Carrière de sable de Borodougou dans les Hauts-Bassins : Une caverne d’Ali Baba, nocive à l’environnement

Le site de Borodougou rempli d’eau pendant la saison des pluies est en passe d’être abandonné au profit de deux nouvelles carrières de sable dans la localité.

La région des Hauts-Bassins, dans sa partie Est, à 15 km de la ville de Bobo-Dioulasso, sur la Route nationale n°1 (RN1), se distingue un site d’exploitation de sable. Cette carrière sablonneuse, dans le village de Borodougou, dans l’arrondissement 4 de la capitale économique est une véritable caverne d’Ali Baba pour les autochtones du village, mais un désastre environnemental au regard des impacts négatifs sur les écosystèmes.

L’environnement prend un sérieux coup dur à Borodougou, à 15 km de Bobo-Dioulasso, dans la région des Hauts-Bassins sans qu’aucune voix ne s’élève. En effet, sur une superficie de près de 40 hectares (ha), aux dires des élus locaux, l’exploitation de la carrière de sable de Borodougou a détruit champs et écosystèmes
terrestres voire aquatiques qui pourraient être récupérables sur une longue durée.

Et si l’on n’y prend garde, cette récupération pourrait même être mesurable à l’ère géologique, car des formations géomorphologiques à l’échelle terrestre sont l’impact de transformations souvent anthropiques issues des temps immémoriaux. Mais, que faire face à ce désastre environnemental qui attise la convoitise notamment des populations autochtones du fait des sommes d’argent qu’il produit ? Difficile de répondre à cette épineuse question tant que les habitants de Borodougou continueront à réclamer du « blé » aux exploitants de la carrière, sous prétexte que le site est situé dans le village de leurs ancêtres.

En effet, les gestionnaires du site, qui sont, en réalité, les propriétaires terriens sont sur ce site munis de leur fiche, pointent les sorties des centaines de camions chargés de sable. Ces derniers doivent payer des sommes allant de 1 500 F CFA à 2 000 F CFA pour chaque véhicule de sept tonnes, au comité de gestion mis en place. Les camions à tonnage élevé « 10 roues » doivent honorer 3 000 F CFA par voyage à la carrière.

Mais, le hic, la municipalité ne perçoit aucun « kopeck » pour ne serait-ce, songer un jour à la réhabilitation de ce gigantesque précipice aux conséquences environnementales incalculables. Malheureusement, cette situation a pris naissance depuis 1994, année à laquelle, la carrière de sable de Borodougou a vu le jour, selon un conseiller municipal de l’arrondissement 4 de Bobo-Dioulasso. L’espoir de récupérer un jour ce site de sable qui est un pan de la colline de Koro, village «mythique », de la région des Hauts-Bassins, s’amincit.

Car, aux dires des élus locaux, certains d’entre eux sont propriétaires de «Bennes » qui sont utilisés pour l’exploitation de ce «gîte sablonneux » en déperdition, mais qui laissera des séquelles graves. Cependant, les exploitants ont créé actuellement deux nouveaux sites pour pallier sa « mort ». Déjà, il s’est approché de façon considérable vers la Route nationale n°1 (RN1). Ce qui a même entraîné l’Etat à fixer des bornes rouges pour stopper vigoureusement son avancée vers l’infrastructure routière. Toutefois, confie un responsable de l’environnement des Hauts-Bassins, le gouvernement, à une certaine époque face à ce « fléau environnemental » qui mine le village de Borodougou, en particulier et la région des Hauts-Bassins, en général, aurait interpellé qui de droit.

Des concertations vaines

Les exploitants du site de sable de Borodougou en pleine extraction n’entendent pas libérer les lieux pour une éventuelle réhabilitation.

De cette interpellation auraient découlé des concertations avec les différents acteurs préoccupés par la question à savoir des associations, la municipalité, le Conseil régional, etc. qui ont malheureusement accouché d’une souris. Plusieurs sessions auraient été, également, organisées à cet effet, mais sans suite. L’autre danger du fait de cette exploitation artisanale très nocive à l’environnement dans cette partie du Burkina Faso, est la réticence des populations à mettre un terme à cette excavation sur le site. Estimées à des centaines de personnes par jour sur l’aire d’extraction du sable, foi d’un conseiller municipal, elles sont prêtes à tenir tête à une éventuelle répression pour les déguerpir.

Et si l’on s’obstinait à intervenir, ce serait un carnage très regrettable, à en croire l’élu local qui a requis l’anonymat compte tenu de la sensibilité du sujet. Un ancien gouverneur de la région des Hauts-Bassins aurait même été invité par les exploitants à enfouir ses titres fonciers qui sécuriseraient le lieu dans son postérieur. « Si tu t’amuses, on te fait », s’inquiète l’élu local tout en évoquant que la carrière de sable de Borodougou est un nid de bandits et de toxicomanes qui surveillent « hautement » le site.

Et pourtant, des partenaires allemands et chinois auraient été approchés pour une réhabilitation durable de l’ancien site de Borodougou. Selon la municipalité, il s’agirait de transformer la carrière en barrage pour les cultures maraîchères et en site touristique avec à la clé, la création d’emplois pour éviter la délinquance juvénile à Borodougou. Admettons donc que ces propositions seront entendues, un jour par les populations riveraines, autochtones du village de Borodougou pour leur bien-être et l’arrêt de la dégradation de l’environnement.

Boukary BONKOUNGOU

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