Fêter avec le coronavirus !

Les fêtes de fin d’année sont là ! D’abord, le Noël et ensuite le réveillon du 31 décembre et la fête de l’an, le 1er janvier. Sous nos cieux comme un peu partout d’ailleurs, ces fêtes riment avec ripailles, partage, visites, actions de solidarité et surtout promiscuité due aux «traditionnelles » accolades que l’on se donne pour se souhaiter les meilleurs vœux. Pourtant, ces dernières semaines au Burkina Faso, les cas testés positifs de la maladie à coronavirus ont atteint une moyenne d’au moins 100 par jour, avec un grand nombre de contaminations communautaires et huit décès à la clé. Le froid, la campagne électorale ou toute autre raison pourrait expliquer ce rebond dangereux de la pandémie dans notre pays, mais le mal étant déjà fait, il revient à chaque Burkinabè de ne pas prêter le flanc. A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles, a-t-on coutume de dire. Dans ce contexte précis de montée en puissance de la COVID-19 en période de fêtes de fin d’année, il serait raisonnable, non seulement de porter en permanence le cache-nez, mais aussi et surtout de respecter les autres mesures-barrières, notamment en limitant les rassemblements et les déplacements, dont on a coutume à ces occasions. Eviter au maximum les visites dans les familles n’enlève en rien à une fête sa saveur, si tant est que la situation l’impose. En effet, en plus de préserver votre vie, cela contribue à ne pas servir de vecteur pour transmettre la maladie à autrui, puisqu’on peut être un « porteur sain ». Les mesures édictées par le gouvernement, notamment le port du masque n’ont pas encore été levées. Le gouvernement a-t-il besoin de «tomber » dans la répression ou la sanction pour que le réflexe nous revienne ? A-t-on besoin de sévir, pour nous demander de préserver notre vie et celle des autres ? Pendant les mois de mars à juin, la situation avait imposé des mesures drastiques aux conséquences incalculables sur tous les plans et le Burkinabè n’est pas prêt de l’oublier de sitôt. Il faut donc éviter que l’on en arrive encore à là. Dans plusieurs parties du monde où la médecine est bien plus développée et le vaccin, déjà, disponible, l’évolution de la situation a imposé des mesures draconiennes comme la fermeture des frontières, des lieux de culte, des restaurants et autres commerces, des reconfinements et des mises en quarantaine. Les Burkinabè, qui se remettent difficilement de l’impact des premières mesures de «confinement », n’ont plus intérêt à se retrouver dans une telle « asphyxie ». Cela nécessite donc de tous et de chacun, un engagement et une mobilisation citoyenne contre la maladie. On peut bien fêter en restant chez soi. Le téléphone portable et la connexion internet peuvent compenser les déplacements pour se souhaiter les meilleurs vœux. On doit donc fêter, avec le virus !

Jean-Marie TOE

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