Ramassage de sable à Gon-Boussougou : De l’« or » sur les berges des rivières

A Gnimitenga comme sur les autres sites, le ramassage du sable est assuré par les femmes.

Dans la commune rurale de Gon-Boussougou, dans la région du Centre-Sud, le ramassage de sable est une activité qui occupe plusieurs personnes. Longtemps négligé et abandonné au fond des rivières, le sable est aujourd’hui une « manne » qui rapporte gros à la commune et à ses habitants.

A Gon-Boussougou, les abords de plusieurs rues sont jonchés d’amas de masse meuble granulaire, disposés à la chaîne et attendant preneur. Le sable, extrait des lits des rivières, est devenu un fonds de commerce dans certaines localités de cette commune rurale, située à environ 150 kilomètres de Ouagadougou, dans la région du Centre-Sud. En cette mi-septembre, l’activité mobilise du monde et fait vrombir les moyens de transport à longueur de journée. Des camions-remorques se succèdent pour convoyer les stocks constitués vers d’autres cieux.

Pour autant, les monticules ne disparaissent jamais pour longtemps sur les sites d’entrepôt. Les motos tricycles munies de leur benne assurent le ravitaillement dans un ballet incessant. Samedi 19 septembre 2020, 11 heures sonnantes. Dans le village de Korèguereya, Abdoul Magame, les muscles saillants et plein d’entrain, déverse, pour la septième fois, le contenu de ses « trois roues », à proximité de la principale artère traversant la bourgade. Il redémarre en trombe vers un bas-fond situé à environ
un kilomètre plus loin.

La « machine », comme le jeune Saré et ses compagnons le surnomment, pousse un dernier rugissement sur la rive d’un cours d’eau sinueux au milieu de champs de maïs et d’arachides. Un groupe d’adolescents « armés » de pelles s’affaire à proximité de petits tas de sable. Aux éclats de rire et aux discussions se mêle le bruit sec métallique des outils. Des bambins, tout nus, s’amusent plus bas dans le lit de la rivière en se projetant mutuellement des bulles sur le visage. En cette période, le débit du cours d’eau ne présente pas un réel danger pour les jeunes baigneurs.

La profondeur des eaux est limitée seulement à hauteur de genou d’homme. Et tout autour, de part et d’autre du filet d’eau, s’étend un banc de sable épousant la forme serpentée de la rivière. Une trentaine de femmes s’y affairent, certaines faisant de petits tas à l’aide de pelles et de dabas, d’autres remplissant des récipients en aluminium qu’elles transportent vers la rive.

Les femmes en première ligne

La gent féminine est fortement représentée sur le site de ramassage de sable à Korèguereya. Environ 2/3 des travailleurs sont des femmes, de jeunes et d’adultes qui assurent surtout la collecte du sable sur les berges et son transport vers la rive. Certaines avec plus d’agilité que d’autres, l’âge y étant, de ce fait, un atout précieux. Comme si les hommes se sont donné un code de conduite, eux, s’occupent du remplissage des tricycles et le convoi du sable vers les sites d’entrepôt. Cela tient-il, peut-être, du fait que le transport du sable de la berge à la rive se fait dans des plats et sur la tête ? « Ce n’est pas cela, mais chez nous ici, ce sont les femmes qui font sortir le sable de la rivière et nous, nous attendons qu’elles constituent leurs stocks pour nous les livrer », soutient Abdoul Magame Saré, amusé.

A Gnimitenga, dans un autre village de la commune
de Gon-Boussougou, le ramassage a aussi le même visage féminin. D’âges différents, les femmes travaillent à longueur de journée, à remplir cette tâche. Le visage tiré par la sueur et la fatigue mais débordant encore d’énergie, dame Salimata Bouda trouve d’ailleurs les choses bien à leur place. « Si les hommes faisaient aussi ce travail nous n’aurons qu’à ramasser nos plats pour rentrer », plaisante-t-elle, en s’invitant à la réponse de savoir pourquoi les hommes n’en feraient pas autant. Mais l’apparente répartition des tâches selon le genre à Gnimitenga, à Korèguereya et sur les autres sites d’extraction n’est pas permanente.

Le sexagénaire Gnoubouré Guéné du village de Korèguereya explique que pendant la saison sèche, au cours de laquelle les véhicules ne risquent plus l’embourbement sur les pistes menant aux rivières, des chargeuses-pelleteuses descendent jusqu’au lit du cours d’eau asséché. Avec leur long « bras » multifonction, ces machines ramassent directement le sable enfoui souvent jusqu’à trois mètres de profondeur. Elles remplissent ensuite les camions, stationnés sur la rive. Si la méthode n’interrompt pas l’activité des femmes, elle la limite énormément, parce qu’elle est plus rapide et appréciée des camionneurs, assure André Kantagba, un trentenaire, conducteur de chargeuse. « A cette période, je peux travailler le matin jusqu’à 22 heures et remplir au moins vingt camions », informe-t-il.

Le boom

Aux abords des rues sont disposés des monticules de sable
en vente.

Le ramassage de sable des rivières n’a pas toujours suscité un engouement à Gon-Boussougou. Il y a quatre ans, le sable intéressait peu d’individus, se souvient Gnoubouré Guéné. Lui qui a une partie de sa rizière traversée par une rivière regorgeant du matériau ne côtoyait que quelques individus. Des charretiers, se souvient-il, venaient traîner sur la rive et repartaient chargés vers les concessions du village pour les besoins au niveau local. « Mais depuis 2017, quand les camions ont commencé à venir de Ouagadougou, les choses ont changé. Le sable est devenu comme l’or et tout le monde s’y intéresse», relate le sexagénaire.

Jusqu’au dernier semestre de 2017, se rappelle aussi le maire de la commune de Gon-Boussougou, Mohammed Maré, les camionneurs dans leur quête de sable se limitaient au village de Gnimitenga, à l’entrée-Nord de la commune. Ils faisaient le plein et rebroussaient chemin vers Ouagadougou, la capitale. «Avec l’augmentation de leur nombre, ils allaient maintenant en profondeur et c’est au fur et à mesure qu’ils se sont retrouvés dans plusieurs villages de la commune », informe l’édile. La situation n’était pas si inattendue cependant.

Pour Mohammed Maré, il n’y avait pas de doute que les «chasseurs » de sable foulent un jour le sol de Gon-Boussougou. Pour cause, les sites des communes voisines comme Guiba, Manga et Béré qui les accueillaient s’appauvrissaient et la demande restait insatisfaite. De l’avis du camionneur, Issaka Yoma, qui a jeté son dévolu sur le sable de Gon-Boussougou depuis 2018, la « descente » de ses congénères dans la commune est en lien aussi avec la poussée des chantiers de construction à Ouagadougou mais également la nature du sable des lieux.

«Le sable d’ici est comme celui de Dakola, les gens les préfèrent plus. Il est de qualité. Quand tu envoies ça à Ouagadougou, tu es sûr de trouver immédiatement un preneur », soutient-il. Et le maire d’ajouter que selon l’explication qu’il tient des techniciens, le sable de sa commune est bien adapté pour la construction des logements. Mais, il n’y a pas que cela. « Il nous a été dit que le sable d’ici sert dans la réalisation des grands ouvrages comme les ponts, les routes à Ouagadougou et dans d’autres endroits du pays », confie le bourgmestre.

Le sable, une source de revenus

L’essor du travail du sable à Gon-Boussougou a conduit le conseil municipal à prendre un arrêté pour spécifier les zones de travail. A ce jour, cinq villages de la commune sont reconnus comme des sites officiels à cet effet. Ce sont Gnimitenga, Bourzème, Korèguereya, Dirisé et Foungou. Dans ces localités, l’activité occupe les journées de plusieurs personnes qui en ont fait leur gagne-pain quotidien. Le sable y rivalise avec les activités d’appoint qui drainent les bras valides en quête de sous. « Avant, on faisait du jardinage pour avoir un peu d’argent mais maintenant c’est dans le sable qu’on se débrouille pour avoir de quoi prendre en charge les dépenses en famille », se réjouit Lèdabouré Dabré du village de Korèguereya.

Par jour, dame Dabré confie qu’elle empoche 3 000 à 4 000 francs CFA, soit le prix de trois à quatre chargements de tricycles sur le site. Le temps des vacances, l’élève de la classe de 4e Fatima Guéné, elle, réalise des économies allant de 25 000 francs CFA à un peu plus du double, selon ses confidences. Avec son tricycle, Abdoul Magame Saré n’en est pas moins loti que les ramasseuses. Sous contrat avec son grand frère qui lui a acheté sa « machine », il a droit à 750 francs CFA par voyage.

« En une journée, je peux faire 10 à 15 voyages, souvent même plus si je commence très tôt », avoue-t-il, en se réservant tout de même de préciser son gain journalier. Sur la base cependant de ses confidences, un calcul rapide fait état d’une économie d’au moins 7 500 francs par jour et pour 30 jours consécutifs de travail, il empocherait la bagatelle somme de 225 000 francs CFA. Foi du jeune homme d’ailleurs, le travail du sable est aussi rentable voire plus que la production de certaines denrées agricoles de rente dont le rendement est aléatoire et tributaire des caprices du climat. Comme lui, les autres propriétaires de motos tricycles s’en tirent aussi à bon compte.

Leur gain s’élève au minimum à 100% de leur investissement, le plein de l’engin étant acheté auprès des femmes entre 1000 et 3000 francs CFA selon le site. « Quand les tricycles nous apportent le sable, nous payons le chargement à 6 000 ou 7 000 francs et il nous faut au moins 17 chargements pour remplir un camion », détaille le chauffeur Issaka Yoma. Le natif de Kaya qui a commencé le transport du sable depuis 2013 en sillonnant plusieurs localités du pays assure également que l’activité est bénéfique pour les camionneurs et leurs patrons «Nous dépensons entre 200 000 francs et 275 000 francs le chargement. Une fois à destination, nous le revendons entre 300 000 francs et
375 000 francs selon la capacité du camion.

Le parton gagne un peu et nous aussi », raconte-t-il. Par « nous », Issaka Yoma dit intégrer les jeunes qu’il emploie également pour charger son camion. « La plupart de ces jeunes nous suivent depuis Ouagadougou quand nous venons pour chercher le sable. Ils peuvent être cinq ou plus mais pour chaque chargement, le contrat avec eux est de
25 000 francs CFA », explique Moussa Kabré, un autre camionneur, familier aux sites de ramassage de sable à Gon-Boussougou.

Le conducteur de la chargeuse-pelleteuse, André Kantagba, ne se plaint pas non plus du montant de sa rémunération. En saison pluvieuse, quand le chargement complet d’un camion est facturé à 15 000 francs CFA, il est payé
300 000 francs le mois, dit-il. Son salaire est même majoré pendant la saison sèche. A la période en question, la machine est déplacée sur le lit de la rivière asséchée et les chargements plus rapides et a un coût relativement élevé, soit 50 000 francs par camion. Aux dires de Hamadou Yoda, superviseur du travail d’André Kantagba et frère du propriétaire de la chargeuse-pelleteuse, la saison sèche est aussi une période de grâce pour le patron qui les embauche.

« Si on calcule 20 chargements par jour en raison de 50 000 francs le chargement on se rend compte que l’activité rapporte», déclare-t-il. Il reste tout de même réservé car pour lui, la machine n’a pas de petite panne. « Si un problème survient, vos dépenses aussi seront énormes », fait-il savoir avec un brin d’humour. Un risque qui ne freine pourtant pas les ardeurs de certaines personnes à Gon-Boussougou. Dans la commune, indique le maire, trois personnes ont déjà investi des dizaines de millions de francs CFA dans l’achat de chargeuses qu’elles ont affectées au travail du sable.

Une manne pour la caisse communale

La taxation du sable rapporte à la caisse communale, affirme le maire de Gon-Boussougou, Mohammed Maré.

Les revenus du sable ne renflouent pas uniquement la bourse des acteurs sur le terrain à Gon-Boussougou. La caisse de la commune est également alimentée grâce à l’activité. Jusqu’au premier semestre de 2017, les camionneurs, qui entraient dans le territoire communal en quête de sable, ne déboursaient de sous que pour la paie de la « denrée » auprès des ramasseurs. Cette situation a pris fin quand la commune a décidé, au deuxième semestre de ladite année, de réclamer un dividende en vue de financer les actions de développement local. A l’issue d’une session, les conseillers votent pour l’application de taxes. « C’était bien vu par la commune parce que les camions devenaient de plus en plus nombreux », soutient Ousmane Guigma.

Originaire du village de Gnimitenga, il est le premier collecteur que la mairie a posté, en 2017, à la limite de la commune pour le prélèvement de taxes sur les convois de sable exporté. « Au début, c’était 2500 francs CFA par chargement mais vu qu’il avait de plus en plus de l’affluence, la taxe a été revue à 10 000 francs CFA pour les grandes remorques et 6 000 francs CFA pour les moyennes. Les chargeuses aussi sont taxées à 10 000 francs CFA», informe M. Guigma. Pour ce qui est des recettes, le collecteur de Gnimitenga ne cache pas que l’activité est une aubaine pour la commune. Pendant les périodes d’affluence, quand il était le seul collecteur de Gon-Boussougou, ses entrées étaient assez importantes.

« Si je prends le carnet d’un million de francs CFA, la semaine qui suit, j’en prends un autre», confie-t-il. A ce jour, malgré leur nombre passé à cinq, Ousmane Guigma avoue ne jamais rentrer bredouille en fin de journée. La moyenne journalière de camions taxés est entre 10 et 15. « Le minimum par jour, c’est cinq camions », précise-t-il.
Dans la balance des recettes, le sable est progressivement devenu un « poids lourd » parmi les secteurs qui rapportent au budget communal. « En termes de mobilisation de ressources propres, le sable occupe une place très importante », assure le régisseur de la commune, Abdoulaye Massimbo. « Le sable est même celui qui fait entrer le plus de recettes actuellement », soutient pour sa part, le maire qui estime à environ 30% sa contribution à la caisse de la commune.

Des appétits aiguisés

Les populations de Gon-Boussougou ne sont pas restées longtemps indifférentes aux avantages qui découlent du travail du sable. Des appétits se sont aiguisés et la place de certains acteurs a vite fait des envieux. Le poste de collecteur de taxes en est l’illustration parfaite. Ousmane Guigma, le premier collecteur de la commune, a vu son occupation journalière passer de la médisance à l’estime dans le regard de son village. La prestation du collecteur en effet, affirme le maire Mohammed Maré, est régie par une convention qui veut que l’intéressé soit nommé par arrêté du maire avec le visa du contrôle financier du service provincial en charge des impôts du Zoundwéogo basé à Manga, chef-lieu de la province.

Elle donne droit au collecteur à une rémunération à hauteur de 20% du total de son versement suivant des échéances prescrites. En 2017, raconte le maire, Ousmane Guigma s’est vu octroyer la somme d’un million de francs CFA pour sa première paie. « L’année en question, je n’ai vendu aucun animal ni céréales pour les dépenses de la famille et la scolarité de mes enfants comme j’en avais l’habitude », informe M. Guigma. La rétribution lui a même permis de s’offrir une nouvelle moto, qui a suffi à le mettre au centre des attentions. Les avantages de son travail s’étant révélés au grand jour, des manifestations d’intérêt fusaient, se souvient le maire Mohammed Maré.

«Des ressortissants des autres villages sont venus me voir qu’ils veulent aussi qu’on désigne des collecteurs chez eux. Finalement, on a pris des arrêtés pour nommer un collecteur dans chacun des cinq villages qui sont aujourd’hui reconnus comme des sites officiels de ramassage de sable », affirme-t-il. A ce jour, poursuit le maire, le poste est toujours convoité. Des personnes estimant peu, le nombre de collecteurs n’hésitent pas à exiger de nouvelles nominations en leur faveur. «Mais nous leur faisons comprendre qu’il ne sert pas d’avoir une pléthore de collecteurs », martèle Mohammed Maré.

Dans la ferveur autour du sable et pour les avantages y afférents, la mairie de Gon-Boussougou note également des prises de becs entre villages. Le droit de propriété de certains sites de ramassage, confie à ce sujet le premier responsable, a fait l’objet de tensions entre des villages. Fort de l’arbitrage du conseil municipal, les conflits ont jusque-là été étouffés dans l’œuf, assure M. Maré.

Le sable et l’argent du sable, jusqu’à quand ?

Les camions-remorques se succèdent, à longueur de journée, sur les sites d’entrepôt pour être chargés.

La durabilité de la ressource qui procure des avantages financiers à Gon-Boussougou et à ses habitants est un sujet qui divise les opinions dans la commune. Là-dessus, des responsables de la mairie sont unanimes à reconnaître que le matériau n’est pas une ressource inépuisable. « Si les camionneurs ont abandonné d’autres communes pour venir dans la nôtre, c’est qu’à force d’exploitation, le sable peut s’épuiser ici également », se persuade le régisseur Abdoulaye Massimbo. Pour lui, il est fort à craindre d’ailleurs que cela se passe plus vite que prévu. La preuve, il pointe du doigt le choix de certains camionneurs qui optent, à ce jour, pour de nouveaux sites situés au-delà de Gon-Boussougou notamment à Zabré, la commune voisine de la région du Centre-Est.

« C’est parce qu’ici, l’offre diminue », estime le régisseur. De son explication, quoique la sédimentation soit cyclique avec la formation des strates de sable en saison pluvieuse par le biais du ruissellement, la densité du compactage s’affaiblit d’année en année. «Le sable remplit les berges certes mais en termes de volume, il n’y a pas grand-chose car en quelques jours ou quelques semaines de ramassage, on épuise le stock», confie-t-il. Que faire donc pour éviter le risque pour la commune d’être, un jour, privée de sa ressource ?

La solution, insiste Massimbo Abdoulaye, réside dans la réorganisation du travail. L’alternative qu’il a d’ailleurs soumise à l’appréciation des conseillers municipaux lors d’une rencontre est de réduire le nombre de sites d’extraction officiels à deux ou un. Pour laisser, dit-il, le temps aux autres sites de faire le plein de la ressource avant de procéder à une rotation dans l’exploitation chaque année. La conviction de Massimbo n’est cependant pas partagée de tous. Sur les sites, les avis se rejoignent sur le fait que le sable est une ressource pérenne.

« Tant qu’il y aura la pluie, il aura le sable tout le long des berges des rivières », martèle Habibou Dabré du village de Korèguereya pour qui, le sable à Gon-Boussougou est une «providence divine ». Aux arguments de ceux qui estiment que le sable pourrait s’épuiser, Hamadou Yoda, lui également, oppose un niet. Il explique que le ramassage du sable participe au curage de la cuvette de la rivière. Plus le curage gagne en profondeur plus le volume de la sédimentation est important, insiste-t-il également dans son argumentaire. Le superviseur Yoda trouve même qu’à l’image des barrages, le désensablement permet d’augmenter le volume d’eau de la rivière qui, par ricochet, peut servir à l’irrigation pendant un temps relativement long que d’habitude. La fin du sable, ce n’est pas pour demain, se résume Hamadou Yoda, qui prospecte profiter encore longtemps du travail avec sa chargeuse-pelleteuse.

Mamady ZANGO
mzango18@gmail.com


Le sable contre l’immigration

Gon-Boussougou comme plusieurs communes à forte présence de l’ethnie bissa dans les régions du Centre-Sud et du Centre-Est est connue pour la mobilité de ses habitants, notamment dans l’émigration. Avec la conjoncture internationale marquée par la récession due surtout à la pandémie de la COVID-19, certains jeunes revenus de l’aventure ont opté de se tourner vers le travail de sable. Alidou Saré du village de Koréguereya est de ceux-là. Arrivé en début d’hivernage de la Côte d’Ivoire, il a décidé de rester au bercail pour s’occuper dans des activités comme le travail du sable et l’orpaillage.

Certains de ses camarades arrivés également de la Côte d’Ivoire et de la Guinée ont fait ce choix. Le superviseur Hamadou Yoda était lui également à l’aventure en Côte d’Ivoire, avant d’être rappelé par son frère aîné pour contrôler le travail avec sa chargeuse contre une rémunération qu’il estime intéressante. A Gon-Boussougou, le ramassage du sable participe ainsi au maintien des bras valides dans le terroir.

MZ


Un danger pour l’environnement !

Le ramassage de sable de rivière n’est pas sans conséquences nuisibles pour l’environnement. A Gon-Boussougou, si les agressions ne sont pas encore assez importantes après environ trois ans d’exploitation, il y a que certaines routes commencent à se dégrader sous l’effet du poids des camions-remorques et du trafic intense. Le tronçon qui lie Korèguereya à Dindéogo, long d’environ cinq kilomètres en est une illustration avec des creux et des nids de poules à profusion. Des surfaces de champs empruntées pendant la saison sèche par les camions pour accéder aux rivières sont devenues aussi incultes, informe le maire de Gon-Boussougou, Mohammed Maré.

L’édile ajoute que le dragage du sable a accéléré également l’érosion au niveau des rives, rongeant ainsi des surfaces arables et causant des lésions visibles au niveau de certains ponts. Pour limiter les inconvénients au niveau environnemental, la mairie s’est autorisée des mesures dans certains sites d’extraction de sable. Des tracés délimitant les zones autorisées pour le ramassage ou l’interdiction de dragage de sable à proximité des ponts sont entre autres dispositifs à cet effet. Mais pour Mohammed Maré, la principale parade est l’esprit de civisme que les ramasseurs doivent cultiver, tout en se préoccupant de la préservation de leur milieu environnemental.

MZ

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