Elections au Niger : « Un jour spécial», selon Mahamoudou Issoufou

Les bureaux de vote ont ouvert à 8h (heure locale) sur le territoire nigérien à l’occasion des élections couplées présidentielle et législatives du dimanche 27 décembre 2020. Le président sortant, arrivé au terme de ses deux mandats, Mahamoudou Issoufou, a inauguré les opérations dans le bureau de vote N° 001 situé dans les locaux de l’hôtel de ville de Niamey.

Aux premières lueurs du jour, le dimanche 27 décembre 2020, le quartier Petit marché, situé en plein centre de Niamey, la capitale du Niger, est quadrillé par des militaires armés.
Et pour cause, le bureau de vote N° 001 où doivent voter le chef de l’Etat sortant, Mahamoudou Issoufou et bien de candidats aux élections présidentielle et législatives se trouve l’hôtel de ville. En cette période de recrudescence de la COVID-19, le port de cache-nez et la prise de température sont exigés. Un tunnel de désinfection est même majestueusement installé au milieu de la cour de la mairie. A 10h 10, le chef de l’Etat et son épouse se signalent à l’entrée de la mairie. Une haie d’honneur des autorités, le président de l’Assemblée nationale en tête, réserve un accueil digne de son rang au couple présidentiel.

Mahamoudou Issoufou n’est pas candidat à cette élection, mais il est la vedette du jour. Le fait d’avoir respecté sa parole en respectant la Constitution de ne pas se représenter au terme de ses deux quinquennats rehausse son image. Dix minutes plus tard après avoir accompli son devoir civique, le président ressort. Les journalistes se bousculent pour l’interview, les flashs des appareils photos crépitent. L’instant est solennel. Il prend la parole, la voix quelque peu étreinte par l’émotion. « Cette élection présidentielle est la première depuis 30 ans à laquelle je ne suis pas candidat. C’est donc un jour spécial pour nous. C’est aussi et surtout un jour spécial pour le Niger qui va connaître pour la première fois de son histoire une alternance démocratique », déclare-t-il. Le président formule le vœu que cette alternance soit « une pierre datante » pour d’autres afin de « consolider le processus démocratique ». Pour lui, ces élections seront « naturellement libres et transparentes ». Il salue au passage le travail de la CENI et loue sur la même lancée, « le professionnalisme et l’engagement » des FDS qui sécurisent le scrutin dans un contexte difficile.

« Détribaliser la politique »

« Le Niger est un modèle de démocratie parce que nous sommes partis d’une ambition de moderniser et détribaliser la politique. L’ambition de faire la politique autour des valeurs et non pas sur des bases identitaires. C’est une révolution que nous sommes en train d’opérer dans les mœurs non seulement nigériennes, mais aussi africaines », argue le président. L’acteur principal de cette révolution, poursuit-t-il, est le peuple nigérien qu’il félicite pour son « civisme, sa sagesse et sa maturité politique ». « A la fin du processus, quel que soit le vainqueur, la victoire appartiendra au peuple », confie Mahamoudou Issoufou avant de s’engouffrer dans sa voiture.

Quelques minutes plus tard, c’est le candidat du parti au pouvoir, le Parti nigérien pour la démocratie et le Socialisme (PNDS-Tarayya), Mohamed Bazoum, vêtu de blanc et coiffé d’un bonnet rouge, qui fait son entrée à l’hôtel de ville.
A l’issue de son vote, il soutient que c’est « une grande fierté » que la date du 27 décembre 2020, programmée depuis un an et demi, ait été respectée.
« C’est une grande prouesse et je rends grâce à Dieu d’avoir permis qu’il en soit ainsi. Je suis très fier du travail abattu par la CENI. C’est la première fois depuis que je participe à des élections où des bureaux de vote ont pu être installés dans les coins les plus reculés du pays », souligne-t-il. Selon lui, la commission électorale travaille sur la base du Code électoral qui garantit « la transparence et l’équité » entre les candidats.
Et d’appeler ses militants à sortir « massivement » comme ils l’ont fait lors des élections locales du 13 décembre 2020 auxquelles le PNDS-Tarayya est sorti vainqueur.

Plus de 7 millions d’électeurs attendus

Quelques instants après, c’est le candidat indépendant à la présidentielle, Amadou Issifou Saidou, qui vient accomplir son devoir civique. A sa sortie du bureau de vote, il lance une pique au parti au pouvoir. Lui, il rêve d’une alternance qui ne s’inscrit pas dans « la continuité » comme le souhaite Mohamed Bazoum.
A l’entendre, le pays a « souffert » ces cinq dernières années parce que, martèle-t-il, « la démocratie a été mise entre parenthèses ». « On prie le bon Dieu pour que le changement soit porté sur notre personne. J’incarne ce changement… Nous nous sommes lancés dans cette aventure rien que pour les intérêts du peuple nigérien », clame-t-il. Le candidat du Rassemblement pour le renouveau démocratique (RDR-Tchanji) Mahamane Ousmane est allé voter dans sa région natale, à Zinder. Ce sont 7 millions 448 mille 166 électeurs nigériens qui sont attendus dans les urnes en cette journée. La fermeture des bureaux de vote est prévue pour 19 h (heure locale).

Karim BADOLO
(Depuis Niamey au Niger)

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