Nuits atypiques de Koudougou: Exposants recherchent “désespérément” clients

La 25e édition des Nuits atypiques de Koudougou (NAK) bat son plein dans la cité du Cavalier rouge. Des exposants proposent des produits variés, avec en toile de fond une rareté de clients, et le non-respect des mesures-barrières.

En cette matinée du mercredi 25 novembre 2020, 3e jour des Nuits atypiques de Koudougou, les prestataires de service rivalisent de techniques de marketing, pour accrocher les clients les plus sceptiques. Le stand de l’exposante, Kadidiatou Sidibé, ne désemplit pas. Etant à sa première participation aux NAK, elle dispose de toutes sortes de produits pour le bonheur des couples, des célibataires, des malades de kyste, de fibrome et d’hémorroïde. Elle propose également des produits pour la fertilité, les secrets de femmes, de l’encens pour parfumer la maison, des petits pagnes (Pendeli) pour la séduction. « Les secrets de femmes sont loin d’être un envoutement comme le pensent certaines personnes. C’est plutôt pour attirer son mari et consolider l’amour », soutient-elle. Pendant qu’une cliente se ravitaille en encens dont elle apprécie le parfum, une autre, hésitante, a l’embarras du choix. A cette 25e édition des NAK, Mme Sidibé se frotte déjà les mains. Elle soutient qu’elle ne participe généralement qu’aux foires organisées dans les pays de la sous-région. « Cette année, avec la COVID-19, et la fermeture des frontières, je me suis repliée sur les NAK, pour tenter ma chance. Mais je rends grâce à Dieu et je ne regrette pas d’être venue à cette fête », se réjouit-elle. Sa voisine Romaine Somé, par contre, qui participe à toutes les NAK, n’a qu’un seul souhait cette année: « Ramener ses pagnes traditionnels ‘’dagara’’ à Ouagadougou, parce que depuis le lundi, elle n’a rien vendu’’. Outre la cherté des prix des stands, la délocalisation du site est, selon elle, à l’origine de la morosité du marché.

Les mesures-barrières foulées au pied

« Nos visiteurs sont surtout les élèves. Ils apprécient et ils continuent leur chemin. Lors des NAK passées, nos ventes étaient excellentes. Si d’ici dimanche, c’est toujours le statu quo, nous n’aurions pas le courage de revenir l’année prochaine », se décourage-elle.
L’accès à la rue marchande est conditionné par le ticket et le port du cache-nez. Mais une fois la barrière franchie, des visiteurs empochent leur masque. Cette attitude met les exposants “mal à l’aise” qui se disent être conscients que le ‘’virus’’ circule toujours. L’exposante, Mme Somé souligne que des visiteurs viennent de divers horizons, communiquent avec eux, tâtent leurs marchandises. « Nous ne pouvons pas savoir qui est malade de COVID-19 et qui ne l’est pas. C’est la raison pour laquelle nous avons un peu peur d’une éventuelle propagation», confie-t-elle. A l’entendre, des jeunes passent pour des sensibilisations, mais le ‘’hic’’ est que, à l’entrée, il n’y a pas de dispositifs de lave-mains, ni devant les stands. Les hôtesses du Programme national de volontariat au Burkina Faso (PNVB) ont uniquement à leur disposition, le gel liquide. « Notre gel liquide est presque épuisé. Dans le souci d’économiser, nous sommes obligées d’ignorer les tout-petits qui viennent sur le site afin d’économiser le gel, en attendant nos responsables. Nous n’avons pas le choix », lance l’une des hôtesses. La représentante, Diane Zoma de l’association ‘’Wend manegdé’’, exposante de pagnes traditionnels espère, toutefois, que dans les jours à venir, les clients seront au rendez-vous. Elle exhorte également les organisateurs des NAK à être “plus regardants” sur le respect des mesures-barrières, et de disposer à l’entrée du site des cache-nez et du gel hydro-alcoolique. La responsable de la mini laiterie de Boulkiemdé, Aïssata Barry, expose son savoir-faire dans la consommation du lait local. Du yaourt, du dèguè, du lait frais, du gapal, du beurre de lait. Mais avant d’être servi, Mme Barry est, on ne peut plus catégorique. Tout client qui souhaite consommer sur place du lait doit obligatoirement respecter les mesures-barrières. Elle dit apprécier ces NAK, qui lui permettent de rencontrer des visiteurs et de faire la promotion des produits de leur union qui sont purement locaux.

Afsétou SAWADOGO

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