Elections couplées de 2020 : Le regard critique de la Commission nationale des droits humains

Des structures d’observation des élections, des hommes de médias et des partenaires techniques et financiers ont suivi la présentation des résultats.

La Commission nationale des droits humains (CNDH) a présenté, le lundi 7 décembre 2020, à Ouagadougou, les résultats de sa mission d’observation des élections présidentielle et législatives, axée sur le respect des droits humains durant la période électorale.

Conformément à ses missions, la Commission nationale des droits humains (CNDH) s’est impliquée dans l’observation des élections couplées du 22 novembre 2020, au Burkina Faso. A l’issue du scrutin, elle a présenté les résultats de sa mission d’observation faite sur le monitoring des droits humains avant, pendant et après les consultations électorales. C’était le lundi 7 décembre 2020, au cours d’une rencontre tenue à Ouagadougou avec ses partenaires et d’autres structures ayant supervisé le vote. Selon le président du CNDH, Kalifa Rodrigue Namoano, 140 observateurs et 97 moniteurs ont été recrutés, formés et déployés dans 26 provinces de sept régions du pays, du 15 au 25 novembre 2020.

Des régions concernées par les missions d’observation du CNDH, il a cité celles à fort défis sécuritaires dont le Sahel, la Boucle du Mouhoun, le Centre-Nord, le Nord et l’Est, en plus des deux régions à forte densité que sont le Centre et les Hauts-Bassins. « C’est une première pour la CNDH puisque, cette fois-ci, nous avons fait un monitoring axé sur le respect des droits humains, au-delà de l’observation générale du scrutin », a indiqué M. Namoano.

De la campagne jusqu’au jour des élections, les équipes d’observations ont relevé « certains manquements qui portent atteinte au respect des droits humains », selon la CNDH.
Le rapporteur général de la mission d’observation, la commissaire Antoinette Pouya, a notamment cité des arrêts de cours dans certains établissements scolaires dans des localités, la fermeture de bureau de vote pour fait d’insécurité, l’achat de conscience, des discours de haine, des menaces et des provocations. Elle a également fait cas de la non-priorisation des personnes vivant avec un handicap, des femmes enceintes, d’altercations entre militants, de l’exécution par des Hommes armés non identifiés (HANI) de Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et de l’inobservance des mesures-barrières contre la COVID-19.

« On a assisté à des cas d’achat de conscience. Et cela a concerné les grands et les petits partis », a-t-elle dit. Toutefois, a souligné la commissaire Pouya, la CNDH s’est réjouie du fait que certains détenus non déchus de leur droit de vote aient pu voter dans des établissements pénitenciers.

Des recommandations ont donc été faites non seulement à l’endroit de l’Etat, mais aussi à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et des candidats. A l’Etat, il a été demandé de poursuivre la sécurisation du territoire national afin de permettre à tous les citoyens de voter aux prochaines échéances électorales, d’appliquer la loi « dans toute sa rigueur », en cas de violation du code électoral et de poursuivre les sensibilisations aux droits humains. A la CENI, la CNDH a recommandé la formation des agents électoraux aux opérations de vote, de prévoir un dispositif de priorisation des personnes vulnérables et aux candidats, de respecter le code électoral et de sensibiliser leurs militants au civisme.

Soumaïla BONKOUNGOU

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