Christian Kaboré qui propose à ses compatriotes un nouveau “contrat de confiance “ décliné en 10 chantiers, dont la mise en œuvre doit permettre de bâtir « une société de paix, unie autour d’un même idéal de développement partagé, suffisamment forte pour garantir l’avenir et suffisamment libre pour épanouir l’initiative ».

Tirant leçon de son premier mandat, le chef de l’Etat sortant érige la sécurité, première des libertés et socle du développement, en pierre angulaire de son programme 2021-2025, sur laquelle devrait se dresser l’édifice de la réconciliation, de la consolidation de la paix et de la cohésion sociale entre les Burkinabè, “ingrédients” indispensables pour réaliser cette quête.

Dans cet ordre d’idées, se pose d’ores et déjà, la nécessité pour tous les candidats de respecter le verdict des urnes quel qu’il soit, si tant est que les mécanismes mis en place pour gérer les élections laissent peu ou pas du tout de place aux possibilités de fraudes. Nonobstant les garde-fous du Code de bonne conduite auquel les partis ont librement adhéré, les dernières heures de campagne, émaillées par des déclarations de présomptions de tentatives de fraude et des plaintes, attestent plutôt que rien n’est définitivement acquis.

Et pourtant, la mission de cette génération politique, pensons-nous, est bien de consolider les acquis démocratiques pour construire un État fort et prospère assis sur des institutions républicaines qui “dicteront leur loi “ à quiconque viendrait à vouloir s’éterniser dans le fauteuil présidentiel, afin d’éviter les perpétuels drames et recommencements qui ne font que retarder un pays.

Par Mahamadi TIEGNA
mahamaditiegna@yahoo.fr

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