RDC: privilégier l’intérêt général

Le tourbillon politique qui souffle en République démocratique du Congo est encore loin de se dissiper. La coalition formée entre le Cap pour le changement (CACH) de l’actuel chef de l’Etat, Félix Tshisekedi et le Front commun pour le Congo (FCC) du président sortant Joseph Kabila bat de l’aile. Pour sortir de cet imbroglio qui n’honore pas son pays, le chef de l’Etat a décidé de prendre le taureau par les cornes. Il a initié des consultations avec les composantes-clés de la société congolaise. Au cours de trois semaines de concertation, M. Tshisekedi a ainsi reçu des personnalités politiques, religieuses et de la société civile à l’effet d’aplanir les divergences qui l’opposent à son prédécesseur. Plusieurs dossiers ont été au cœur des échanges. Il s’agit, entre autres, des questions relatives à la Commission électorale nationale indépendante et à l’organisation des élections, la gestion du portefeuille de l’Etat, les animateurs des entités territoriales décentralisées et des représentations diplomatiques de la RDC. Le moins que l’on puisse dire est que cette démarche ne semble pas produire l’effet escompté. A l’issue des discussions, les parties opposées ne s’entendent toujours pas sur les noms des futurs dirigeants de la centrale électorale. Il n’y a pas eu non plus consensus autour de la répartition du portefeuille de l’Etat. L’autre pomme de discorde est le contrôle de l’organe judiciaire, dont les récentes nominations à la Cour constitutionnelle ont détérioré davantage les relations. C’est dans ces conditions que le président Félix Tshisekedi est appelé à se prononcer sur la suite à donner au processus. Une décision qui tarde au point qu’il est soupçonné par ses détracteurs d’entretenir un agenda caché. La majorité parlementaire a dénoncé le lundi dernier, dans une déclaration signée par 305 députés, « des manœuvres tendant à reconfigurer les forces en présence à l’Assemblée nationale ». Du côté de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), c’est un autre son de cloche. Le parti estime que le rapprochement de certains élus ou cadres pro-Kabila du camp présidentiel lors des consultations est le fruit d’une prise de conscience face au danger que court le pays. Ces attaques par médias interposés et autres bras de fer auxquels se livrent les deux parties laissent dans la tourmente les Congolais qui souhaitent un dénouement rapide de la situation. Pour y parvenir, les politiciens doivent se départir des intérêts égoïstes et privilégier l’intérêt général ; celui de faire du Congo un havre de paix. C’est à ce prix qu’ils réussiront à poser les jalons d’un développement véritable de leur pays.

Abdoulaye BALBONE

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