Présidentielle nigérienne Sécurité, éducation, santé … les attentes des citoyens

7 millions 400 mille électeurs nigériens sont attendus dans les urnes, le dimanche 27 décembre prochain, pour élire le nouveau président et les députés. A quelques jours du vote, des citoyens rencontrés dans les rues de Niamey, la capitale, expriment leurs attentes.

Même s’ils sont partagés entre 30 prétendants au fauteuil présidentiel, le 27 décembre prochain, les Nigériens n’ont qu’un seul souhait. Que les élections puissent se tenir dans la paix et dans la transparence !
Le sexagénaire, Moussa Kimba, chauffeur de taxi, vient de faire le plein de passagers au quartier Petit marché de Niamey, très animé en cette matinée du mardi 22 décembre 2020. Accosté, l’homme est disposé à parler. L’air sympathique, il s’excuse auprès de ses clients pour quelques minutes. M. Kimba confie n’avoir pas encore fait le choix de son candidat pour la présidentielle, mais ses propos le trahissent. « Je souhaite que le prochain président s’inscrive dans la même dynamique de développement du Niger comme l’a fait le chef de l’Etat sortant. Mon vœu est que son successeur fasse mieux que lui, surtout en termes de sécurité », déclare-t-il dans un concert de klaxons de taxis et autres automobiles. Quelles que soient leurs divergences, affirme M. Kimba, les Nigériens veulent des élections dans la tranquillité et sans histoires. A quelques pas de la gare de taxis, l’artisan, Louri Ima, fume une cigarette devant sa boutique, le regard fixé sur la voie d’en-face. Il n’a qu’un seul vœu : « que ces élections soient apaisées, libres, transparentes et inclusives. Nous voulons la paix au Niger et dans la sous-région ». L’artisan est fairplay quant à l’issue de la présidentielle. L’essentiel, à l’entendre, est que le meilleur remporte la victoire.
« J’attends du nouveau président qu’il soit un rassembleur de tous les Nigériens sans exception, qu’il crée des emplois pour la jeunesse. Il doit penser aux populations qui sont dans les zones rurales et qui souffrent beaucoup. Il devra travailler au retour de la sécurité, surtout mettre hors d’état de nuire les terroristes de Boko Haram », soutient Ima. Son jeune compatriote Rabiou Mahamane, artisan de profession aussi, formule le vœu pour des
« élections transparentes ». Selon lui, celui qui doit présider aux destinées du Niger les cinq prochaines années doit avoir en ligne de mire « le bien-être du peuple nigérien » et trouver des solutions pour les « nombreux diplômés » qui sont sans travail. L’agent de voyages, Abdourhamane Ousmane, se réclame ouvertement du parti au pouvoir, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS Tarayya). Il plaide pour que le Niger avance, à l’issue de ces élections, dans la voie d’un « développement harmonieux ».

« Réduire le coût de la vie »

« Il faut reconnaître que le pays a progressé ces dernières années. Mais le prochain président doit s’attaquer au chômage des jeunes. Je souhaite que le candidat Mohamed Bazoum passe au 1er tour de l’élection. Nous allons faire le coup KO comme chez vous au Burkina Faso », plaisante Abdourhamane Ousmane.
Gérante de kiosque à la Loterie nationale du Niger (LONANI), dame Fatouma Alassane hésite à se prononcer sur les élections. Elle est convaincue que le scrutin ne sera pas transparent. « Ceux qui ont le pouvoir vont tout faire pour le conserver Les résultats des élections municipales du 13 décembre dernier n’ont pas été clairs. Je ne suis affiliée à aucun parti, mais je ne suis pas certaine de la crédibilité de l’élection présidentielle », argue-t-elle, l’air sceptique. Même habitée par le doute, Mme Alassane voudrait que le nouveau président aide les plus pauvres. Il devra faire beaucoup d’efforts pour améliorer l’offre sanitaire et rendre gratuits les premiers soins pour tout le monde. « Les denrées de première nécessité sont chères, il faut qu’il songe à réduire le coût de la vie qui est insupportable pour la majorité des Nigériens », fait-elle remarquer.
Le vendeur de portables, Djibril Adamou, attend une chose du prochain président. Qu’il fasse de son mieux pour améliorer le rang du Niger dans le classement mondial de l’indice du développement humain. « Chaque jour, j’entends dans les médias que le Niger est le dernier pays dans le monde en termes d’indice du développement humain. Si cela est vrai, il faut travailler à y remédier », suggère-t-il. Djamila est toujours remontée contre l’invalidation de la candidature de l’opposant Hama Amadou. Son candidat, précise-t-elle est « victime d’une injustice ». C’est pourquoi elle prie pour que son parti, le MODEN-FA/ Lumana, remporte le maximum de sièges aux législatives.

Karim BADOLO
(Depuis Niamey, au Niger)

 

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