Présidentielle nigérienne Six candidats font bonne figure

30 candidats sont en lice pour l’élection présidentielle du 27 décembre 2020 au Niger. La campagne électorale, démarrée le 5 décembre, se déroule bien dans un contexte sécuritaire préoccupant au Nord, dans la région de Tilabéri. Parmi la pléthore de candidats, six semblent faire bonne figure aux yeux de certains observateurs de la scène politique nigérienne.

La Cour constitutionnelle du Niger a validé les dossiers de 30 candidats à la présidentielle du 27 décembre 2020, le 13 novembre dernier. Pour cette élection, le président sortant Mahamoudou Issoufou, arrivé au terme de ses deux mandats, ne se présente pas. De l’avis de certains analystes nigériens, six challengers parmi les 30 vont réellement peser dans cette conquête du fauteuil présidentiel. Qui sont-ils ? Le premier est Mahomed Bazoum, le candidat du parti au pouvoir, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS). Compagnon de longue date du chef de l’Etat, il fait office de grand favori pour le rendez-vous électoral du 27 décembre, pour lequel 7 millions 400 mille électeurs sont inscrits sur le fichier électoral biométrique. Agé de 60 ans, le chef de la diplomatie nigérienne de 2011 à 2015 table sur le bilan du président sortant pour se faire élire. D’ailleurs, son slogan de prédilection est : « assurer la continuité pour un Niger meilleur ». Homme du sérail présidentiel, influent ministre d’État, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique entre avril 2016 et juin 2020, ministre d’État à la présidence (2015 et 2016) chargé de porter la réélection de Mahamadou Issoufou, Mohamed Bazoum, en plus de compter sur les forces du PNDS, a le soutien d’une coalition de 45 partis politiques dont la plupart sont représentés à l’Assemblée nationale. A certains de ses adversaires qui ont mis en cause sa nationalité, M. Bazoum répond dans les colonnes de Jeune Afrique de décembre 2020 : « De la même manière, cela ne m’affecterait pas si on disait que je mesurais 1,85 mètre. Si je n’étais pas Nigérien, cela se saurait. Je suis un homme public, plusieurs fois député et ministre. Mes adversaires ont d’abord contesté ma nationalité. Puis, ils ont mis en doute la crédibilité de mes pièces d’état civil. Qu’importe, la démarche est vaine… ». Va-t-il créer la surprise en remportant la présidentielle au 1er tour ? Attendons de voir.
Le second candidat majeur est Seyni Oumarou du Mouvement national pour la société du développement (MNSD-NASSARA). Habitué de l’arène politique, puisque c’est la troisième fois (2011, 2016 et 2020) qu’il se présente à une présidentielle. C’est sous la bannière du même parti que le défunt président Mamadou Tanja avait dirigé le Niger de 1999 à 2010. Au cours du second mandat Seyni Oumarou, âgé de 70 ans, a été Premier ministre de 2007 à 2009. S’il est élu, celui qui a été le haut représentant du chef de l’Etat actuel, promet dans son programme politique dénommé Réconciliation, paix et développement « d’assurer le bien-être et la quiétude de la population en ramenant la paix, en garantissant la réconciliation nationale et en améliorant son cadre de vie ; réduire de manière significative la pauvreté endémique qui touche une forte proportion de la population et sortir le Niger de sa situation peu enviable en terme de développement humain, en offrant des services sociaux de qualité à tous les nigériens ». Cette troisième tentative apportera-t-elle la baraka à Seyni Ouamarou ?

« Rationalisation du train de vie de l’Etat »

Le troisième challenger est un ancien chef d’Etat qui rêve d’occuper de nouveau le fauteuil présidentiel. Il s’agit de Mahamane Ousmane qui a été le premier chef d’Etat démocratiquement élu le 27 mars 1993 après la conférence nationale de 1991. Son règne sera de courte durée puisqu’il sera renversé le 27 janvier 1996 par le colonel Ibrahim Baré Mainassara. Candidat du Renouveau démocratique et républicain (RDR-Tchanji), Mahamane Ousamane, 70 ans, veut sortir le Niger de la pauvreté, s’il est élu à travers la création d’infrastructures d’assainissement dans tous les centres urbains, 2 000 PME et PMI par an, 5 000 emplois permanents par an, 20 000 autres temporaires par an. Sur les plans de la sécurité, de la justice et de la gouvernance démocratique, il entend mettre en avant une pleine implication des FDS dans les actions de développement, les équiper conséquemment, assainir l’appareil judiciaire et rationaliser les dépenses publiques. Il reste à savoir s’il saura mieux convaincre l’électorat cette fois-ci qu’en 2011 où il était arrivé 4e à l’issue de la présidentielle.
Le quatrième prétendant « sérieux » est Ibrahim Yacouba, un dissident du MNSD-NASSARA, candidat malheureux en 2016. A l’époque, il avait rejoint la majorité présidentielle et appelé à voter l’actuel chef de l’Etat au second tour de l’élection. Il est le candidat du Mouvement patriotique nigérien (MPN). Ministre des affaires étrangères de 2016 à 2018, il a été limogé par le chef de l’Etat pour avoir « fait preuve de déloyauté ». Du haut de ses 49 printemps, Ibrahim Yacouba entend mieux faire qu’en 2016 où il était arrivé 5e avec 4,43% des voix au premier tour de la présidentielle. L’ancien syndicaliste actif dans les années 2 000 a bâti son programme politique autour de la rationalisation du train de vie de l’Etat à travers la suppression d’institutions et de postes comme le Conseil économique et social, Médiateur de la république, la Grande chancellerie, le Haut représentant du Président de la république, le directeur de Cabinet des ministres et les conseillers avec rang de ministre…

Hama Amadou, le grand absent

Le cinquième challenger est le candidat du Mouvement patriotique pour le développement (MPR) Jamhuriya, Albadé Abouda. Ancien allié du parti au pouvoir, son parti avait soutenu en 2016 dès le premier tour le président Mahamadou Issoufou. Originaire de la région de Tahoua, comme le chef de l’Etat sortant, il a été ministre de l’Intérieur à deux reprises dans les années 2 000. Après la réélection du président en 2016, il avait été nommé ministre de l’Agriculture avant de démissionner en octobre dernier.
Le sixième candidat est le tombeur du défunt président Mamadou Tanja lors du coup d’Etat du 18 février 2010, le général Salou Djibo. Après une période de Transition, il avait remis le pouvoir à Mahamadou Issoufou à l’issue de la présidentielle de 2011. Après avoir passé dix ans à Lagos au Nigéria où il occupait un poste à la CEDEAO, Salou Djibo a quitté l’armée en juin 2019. Candidat du parti Paix justice progrès (PJP), l’ancien chef de l’Etat entend « faire la politique autrement ». Aura-t-il l’occasion de revenir aux affaires par les urnes ? Rendez-vous au soir du 27 décembre 2020.
Soulignons que le principal opposant, Hama Amadou, a été recalé de la course au fauteuil présidentiel pour avoir été condamné en 2017, à un an de prison dans une affaire de trafic de bébés. La Cour constitutionnelle s’est basée sur l’article 8 du Code électoral pour justifier l’invalidation de sa candidature. Ledit article stipule que « Ne peuvent être inscrits sur la liste électorale : les individus condamnés définitivement pour crime et non réhabilités ; les individus condamnés définitivement pour délit à une peine d’emprisonnement ferme égale ou supérieure à un (1) an et non réhabilités ; ceux qui sont déclarés en faillite et ayant fait l’objet d’une condamnation pour banqueroute frauduleuse et non réhabilités ; les internés et les interdits. N’empêchent pas l’inscription sur une liste électorale les condamnations avec sursis telles que prévues à l’article 38 du Code pénal et les condamnations pour délit d’imprudence, hors le cas de délit de fuite concomitant »

Karim BADOLO
(Depuis Niamey, au Niger)

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Liste des candidats

-Abdallah Souleymane, du parti « Niger En Avant » (NIGERENA).
– Abdoul Kadri Oumarou Alfa, du Groupement GAYYA ZABBE.
-Albadé Abouba, du Mouvement Patriotique pour la République (MPR-Jamhuriya) .
-Amadou Boubacar Cissé, de l’Union pour la Démocratie et la République (UDR TABBAT).
-Amadou Issoufou Saïdou, Candidat Indépendant.
-Amadou Ousmane, du parti ADEN Karkara.
-Djibril Baré Maïnassara, de l’Union des Forces Populaires pour la Démocratie et le Progrès (UDFP SAWABA).
-Hamidou Mamadou Abdou, du Rassemblement National Africain (RANAA).
-Hassane Barazé Moussa, de l’Alliance Nigérienne pour la Démocratie et le Progrès (ANDP-Zaman Lahiya).
-Ibrahim Gado, du Conseil Républicain pour le Progrès et la Démocratie (CRPD-SULHU).
-Ibrahim Yacouba, du Mouvement Patriotique Nigérien (MPN Kishin Kassa).
-Idi Ango Ousmane, de l’Alliance pour la Démocratie et la République (ADR-Mahita).
-Idrissa Issoufou, du Mouvement Citoyen pour le Développement (MCD, Jarumin Talakawa).
-Intinicar Alhassane, du Parti Nigérien pour la Paix et le Développement (PNPD AKAL KASSA).
– Ismael Oumarou Idé, du FANN-Niger Kama Kanka.
-Kané Kadaouré Habibou, de Synergie des Démocrates pour la République (SDR-Sabuwa).
-Mahaman Hamissou Moumouni, du Parti pour la Justice et le Développement (PJD-Hakika).
-Mahamane Ousmane, du Renouveau Démocratique et Républicain (RDR Tchanji).
-Mamadou Doulla Talata, de RSP A’Adili .
-Bazoum Mohamed, du Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme (PNDS Tarayya).
-Mounkaila Issa, du Rassemblement Nigérien pour la Démocratie et la Paix (RNDP- Aneima Bani zoumbou).
-Moustapha Mamadou Moustapha, de PRPN Haskin Gari.
-Nayoussa Nassirou, de CDPS Cigaban Kassa.
-Omar Hamidou Tchiana, de l’Alliance des Mouvements pour l’Emergence du Niger (AMEN-AMIN).
-Oumarou Abdourahamane, de l’UNPP Incin Africa.
-Oumarou Malam Alma, du Rassemblement pour la Paix et le Progrès (RPP-Farilla).
-Sagbo Adolphe, de PS Imani.
-Salou Djibo, du parti “Paix, Justice, Progrès (PJP-Génération Doubara).
-Seini Oumarou, du Mouvement National pour la Société de Développement (MNSD-Nassara).
-Souleymane Garba, de PNC Mulura.

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COMMUNIQUE DE PRESSE

Sandra Lattouf, nouvelle Représentante de l’UNICEF au Burkina Faso
OUAGADOUGOU, 18 Décembre 2020 – Sandra Lattouf, originaire du Liban a présenté ses lettres de créances au Ministère des affaires étrangères du Burkina Faso et pris fonctions de Représentante de l’UNICEF au Burkina Faso.
« C’est un grand honneur de représenter l’UNICEF et porter la voix des enfants du Burkina Faso. Les enfants sont confrontés à de nombreux défis et problèmes qui se sont aggravés dans certaines zones particulièrement affectées par la violence et l’insécurité croissantes », indique Sandra Lattouf évoquant l’accélération de la crise humanitaire ces derniers mois qui ont vu le nombre de personnes déplacées internes doubler, passant de 560,000 en Décembre 2019 à 970,000 en Juillet 2020.
« La pandémie de COVID-19 vient également ralentir l’accès aux services publics et l’acheminement de l’aide accélérant la dégradation de la situation des familles les plus vulnérables », ajoute-elle. Précédemment, Sandra Lattouf a été Représentante de l’UNICEF en Gambie (2017-2020) et Représentante adjointe de l’UNICEF en Sierra Leone (2015-2017). Entre 2012 et 2015, elle a travaillé comme Coordinatrice des urgences au siège de l’UNICEF à New York. Elle a aussi occupé de nombreux postes au sein de l’UNICEF, dont celui de Chef des opérations de terrain à Port-au-Prince, Haïti (2010-2012), de Chef du sous-bureau à Nyala, dans la région du Darfour au Soudan (2008-2010) et de Chef du bureau de zone de Bunia et de Goma en République Démocratique du Congo (RDC) et Spécialiste de la nutrition à Kinshasa en RDC. « Je m’engage à renforcer les acquis de l’excellente coopération qu’entretient l’UNICEF et le Gouvernement burkinabè. Chacune de mes actions sera portée par l’ambition et l’espoir de donner à chaque enfant dans le besoin une aide d’urgence complète et un accès aux soins de santé et à une bonne nutrition, à l’eau, l’hygiène et l’assainissement, à une éducation de qualité et un environnement protecteur et durable. Autant d’actions que je plaiderai aux côtés des autres agences du Système des Nations Unies et avec tous les partenaires désireux d’en faire plus pour défendre les droits des enfants », affirme la Représentante de l’UNICEF au Burkina Faso.
Sandra Lattouf, est diplômée d’un Master en Nutrition et sécurité alimentaire à l’Université de Montpellier en France.

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